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Cuba boycotté par les agences en ligne

La Isla Grande est interdite de vente sur plusieurs sites de voyage, filiales de groupes américains.

Le phénomène est passé quasi inaperçu. Pourtant, Expedia, Lastminute et autres Ebookers font l'impasse sur Cuba. Explication : ces agences de voyages en ligne appartiennent à des groupes basés aux Etats-Unis, qui appliquent l'embargo sur le pays. Conformément aux directives de sa maison-mère, Expedia boycotte la destination sur ses marchés (incluant la France), quel que soit le produit. Sa concurrente Lastminute a la même ligne de conduite. "La législation outre-Atlantique interdit à toute société basée aux Etats-Unis, et à ses filiales, de faire du commerce avec Cuba, explique Pierre Alzon, DG France. Nous n'avons pas le choix, sous peine de sanctions, comme des amendes."

Pire : avec l'accélération de la consolidation en Europe, Cuba a perdu quelques prescripteurs de poids. Lastminute l'a ainsi rayée de ses ventes depuis son passage, l'été dernier, dans le giron de Travelocity (Sabre). Pour les mêmes raisons politiques, le site européen Ebookers a évincé le pays, depuis son rachat fin 2004 par l'américain Cendant. Anyway s'y était employé un an plus tôt, après son absorption par Expedia. Si un tel phénomène ne peut justifier à lui seul la chute de fréquentation de Cuba sur le marché français (-16,7 %) en 2004, nul doute qu'il y contribue.

Le malheur des uns…

"C'est dommage, Cuba est une belle destination, poursuit Pierre Alzon. Son absence profite à la République dominicaine et aux Antilles françaises"… ainsi qu'à des concurrents. Par exemple Opodo, propriétaire de Karavel/Promovacances, se frotte les mains. "Cuba affiche des performances bien supérieures à la moyenne", se félicite Petra Friedmann, directrice France d'Opodo. Le site, contrôlé par Amadeus, annonce un boom en France de 244 % en nombre de forfaits sur la Isla Grande en 2005, alors que son volume d'affaires "forfaits" global, toutes destinations confondues, a progressé de "seulement" 74 % l'an passé. Du coup, Cuba est passé de la 21e à la 13e place au palmarès des destinations vendues par l'agence en ligne. Opodo France décline un peu plus ses charmes depuis un an, avec de nouveaux combinés La Havane-Varadero et un nombre étoffé d'hôtels.

L'embargo sur Cuba a déjà connu des précédents dans la commercialisation de voyages en France, rappelle Frédéric Vanhoutte, président de l'association des agences en ligne Level. Ainsi, les GDS américains Galileo et Sabre ne distribuent pas la compagnie Cubana de Aviacion.

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