Casamance, l’alternative sénégalaise
Mise en quarantaine touristique pendant près de 20 ans, la Casamance, région nature et authentique, est un atout supplémentaire pour le Sénégal.
Depuis trois ans, le Sénégal est en pleine effervescence. Après avoir broyé du noir au début des années 2000, le pays a retrouvé la cote auprès des touristes français, son premier marché émetteur. Dans le sillage de 2006 (+6,4 % pour les ventes par les membres de l’Association de tour-opérateurs/Ceto, soit 72 636 forfaits), 2007 (+0,7 % dans un marché global déprimé) a confirmé que la destination s’imposait comme un soleil d’hiver, à 5 heures de vol de Paris.
De quoi encourager les autorités à investir davantage en promotion. L’ouverture en mars dernier d’un Office de tourisme à Paris prouve ce volontarisme, avec l’ambition de sortir le Sénégal de sa monoculture balnéaire, pour en faire une destination plurielle. Il est vrai que le pays a de réels atouts. Saly et la Petite Côte (au sud de Dakar) sont certes des valeurs sûres, mais le Sénégal a bien plus à offrir que cette carte postale écornée par le tourisme de masse et ses aléas. En ouvrant un vol pour Saint-Louis (au Nord) il y a quatre ans, Air Sénégal International (ASI) avait déjà offert à la destination un nouveau relais de croissance. Le retour en grâce de la Casamance, bijou touristique des années 80 mis en quarantaine forcée pendant près de 20 ans, en est un autre.
Un cocktail de nature et culture
Enclavée à l’extrême Sud-Ouest du Sénégal, entre la Gambie et la Guinée-Bissau, la région a fait les frais pendant deux décennies d’une guérilla indépendantiste. Signés en décembre 2004, les accords de paix entre le mouvement de rébellion et le gouvernement sénégalais ont rendu le sourire aux professionnels du tourisme installés sur place. Car si le Club Med a continué à programmer quasiment sans interruption son Village de Cap Skirring (desservi par un vol spécial) et les vrais fidèles de la destination à fréquenter les établissements balnéaires renommés (comme La Paillote), la Casamance était tombée dans un trou noir. Et cela malgré la beauté de ses paysages, son fleuve majestueux, ses bolons sinueux, paradis des pêcheurs, ses forêts denses, ses villages typiques et ses longues plages de rêve. Une Afrique accessible aux familles, cocktail idéal de nature et de culture, avec un zeste de balnéaire bien préservé.
ASI a, là encore, donné un sacré coup de pouce, avec ses deux vols directs Paris-Cap Skirring (en plus de la desserte via Dakar vers Ziguinchor, capitale de la Casamance) dès 2004. La compagnie a ajouté début novembre une troisième fréquence hivernale le samedi, poussée par le dynamisme d’Air CM International, premier TO sur la destination, qui affrète de novembre à mai une centaine de sièges par semaine (vendredi et dimanche).
Depuis l’hiver dernier, Go Voyages propose aussi un vol Air Méditerranée toute la saison, sur lequel embarquent Soleil d’Afrique mais aussi Royal Tours ou Nouvelles Frontières. Et la Casamance, qui a investi dans ses infrastructures routières (la route entre Ziguinchor et Cap Skirring est flambant neuve et relie les deux villes en moins d’une heure, contre trois heures auparavant) fait recette. Nos ventes sont meilleures que pour Saly. Nous enregistrons cet hiver 207 % de croissance et comptabilisons déjà 600 clients, témoigne Eric Sogorb, directeur de la production de Royal Tours. De là à prolonger la saison en été (dernier vol d’ASI le 18 mai), c’est le souhait le plus cher des hôteliers.
En attendant, la compagnie reprendra, à compter de juin, le dispositif testé l’an dernier, à savoir un appareil de 50 sièges vers Cap Skirring, en continuation de Dakar, chaque dimanche.