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Boeing : après plus d’un an d’attente, le 737 Max vole à nouveau

Les vols commerciaux du Boeing 737 Max, l’appareil vedette du constructeur américain, pourraient reprendre en septembre prochain.

Le premier vol de certification du Boeing 737 Max a débuté lundi, selon les autorités fédérales américaines. C’est une étape cruciale pour la survie de l’avion vedette du géant aéronautique américain cloué au sol depuis mars 2019 après deux accidents ayant coûté la vie à 346 personnes.

L’autorité de régulation de l’aviation américaine (FAA) et Boeing « mène une série de vols de certification cette semaine pour évaluer les changements apportés aux systèmes de contrôle automatisés du 737 Max », a annoncé la FAA dans un communiqué. « L’appareil a décollé de Boeing field à 9H55 (16H55 GMT) aujourd’hui (lundi 29 juin NDLR) pour une première série de tests », a-t-elle ajouté.

Une interminable attente

Ce premier vol doit contribuer à déterminer si les 737 Max cloués au sol depuis mars 2019, peuvent reprendre du service. « Les tests devraient s’étaler sur approximativement trois jours et vont comporter une large palette de manœuvres en vol et des procédures de sécurité pour permettre à l’agence de déterminer si les modifications apportées répondent aux normes de certification de la FAA », ajoute la FAA.

Le 737 Max est cloué au sol depuis le 13 mars 2019 après l’accident d’un exemplaire de la compagnie Ethiopian Airlines ayant fait 157 morts. Cette tragédie survenait quelques mois seulement après la catastrophe d’un Max de Lion Air, qui a tué 189 personnes. Les troublantes similitudes entre les deux accidents mortels, peu après le décollage, avec une incapacité des pilotes à reprendre la main sur l’avion, avaient conduit les autorités de sécurité aérienne du monde entier à interdire de vol toute la flotte, et ce, pour une durée indéterminée.

Depuis des mois, le géant aéronautique américain est à la peine pour remettre en service son moyen-courrier, dont les ventes constituaient avant cette crise sa principale source de revenus. Le logiciel anti-décrochage MCAS a été mis en cause dans les deux accidents. Mais d’autres dysfonctionnements techniques, dont un concernant des câblages électriques, ont par la suite été détectés au cours des travaux de modifications de l’appareil, ralentissant le processus de recertification.

Ternie, la FAA va vouloir redorer son blason

Les autorités de l’aviation civile ne peuvent approuver la version modifiée de l’avion qu’après avoir scruté le comportement de l’appareil en vol. Ils examineront aussi les milliers de données collectées lors de ces vols. Pour cette raison, les essais en vol sont prévus sur plusieurs jours. Mais ils ne suffiront pas, prévient la FAA, dont l’image a été ternie après des révélations sur ce qui semble être une trop grande connivence entre elle et le constructeur dont elle a certifié l’appareil.

Plusieurs enquêtes sont en cours à ce sujet y compris au Congrès. « Bien que ces vols de certification soient une étape importante, un certain nombre de tâches essentielles demeurent », précise l’agence, et d’ajouter qu’elle prendra le temps nécessaire pour revoir en détail les travaux de Boeing.

16 000 emplois supprimés

Boeing escomptait il y a encore quelques mois une remise en service du Max à la mi-2020, c’est-à-dire en juin. Mais la pandémie de Covid-19, qui a entraîné des restrictions de voyages et le confinement des travailleurs, est venue contrarier son calendrier. Selon le Seattle Times, les autorités de sécurité aérienne européenne et canadienne auraient par ailleurs exigé « de nouvelles modifications substantielles du système de contrôle en vol ». « Pour autant, les régulateurs ont convenu que Boeing sera tenu d’apporter ces modifications de conception supplémentaires (…) uniquement après la remise en service du Max », écrit le journal américain.

Pour Boeing, il y a urgence à faire revoler son avion pour s’extirper d’une crise historique. Cet avion représente plus de deux tiers de son carnet de commandes. Fin avril, le groupe avait annoncé la suppression de 10% de ses effectifs, soit 16000 emplois. Les correctifs supplémentaires exigés par les autorités étrangères pourraient ajouter des coûts substantiels au programme Max. Ils pourraient aussi ralentir la montée en puissance des livraisons dont Boeing a besoin pour reconstituer sa trésorerie.

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