Advertisement
Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Ben Smith : « L’Etat ne comprend pas toutes les opportunités que nous ratons »

Invité au Paris Air Forum, Ben Smith est revenu sur ses premiers mois à la tête du groupe Air France-KLM. Sur ses ambitions, et ses frustrations aussi.

Sur la scène du Paris Air Forum, organisé le 14 juin par le groupe ADP et La Tribune, Benjamin Smith a expliqué comment Air France-KLM pouvait rattraper son retard face à ses concurrents, IAG et Lufthansa.

L’année 2018 a été une année éprouvante pour le groupe Air France-KLM, avec de nombreuses grèves qui ont provoqué la démission de l’ancien PDG, Jean-Marc Janaillac. C’est dans ce contesxt très tendu qu’arrive Ben Smith, alors dirigeant d’Air Canada.

« J’ai reçu un coup de fil à l’improviste de la part d’un cabinet de consulting, qui m’a laissé un message sur mon répondeur. D’habitude, on m’appelait plutôt pour recommander quelqu’un d’autre. Au final, c’était une offre d’emploi pour moi. J’ai d’abord pensé que ce n’était pas sérieux, mais on m’a demandé de venir en Europe le plus vite possible. Le 16 août, malgré la fuite d’informations dans la presse, j’ai signé mon contrat avec Air France-KLM », confie le dirigeant.

Cinq ans pour rattraper les concurrents

Lui qui a passé toute sa vie dans l’aviation, et assume être un « geek » de l’aérien, souhaite absolument relever le défi qui est de faire perdurer deux identités fortes de l’aérien mondial – « KLM a 100 ans, Air France 85 ans ». « Mes collègues pensaient que j’étais un peu fou »,  sourit-il. « Je suis arrivé en septembre, l’entreprise était en plein conflit social, avec des menaces de grève importante. »

Le premier constat du dirigeant c’est qu’il existe beaucoup de fierté dans ces deux compagnies, avec des salariés très professionnels, avec beaucoup d’expérience. « Après avoir cerné les enjeux, j’ai dirigé les négociations autour de la transparence, la confiance et la confidentialité, explique Ben Smith. En Europe, il y a cinq grands groupes : Lufthansa Group, IAG, EasyJet, Ryanair et Air France-KLM. Si nous ne sommes pas les premiers en termes de profit ou de satisfaction client, nous sommes en revanche en tête concernant tout ce qui est de l’engagement et de la motivation de nos salariés autour de nos marques. »

Et pour lui, les marchés que sont Paris et le France représentent d’énormes atouts. Tous comme les hubs de Paris et Schiphol. De quoi espérer des jours meilleurs pour le groupe franco-néerlandais. « Nous nous sommes donnés un délai de 5 ans pour réussir et rattraper nos concurrents », assure le directeur général d’Air France-KLM. Mais forcément, cela passera par des négociations. « On veut en priorité élever le plafond de 40 avions pour Transavia. Les négociations avec les pilotes avancent  bien. » Cela devrait permettre de regagner des parts perdues sur les marchés de Lyon, Bordeaux, Lille. Autre point important pour le Canadien, l’aéroport de Schiphol, « qui est complètement saturé. On doit revoir nos slots pour essayer d’en avoir plus ».

Le low cost long-courrier n’a pas fait ses preuves

Et le low cost long-courrier ? « Avec Joon,  Air France avait mis en place un plan qui semblait raisonnable, mais qui a fait face à un manque de confiance en interne mais aussi du grand public. Le low cost long-courrier n’est pas quelque chose qui nous intéresse, mais que l’on suit de très près. Quand on voit que Norwegian perd de l’argent… Pour moi, c’est un modèle qui n’a pas encore fait ses preuves », estime Ben Smith. Pour lui, les transporteurs du Golfe sont les plus gros concurrents du groupe. « Leurs pays subventionnent leurs compagnies, c’est leur choix. Nous prenons acte. Mais l’accord commercial passé avec eux n’est pas du tout équilibré. Je ne crois pas que l’Etat français comprenne toutes les opportunités que nous sommes en train de rater. »

Le cadre réglementaire est un grand souci pour le groupe. Les coûts d’infrastructures et les charges sociales « ont fait que nous avons dû déplacer une partie de notre activité de maintenance de Paris vers Schiphol. Nous sommes désavantagés par notre emplacement physique », regrette Ben Smith.

Son appareil préféré : Boeing 747-100

Sa ligne préféré : Londres- New York

La compagnie qu’il aurait aimé diriger : Pan American World Airways

Les commentaires sont fermés.

Dans la même rubrique