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Agences : comment se préparer au paiement bimensuel

Dès le mois prochain, les paiements IATA seront bimensuels. Comment les agences de voyages et les réseaux ont-ils anticipé ce grand changement pour leur trésorerie ?

Dès le 1er avril, les paiements seront bimensuels, ce qui constituera un grand changement, notamment pour les spécialistes de la billetterie. IATA souhaite ainsi se protéger contre les défaillances. Pour l’heure, neuf pays sont déjà en règlements tous les 15 jours, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni, alors que d'autres sont en rythme hebdomadaire.

Comment les agences et les réseaux français se préparent-ils ? "La solution passe notamment par la carte logée, pour atténuer les problèmes éventuels de trésorerie", estime Francis Gallo, directeur général de Sembat Voyages, et vice-président de Manor. A cette fin, un accord a été signé l’été dernier entre Manor-TourCom et AirPlus, alors qu’un autre a été reconduit avec Amex Carte. Un troisième est dans les tuyaux avec BNP Paribas, ajoute Francis Gallo. "Le client aura ainsi le choix entre trois cartes logées, conclut-il".

Une carte logée, si possible

Chez Sembat Voyages, la carte logée est installée chez "seulement" 30% des clients. Les entreprises ont pris d’autres habitudes, et ne veulent pas forcément en changer. "Pour le relevé de mars en fin de mois, le bon client paie le 30 avril, ce qui signifie que nous faisons déjà une avance. Pourtant, nous ne sommes pas là pour jouer les banquiers", rappelle le vice-président de Manor.

Selon Francis Gallo, il est nécessaire d’expliquer aux clients que les contraintes liées au paiement bimensuel concernent toutes les agences de France, pour ne pas créer d’inquiétudes. Et si la carte logée ne séduit pas, les adhérents ont aussi la possibilité de demander un paiement mensuel réglé plus tôt, voire un paiement à la quinzaine, en redoublant de pédagogie. Les cartes virtuelles sont une autre option, à considérer au cas par cas.

Expliquer aux entreprises

"Comme pour le passage à la commission 0, il faut démontrer aux clients que la carte logée ou la carte virtuelle – aux concepts assez proches – leur permettent d’améliorer la gestion de leurs déplacements professionnels, ajoute Richard Vainopoulos, président de TourCom. Peu à peu, nous allons mettre les entreprises au pas. Les banques et les organismes financiers vont ainsi, graduellement, payer à la place de l’agence de voyages". Ce qui représentera un coût, que Richard Vainopoulos juge néanmoins "ridicule" au regard du service apporté, grâce à l’effet de volume.

"Nous préparons nos adhérents depuis un an, qui peuvent suggérer trois solutions, en fonction des préférences et des besoins de chacun : eNett, BNP-Paribas ou carte logée", ajoute Richard Vainopoulos.

Le coup de pouce de Selectour

De son côté, le réseau Selectour a décidé d’accompagner les plus grosses agences (entre 40 et 50), en avançant l’argent. "Nous allons neutraliser l’effet du paiement bimensuel, qui présentent de bons bilans", souligne Jean-Noël Lefeuvre, nouveau directeur général du réseau. "Cette mesure évitera aux agences sélectionnées d’aller chercher des lignes de crédit pour 15 jours", ajoute Jean-Marie Seveno, président du GIE ASHA, et administrateur de Selectour. Une démarche unique sur le marché.