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10,5% d’augmentation dans l’hôtellerie-restauration : pour les syndicats, le compte n’y est toujours pas

Si les organisations patronales de l’hôtellerie-restauration ont présenté une nouvelle grille de salaires avec un moyenne d’augmentation de 10,5%, pour les organisations professionnelles du secteur, les propositions ne correspondent pas aux attentes.

Ce n’est qu’un premier round, une autre réunion de négociations est prévue pour le 16 décembre. Jeudi, les organisations patronales de l’hôtellerie-restauration (GNC, GNI, SNRTC, UMIH) ont annoncé avoir proposé une nouvelle grille des salaires avec un moyenne d’augmentation de 10,5% lors des négociations avec l’ensemble des syndicats de la branche. L’enjeu est majeur pour le secteur, qui est confronté à une forte pénurie de main d’œuvre. Pendant la crise du Covid, 237000 employés de l’hôtellerie-restauration ont rendu leur tablier. En cause notamment, des conditions de travail difficiles et des salaires trop bas. Au point que la ministre du Travail, Elisabeth Borne, avait pressé les employeurs de « mettre des propositions sur la table ».

Mais pour Nabil Azzouz (FO, 3e syndicat de la branche), la grille proposée ne correspond pas aux attentes, a-t-il indiqué à l’issue de la réunion. « La masse des salariés des premiers niveaux, qui concerne entre 60 et 80% du personnel, va bénéficier de 3 à 4% d’augmentation seulement. Cela ne rattrape même pas l’inflation. En plus, c’est cette population qui part en masse et qu’on essaye d’attirer », a-t-il souligné.  En revanche, « il y a 20% d’augmentation prévue pour les niveaux 5, c’est-à-dire les patrons. Il faut être rationnel, cette orientation est inquiétante », a ajouté le syndicaliste.

« Le compte n’y est pas », a ajouté Arnaud Chemain, (CGT, 1er syndicat). « C’était plus une réunion qu’une négociation. La CGT et la CFDT (2e syndicat) ont fait des contre-propositions et les employeurs nous ont répondu qu’ils n’avaient pas de mandat de leurs conseils d’administration pour négocier. On a senti une grosse crispation. »

« Selon leur proposition, le bas de l’échelle gagne 3,5%. Ca représente 48,50 euros brut par mois en plus. Dans les niveaux plus élevés, les augmentations sont plus significatives », a-t-il relevé.

« Côté salarié, pour seule réponse, une contre-proposition de grille des salaires avec une augmentation moyenne de 34,50% nous a été présentée », ajoute l’Umih. « Pour les quatre organisations professionnelles, cette proposition est déconnectée de la réalité économique et financière des entreprises, en cette période de sortie de crise. »

« La négociation n’est pas un chantage »

« Nous avons proposé 25% d’augmentation et la CFDT a été encore plus gourmande », a précisé le représentant CGT. 

« Des choses vont maintenant se décanter en bilatérales, on a quatre semaines pour avancer tranquillement », a indiqué Stéphanie Dayan (CFDT). « Notre proposition était la plus élevée, mais sans 13e mois. Et quand on retire les cadres, on est à 24% ». 

« J’ai dit que nous souhaitions une augmentation modérée si elle s’accompagnait de la mise en place du 13e mois », a dit son collègue de FO.

« La négociation n’est pas un chantage », a déploré Thierry Grégoire, le négociateur de l’Umih, joint par l’AFP. « Je n’ai jamais vu ça. Beaucoup de salariés sont dans des niveaux intermédiaires et on a encore un million de salariés qui méritent d’être revalorisés ». « On est prêt à rediscuter, mais pas à ces niveaux. On a un agenda avec deux calendriers : la grille des salaires puis des négociations sur le reste et les conditions de travail. Ce serait irresponsable de ne pas signer une nouvelle grille avant la fin de l’année », a-t-il prévenu.

Un nouveau rendez-vous est donc fixé dans quatre semaines. Les discussions sont suivies de près par le ministère du Travail.

Cette première réunion intervient par ailleurs deux jours avant la présentation du plan de reconquête et d’investissement du tourisme qui sera dévoilé samedi par le Premier ministre. Un plan qui se donne notamment pour objectif de renforcer l’attractivité des métiers du secteur. Dans ce cadre, l’Umih souhaite voir renforcée la formation, en particulier celle des « chômeurs de longue durée, qui peuvent constituer un vivier », indique Hervé Becam, vice-président de l’Umih. Ces annonces devraient également permettre d’en savoir plus sur le nouveau classement hôtelier.

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