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Ventes privées : Evasions Secrètes vient bousculer l’ordre établi

Sur les terres de Voyage Privé et de Vente-privee, le britannique Evasions Secrètes s’attaque au marché français. L'arrivée d'un autre joueur dans la cour des "anciens" est attendue fin 2016.

Qui est Evasions Secrètes, cet acteur qui drague les téléspectateurs français depuis le printemps ? C’est un spécialiste des ventes privées, qui a levé 60 millions de livres sterling en 2015, notamment auprès du fonds d’investissement de Google, pour s’exporter en dehors de son Royaume-Uni natal. "Nous consacrerons une bonne partie de l’argent levé à nos campagnes marketing à l’étranger, au cours des prochaines années, explique Jennifer Lang, responsable du marché français. Nous entamons nos activités en France, mais aussi en Hongrie, Slovaquie, République Tchèque et Asie". Ses détracteurs veulent croire que, comme Groupon par le passé, ce nouvel entrant va brûler son cash en construction de notoriété.

"Nous voulons atteindre un million de membres français à la fin de l’année", ajoute Jennifer Lang. C’est depuis Londres qu’elle pilote le démarrage, avec une petite équipe de 9 personnes, pour démarcher des hôtels de luxe à distance. Il est trop tôt pour envisager d’ouvrir un bureau à Paris ou dans le sud, précise-t-elle. Tout dépendra des premiers résultats, dans l’hôtel sec seulement.

Voyage Privé reste leader

Le marché tricolore est déjà bien occupé, mais la croissance est toujours là. Basé à Aix-en-Provence, Voyage Privé table sur 600 millions d’euros de ventes cette année, contre 500 millions d’euros en 2015. "La France est notre marché amiral, qui est important pour l’international, explique Antoine Drecher, directeur général France. Nous sommes rentables", ajoute-t-il, ses comptes publiés faisant état d'un bénéfice net de 20,5M€. Son deuxième marché, c’est le Royaume-Uni, où il arrive en deuxième position, derrière Secret Escapes/Evasions Secrètes. A la fois producteur et distributeur, Voyage Privé est passé en mode industriel, avec des produits de standing variable. "Nous vendons aussi bien des palaces que certains produits Marmara. Le nombre d’étoiles ne veut pas tout dire. Il faut surtout analyser la qualité sur place et le retour de nos clients".

Vente-privee, un grand challenger

"Nous négocions avec les hôteliers, et nous ne sommes pas toujours rigolos. Contrairement à nous, Vente-privee fait plutôt de la promotion", estime Antoine Drecher.

Plus grand challenger de Voyage Privé, Vente-Privee.com affiche lui aussi une belle croissance, avec un autre positionnement, celui de média pour les marques. "Nous visons 240 millions d’euros de ventes cette année, contre 180 millions en 2015", souligne Martine Granier, directrice voyage de Vente-privée, qui compte dans ses membres 47% des internautes français.

En attendant Perfect Stay

Les outsiders sont nombreux, de VeryChic à Showroomprive.com, en passant par un Travel Bird, né en 2010 et déployé en France depuis 2013. Et ce n’est pas fini. La fin 2016 pourrait confirmer l’arrivée d’un autre joueur : PerfectStay, qui réunit Laurent Curutchet, Stéphane Libre (tous les 2 ex-Lastminute) et Raphaël Zier (Netbooster), se positionnent déjà. D’autres ont disparu du paysage, comme Degriftour Selection, lancé en 2012 par Lastminute, ou encore Brandalley, qui a stoppé le voyage et est devenu moribond sur le créneau des ventes événementielles.

Y-a-t-il du business pour tout le monde ? Le terme de ventes flash n’est-il pas devenu trop galvaudé ? Même si les voyagistes tentent de réduire leurs stocks, ils en ont toujours à écouler, tout comme les hôteliers, et pas seulement à la dernière minute. "Les TO ont moins de stocks qu’autrefois, puisqu’ils se désengagent, commente Martine Granier. Mais ils ont moins bien vendu au printemps et au début de l’été. Nous sommes pour eux un acteur d’anticipation". VeryChic (40M€ en 2015) croit pour sa part en son expertise afin d'émerger face à ses nombreux concurrents. "Nous connaissons très bien les hôtels de luxe avec lesquels nous travaillons", souligne son cofondateur Nicolas Clair. Une stratégie dictée par la qualité, et non par le volume.

Evolution des marques via Google Trends.

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