Une décennie de crises
Les attentats du 11 septembre aux États-Unis ont dramatiquement marqué ce début de siècle et influencé les habitudes de voyage en instillant l’incertitude et l’imprévisibilité. Les professionnels ont su s’y adapter, dans la douleur.
Dix ans après, rien de spécial ? Autrefois sur les dents durant la période anniversaire de l’attaque aérienne du World Trade Center du 11 septembre 2001, les aéroports « ne prévoient rien de particulier cette année car il ressort de nos réunions avec les services concernés que tous les voyants sont au vert », rassure la Direction générale de l’aviation civile ( DGAC ), responsable de la sûreté dans les aéroports français. Après une décennie au bout de laquelle le cerveau de ces attentats a été éliminé à défaut de son organisation, il semble bien que le monde professionnel du tourisme et du transport veuille tourner cette page noire de leur histoire. Mais de cette période de crise, il en a tout de même acquis des réflexes qui perdurent encore aujourd’hui et peut-être pour longtemps encore. En tout premier lieu, dans le domaine de la sûreté, les professionnels et les clients se sont habitués à des obligations et restrictions en tout genre, parfois jusqu’à l’absurde, au nom d’un principe de précaution empiétant à l’occasion sur le champ des libertés individuelles. Ensuite, le discours et la pratique commerciale ont changé. La sensation du risque et pour corollaire, le besoin de réassurance, ont radicalement modifié le rapport marchand dans le voyage. Mais si le 11 septembre a marqué l’acte de naissance de nouveaux comportements, il n’en est pas le seul responsable. Depuis, d’autres attentats, catastrophes naturelles, épidémies, crises économiques ont égrené la décennie et ont particulièrement affecté la profession. D’une certaine façon, le 11 septembre est sinon devenu un concept, au moins un symbole baptismal de l’incertitude de ce début du XXIe siècle. Mais si chacun a vécu son propre 11 septembre, presque tous finalement ont su s’adapter et développer leur activité, non sans douloureuse restructuration parfois, comme le prouve la croissance du secteur aérien, pourtant le plus touché par l’attentat du World Trade Center.
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