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Une année en trompe-l’oeil

Après deux ans de reprise, l’activité a marqué le pas en raison d’une baisse des ventes de voyages à forfait. La rentabilité des distributeurs n’en souffre pas trop.

Après deux années marquées par un rebond de l’activité, 2006 apparaît comme un exercice en trompe-l’oeil pour les distributeurs. En effet, si l’activité a progressé de 1,4 % l’an dernier selon l’enquête annuelle Rexecode/Snav, ce résultat est à mettre sur le compte de la progression du volume d’affaires de la billetterie (+2,2 %, après +4,3 % en 2005). La vente de produits touristiques en agences affiche en revanche encore une baisse de 1,1 % en 2006 (après -1,25 % en 2005), et ce malgré un redressement de l’activité en fin d’année.

Dans son analyse, le Syndicat national des agences de voyages (Snav) évoque l’érosion des parts de marché des agences traditionnelles au profit des acteurs du Net comme E.bookers, Expedia, Opodo, ou Voyages-sncf.com, qui ont encore enregistré l’an dernier des progressions de 30 à 40 %. Un phénomène qui semble toutefois ralentir en 2007, avec des ventes en ligne en hausse de 15 à 20 %, dans un marché plus mature et face à un début de retour des clients en agences.

Disposant du bilan des entreprises et de leur volume d’affaires, l’Association professionnelle de solidarité (APS) estime pour sa part qu’outre les spécialistes du Web, la croissance a été tirée par la grande distribution (E.Leclerc Voyages, Voyages Carrefour, Cora Voyages…). Pour le reste, 2006 ne restera pas dans les annales de l’association, qui a dû faire face à 36 défaillances (dont deux groupistes de poids, Objectif Insolite et Aiskep).

Des chiffres parfois contestables

Plusieurs facteurs ont en outre influé sur l’activité en 2006, parmi lesquels la Coupe du monde de football. Du coup, l’année a pris des allures de montagne russe, au gré des événements auxquels les consommateurs sont de plus en plus sensibles. Selon les chiffres diffusés par Rexecode/Snav, le volume d’affaires de la distribution a ainsi connu des phases de recul en février (1,9 %), avril (-8,2 %), juin (-1,4 %) et juillet (-2,8 %), entrecoupées de hausses subites en janvier (+4,2 %), mars (+2,8 %), août (+8,2 %), octobre (+10,9 %) et décembre (+1,7 %). Des chiffres parfois contestables, et qui ne tiennent pas compte des résultats de la grande distribution et du marché du e-tourisme. Ce dernier aurait ainsi augmenté au global de 35 % en 2006, pour atteindre les 4,2 milliards d’euros.

Face à des ventes de voyages à forfait mollassonnes, c’est donc la billetterie, et plus particulièrement la billetterie affaires (la billetterie grand public bascule progressivement sur Internet), qui a permis de soutenir l’activité des agences en 2006. Un phénomène qui se répète désormais d’une année sur l’autre, et qui rend plus hypothétique que jamais les velléités de rééquilibrage en faveur du tourisme. Les ventes de billets (avion, train) ont représenté au global 75,9 % du volume d’affaires des distributeurs.

Ce trou d’air des ventes loisirs se retrouve sans surprise dans les chiffres de l’Association de tour-opérateurs/Ceto. En effet, si les ventes de vols secs des TO ont progressé de 10,1 % l’an dernier (avec 1 781 823 clients), le nombre de clients pour les voyages à forfait a reculé de 1,2 % (à 5 113 395). Les professionnels pointent l’impact d’une baisse du pouvoir d’achat, de l’épidémie de chikungunya qui a pénalisé l’océan Indien (principalement la Réunion), sans oublier la Coupe du monde de football, qui a décalé les départs voire entraîné des reports d’achat sur d’autres biens de consommation, notamment les écrans plats.

Contrairement à de nombreux voyagistes, dont les bénéfices se sont écroulés l’an dernier (voir page 29), les distributeurs semblent toutefois avoir mieux résister en ce qui concerne leur rentabilité. Ils ont apparemment bien digéré le passage à la commission zéro, et la généralisation des frais de dossier (sur la billetterie, voire les forfaits loisirs) a permis d’améliorer les performances. D’autant qu’ils se sont parfois cumulés avec les commissions maintenues par certains transporteurs. Nous avons peut-être eu moins de clients, mais les marges ont été supérieures, résume Richard Vainopoulos, président de Tourcom. Des marges que quelques petits malins ont de surcroît jugé bon d’améliorer, en magouillant sur les tarifs firmes d’Air France et qui font l’objet aujourd’hui d’un redressement de la part de la compagnie.

Cette amélioration de la situation financière des distributeurs est confirmée par l »APS, qui a constaté une baisse de 7 % du nombre des sinistres en 2006. 95 agences ont cessé leur activité l’an dernier, contre 102 en 2005 et 120 en 2004. Des défaillances enregistrées en majorité au cours du premier semestre.

Un nouvel indice en 2008

Après une année 2006 médiocre, l’exercice en cours pourrait être meilleur, même si l’activité demeure erratique, marquée par une reprise significative des ventes cet automne. Il faut toutefois désormais s’en tenir aux communications et échanges réalisés directement avec les distributeurs pour évaluer le marché, Rexecode ayant stoppé son baromètre mensuel il y a quelques mois. En attendant la mise en place d’un nouvel indice de la distribution par GFK début 2008 (qui intégrera les données d’agences en ligne de la grande distribution), les agences sont donc dans le noir…

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