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Trainées de condensation des avions : des « progrès » dans la première expérimentation française menée par Amelia et Thales

Déploiement à grande échelle, validation scientifique et plus de 2 000 tonnes d’équivalent CO2 évitées : Thales et la compagnie aérienne Amelia avancent « des progrès » dans leur expérimentation visant à réduire l’impact environnemental des trainées de condensation.

Pour cette expérience, une première en France saluée par l’ONG Transport & Environment, Amelia a modifié à l’aide d’un calculateur de Thales la trajectoire de 59 vols sur un total de 6 500 en 2025 afin de contourner les zones atmosphériques humides et froides propices à la formation de ces lignes blanches dont l’impact est aussi néfaste pour le climat que celui du CO2.

« Le premier progrès, c’est d’avoir réussi à passer à l’échelle » avec un outil « permettant de proposer dans un temps contraint une optimisation de la trajectoire » du vol, explique Julien Lopez, responsable des opérations vertes chez Thales. Quant aux données après-vol, des « scientifiques réputés ont fait une validation complémentaire », poursuit-il.

« On n’est plus dans une phase de R&D, on est dans l’intégration d’un outil opérationnel »

Entre 2 000 et 2 500 tonnes équivalent CO2 ont été évitées grâce à l’ajustement de ces vols, selon Adrien Chabot, directeur du développement durable d’Amelia. Le changement d’itinéraire a généré une surconsommation de kérosène inférieure à 0,1%, soit 700 kg de CO2.

Au moment de l’annonce de cette expérimentation voici un an, l’industrie aéronautique française se montrait réticente sur cette méthode de la lutte contre le réchauffement climatique mettant en avant les incertitudes scientifiques sur le bénéfice de l’évitement des traînées qui restent quelques minutes dans l’atmosphère, tandis que le CO2 persiste des décennies, ainsi que sur la précision des modélisations.

« On a passé au peigne fin tous nos vols. Nous avons également regardé tous les types d’appareils : des Embraer 145 et des Airbus A319 et A320 (…). On n’est plus dans une phase de R&D, on est dans l’intégration d’un outil opérationnel », a poursuivi Adrien Chabot.

Un impact « du même ordre de grandeur » que les émissions de CO2 de l’aérien

Participer à cette expérimentation est « très pertinent » pour Thales. En effet, cela relève de ses compétences et peut être appliqué dès maintenant. Le développement de moteurs qui permettraient de réduire la consommation de carburant, lui, « prend 25 à 30 ans« , selon Julien Lopez.

Avec le trafic aérien qui a dépassé ses niveaux d’avant Covid, le secteur aérien représente environ 2,5% du CO2 d’origine humaine, contribuant au réchauffement climatique global. Les traînées de condensation génèrent en outre « un impact du même ordre de grandeur », d’après le responsable.

Selon une étude de T&E, en reroutant certains vols, l’impact des traînées de condensation pourrait être réduit de moitié avant 2040.

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