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Reprise de la SNCM : un énième rebondissement

Alors qu’on attendait que le tribunal de commerce de Marseille statue hier sur l’une des trois offres de reprise de la compagnie maritime, l’examen des projets est reporté au 28 octobre. 

Il faudra donc encore attendre au mieux la fin octobre pour connaître le nom du repreneur de la SNCM, le tribunal de commerce de Marseille ayant décidé hier, à la demande du procureur de la République, le report de l’étude des dossiers des repreneurs au 28 octobre.

Un renvoi justifié par la nécessité de clarifier et d’améliorer les trois offres restant en compétition, à savoir celles de Corsica Maritima, du groupe Rocca et de l’ancien directeur du port de Marseille, Christian Garin, le groupe STEF associé à Baja Ferries ayant jeté l’éponge la semaine dernière.

Cet énième report va surtout permettre à Daniel Berrebi, président du groupe Baja Ferries, de revenir dans le jeu avec une offre portée en solo. La date butoir pour le dépôt de l’ensemble des offres est fixée au 21 octobre.

Impatience et inquiétude en interne

Au sein de la SNCM, placée en redressement judiciaire depuis novembre 2014, on attend toujours d’être fixé sur son sort. Selon Guillaume Sauzier, directeur commercial et marketing de la SNCM qui a rejoint la nouvelle équipe dirigeante en septembre 2014, "on pensait que le dossier de reprise allait durer 6 mois tout au plus". Depuis, les reports se sont enchaînés et les décisions retardées pour statuer sur des offres aux périmètres sociaux quasiment identiques, à savoir une réduction drastique des effectifs (1 450 salariés actuellement).

De leur côté, l’actionnaire Veolia (via Transdev) et l’Etat souhaiteraient ne pas voir dégénérer socialement la situation, à l’exemple du conflit à Air France. La perspective des élections régionales de décembre permet également de penser que l’Etat aimerait régler le dossier SNCM avant cette échéance politique.

La question du remboursement des aides de la Commission européenne, de l’ordre de 400 millions d’euros, pèse  lourdement dans la balance, ces aides jugées illégales par Bruxelles devant être remboursées par le futur repreneur, si ce dernier ne s’inscrit pas dans une "discontinuité économique".

Une saison estivale réussie

Même si la situation financière de la SNCM reste à pérenniser, l’activité est maintenue et l’été 2015 s’est soldée par un bilan inespéré dans un tel contexte (190 000 passagers transportés sur la haute saison), grâce aux ventes de dernière minute ainsi qu’aux dessertes des pays du Maghreb. "On gagne de l’argent depuis 3 mois, avec une trésorerie positive de 50 millions d’euros, ce qui n’était pas arrivé depuis 2009", précise Guillaume Sauzier. Des résultats qui permettront à l’entreprise de finir l’exercice bien en deçà du déficit budgété à 30 millions d'euros. Rappelons qu’en 2014, les pertes de la SNCM se sont élevées à 54 millions d’euros.

Un inévitable plan social

A force de rigueur, de mise en place de procédures et d’une culture du résultat qui faisaient jusque là défaut, la SNCM redeviendrait-elle séduisante pour les investisseurs ? Avec les 200 millions d’actifs représentés par la flotte, des actions commerciales bien ciblées et une indispensable rénovation de l’image de l’entreprise, ce pourrait en effet être le cas.

Reste cependant le lourd volet social de la reprise, car quel que soit le repreneur, un PSE sera mis en place au lendemain de la décision du tribunal. Selon les dossiers de reprise, les effectifs conservés seraient de l’ordre de 750 à 800 personnes. "Notre objectif est de faire un plan social exemplaire afin de sortir par le haut de cette situation et de donner un avenir à cette entreprise", affirme Guillaume Sauzier. 

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