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Quand Marc Rochet tacle Laurent Abitbol, au congrès Selectour

Le patron d’Air Caraïbes et de French bee a réagi aux propos de Laurent Abitbol, sur les commissions et le yield dans l’aérien.

C’était la réponse du berger à la bergère. Augmentez les billets d’avion de 100 euros, et nous les vendrons, a asséné Laurent Abitbol, président du directoire de Selectour, lors du congrès du réseau se déroulant du 2 au 5 décembre en Tunisie. Tout en appelant au retour des commissions sur la vente de vols secs. « Le doute m’a traversé », a ironisé le patron d’Air Caraïbes et de French Bee, lors d’une table ronde sur l’aérien dans le cadre du congrès Selectour.

Marc Rochet a loué ses bonnes relations avec le GIE ASHA et le groupe Marietton, avant d’ajouter : « La dernière fois que j’ai discuté avec Aurélien Aufort (Voyamar), j’ai plutôt compris qu’il me demandait de baisser les billets de 100 euros. » Et Christophe (Jacquet, Havas Voyages) sollicite également des prix plus bas, a-t-il ajouté. 

« Mon objectif – et celui de mon actionnaire le groupe Dubreuil – n’est pas de faire voyager les seuls riches. Et donc, de pratiquer des prix assez bas. Le transport aérien doit être démocratique », a complété le DG d’Air Caraïbes.

Marc Rochet, Michel Monvoisin (Air Tahiti Nui) et Christian Vernet (La Compagnie) lors de la table ronde sur l’aérien. © Linda Lainé

« Il y a des loups en dehors de la bergerie »

Sur le sujet des commissions, abandonnées depuis 2005 par Air France, Marc Rochet s’est montré tout aussi dubitatif. « Les commissions existent de fait à travers les incentives et les rémunérations GDS. La restauration de ce système ancestral, doublé d’une hausse des prix, ferait le lit des Google et des Airbnb. Ces gens-là sont beaucoup plus puissants que nous tous réunis – compagnies aériennes, distributeurs et tour-opérateurs. Attention, il y a des loups en dehors de la bergerie. »

Une façon de dire à Laurent Abitbol et ses équipes de garder de bonnes relations avec les compagnies, sur les bases actuelles.

Havas : « J’ai m’impression d’être un mendiant »

Plus tôt dans la journée, Christophe Jacquet, directeur général du réseau Havas Voyages (Marietton), avait critiqué les compagnies aériennes et leur yield.

« Vous dégradez notre valeur, déjà sur le montant des billets. J’ai l’impression, quand on discute des conditions commerciales avec les compagnies aériennes, d’être un mendiant. Ce n’est pas acceptable, avec le service qu’on apporte, d’avoir des niveaux de rémunération qui frôlent le zéro. Et en plus de nous retrouver positionnés à des prix qui sont supérieurs à ceux des sites » de vente directe des transporteurs. Une remarque qui lui a valu les applaudissements des participants au 11e congrès de Selectour.

Marc Rochet ne lui donne pas totalement tort, bien au contraire : « On a un problème de partage de valeur a dit Christophe. Là je suis d’accord ».

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