Pierre & Vacances/Center Parcs : un bilan « extrêmement solide » pour draguer les investisseurs
« Il fallait assainir l’entreprise, c’est fait », estime Franck Gervais, le directeur général de Pierre & Vacances/Center Parcs, alors que le groupe cherche de nouveaux actionnaires.
Pierre & Vacances/Center Parcs passe en mode opération séduction. Le groupe vient de publier des résultats financiers en progression à l’issue de l’exercice 2024/2025. Le chiffre d’affaires atteint 1, 946 milliard d’euros, en hausse de 1,7% par rapport à l’exercice précédent. L’Ebitda culmine à 181 millions d’euros, une performance légèrement supérieure à celle anticipée par les dirigeants il y a quelques mois. Et le résultat net, pour la deuxième année consécutive, est positif (41 millions d’euros).
Conformément à la nouvelle stratégie du groupe, le tourisme, en hausse de 3,8%, génère l’essentiel de l’activité (1,874 milliard d’euros). Dans le détail, toutes les marques performent. Center Parcs (+3%) profite de la bonne dynamique du marché français (+6%), porté par la rénovation du domaine des Hauts de Bruyères et par l’ajout de 193 cottages haut de gamme à Villages Nature Paris.
Maeva.com grandit
Pierre & Vacances progresse aussi (+3,2%), notamment grâce à l’Espagne et, plus globalement, grâce à la reprise de l’augmentation de son stock après deux années de travail sur le portefeuille de la marque. Le prix moyen de vente (+2,1%) tire la progression vers le haut, autant que le nombre de nuits vendues (+1,4%). Adagio, ralentie par les Jeux olympiques de Paris en 2024, reprend sa marche en avant (+3,9%).
Les « autres activités touristiques » sont également en progression (+5,3%), à 435,7 millions d’euros. Une croissance principalement conduite par le développement de l’ambitieuse plateforme Maeva.com (+11,1%) et son offre de campings de plus en plus recherchée. Les ventes sur sites augmentent aussi (+4,7%), prouvant la capacité du groupe à « proposer une expérience complète », selon Philippe Lederman, le directeur financier de Pierre & Vacances/Center Parcs.
77 millions d’euros économisés depuis 2022
Pierre & Vacances/Center Parcs a aussi continué d’assurer une gestion rigoureuse. 21 millions d’euros ont été économisés sur le fonctionnement global de l’entreprise (réduction de la surface du siège, achats renégociés, réduction des consommations énergétiques…). « Depuis 2022, 77 millions d’euros ont été économisés », s’enorgueillit Philippe Lederman.
Une rigueur qui symbolise la posture qu’a pris le groupe depuis sa reprise en main : celle du redressement financier. En juillet dernier, l’entreprise a par exemple procédé au remboursement par anticipation de sa dette réinstallée d’un montant de 303 millions d’euros et de son prêt garanti par l’Etat (PGE) de 25 millions d’euros.
À la recherche de partenaires « sur le long terme »
Pierre & Vacances/Center Parcs est désormais en situation de trésorerie nette positive. « À l’issue de l’exercice, nous présentons un bilan financier extrêmement solide qui nous permet de financer le développement du groupe », assure Philippe Lederman. « Il fallait assainir l’entreprise, c’est fait. Il est désormais temps de déployer notre nouvelle stratégie qui est basée sur une croissance rentable », appuie Franck Gervais, le PDG de Pierre & Vacances/Center Parcs.
Avec ces bons chiffres, l’entreprise fondée par Gérard Brémond drague en effet de potentiels actionnaires. Cet été, le groupe a initié une « revue de ses options stratégiques » qui ouvre toutes les possibilités. « Tout est sur la table », assure Franck Gervais. « Mais nous sommes à la recherche de partenaires qui s’inscrivent sur le long terme. Ils doivent être capables d’investir 600 millions d’euros sur les cinq prochaines années pour conduire cette stratégie de croissance rentable qui fonctionne chez nos concurrents », poursuit l’ancien d’Accor.
Déjà des « marques d’intérêt concrètes »
« Il n’y a plus de canards boiteux », sourit Georges Sampeur, le président du conseil d’administration de Pierre & Vacances/Center Parcs. « Les perspectives sont excellentes, avec déjà 70% du budget du premier semestre 2026 déjà engrangé. Toutes nos marques sont redressées. Elles ont une histoire à raconter, et un développement à assurer. »
Concernant cette recherche de partenaires, l’équipe dirigeante se montre toutefois évasive, secret des affaires oblige. « Nous avons déjà des marques d’intérêt concrètes , mais il y a un calendrier à respecter », indique Georges Sampeur. Les offres devraient être examinées « d’ici à la fin de l’année ». « Tout ceci pourrait se matérialiser au premier semestre 2026 », conclut Franck Gervais.
