Volotea : la DGCCRF interdit la « Promesse de voyage équitable »
La DGCCRF a formellement contraint Volotea à cesser l’application de son supplément carburant exigé après la réservation du billet d’avion.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a mis un terme définitif à la politique tarifaire controversée de Volotea. L’autorité a annoncé, vendredi 10 juillet, avoir enjoint la compagnie espagnole à bas coûts de cesser d’augmenter le prix de ses billets après l’achat – une injonction assortie d’une menace d’astreinte de 3 000 euros par jour de retard en cas d’inexécution.
Une manœuvre rapidement contestée
L’intervention des pouvoirs publics cible un dispositif baptisé « Promesse de voyage équitable », instauré à la mi-mars 2026. Arguant de la flambée du prix du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, Volotea s’autorisait à ajuster ses tarifs à l’approche du départ. Concrètement, les passagers devaient s’acquitter d’un supplément allant jusqu’à 14 euros pour pouvoir s’enregistrer, si le baril dépassait les 75 dollars. Une restitution partielle était théoriquement prévue sous les 65 dollars, mais le Brent oscillait alors autour des 100 dollars. Face au fait accompli, 97 % des clients réglaient la somme exigée.
Sur le plan juridique, l’illégalité de la manœuvre a été rapidement pointée, la conformité de l’initiative posant un problème de fond manifeste comme nous l’avait d’ailleurs détaillé à l’époque Emmanuelle Llop (Equinoxe Avocats). S’appuyant sur l’article 23 du règlement européen 1008/2008, la DGCCRF a rappelé que cette pratique commerciale était strictement interdite. Une position qui vient entériner l’avis de la Commission européenne, laquelle avait déjà signalé l’infraction dès le début du mois de mai.
Abandon progressif
L’action coercitive de la Répression des fraudes permet aujourd’hui de recontextualiser le récent rétropédalage de la compagnie aérienne. En effet, bien avant l’annonce publique de la DGCCRF, Volotea avait orchestré un abandon progressif de sa surcharge : d’abord auprès des agences de voyages en ligne le 12 mai, puis pour l’ensemble des nouvelles réservations à compter du 10 juin. Dans un communiqué diffusé à l’époque, la direction justifiait la fin de cette disposition par l’installation de la crise géopolitique « dans la durée », se gardant bien d’évoquer la pression réglementaire en cours. Gilles Gosselin, directeur France de Volotea, y affirmait même avoir « la certitude d’avoir agi de bonne foi et dans l’intérêt de [ses] voyageurs ».
Si la mesure est désormais caduque, la mise en conformité ne consolera pas les passagers déjà facturés. La compagnie avait pris le soin de préciser, en marge de son annonce de juin, qu’aucun remboursement ne serait effectué pour les billets vendus sous ces conditions antérieures.
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