Brittany Ferries va se serrer la ceinture. Confrontée au recul du marché transmanche et, surtout, à la hausse marquée de ces charges, la compagnie maritime fondée en 1972 a présenté un plan de restructuration à son comité social et économique et à son conseil de surveillance. Les principales mesures entreront en vigueur à l'automne 2026 et n'affecteront pas la haute saison en cours. Brittany Ferries annonce notamment la fermeture de la ligne Portsmouth-Le Havre, lancée en 2013 pour attirer les voyageurs du bassin parisien. Pandémie, Brexit et, en 2026, ralentissement économique : la ligne ne redécolle pas, après avoir atteint son apogée de fréquentation en 2019, avec près de 158 000 passagers. À titre de comparaison, la ligne Caen–Portsmouth transportait, à la même période, plus de 900 000 passagers par an. Brittany Ferries ne fait donc pas l’impasse sur une ligne structurante de son activité.
Aucun impact sur les emplois existants
La compagnie, dont l'actionnariat est quasi-exclusivement breton et ancré dans le monde agricole coopératif, va également revendre deux navires. Le Barfleur, en service depuis 1992 et actuellement sur la ligne Cherbourg-Poole, et le Cotentin, qui navigue depuis 2007 et dessert la ligne Cherbourg-Rosslare (Irlande), vont ainsi quitter la flotte de Brittany Ferries. À noter : aucun impact n’est annoncé pour le moment sur les emplois existants. En revanche, les recrutements seront réduits en 2027. La compagnie cite plusieurs éléments pesant sur ses résultats. Réservations pour l'été 2026 inférieures aux prévisions, érosion du pouvoir d'achat des clientèles européenne et britannique, effets de la guerre au Moyen-Orient sur la demande de voyages… les facteurs négatifs sont nombreux. Brittany Ferries rappelle par ailleurs qu’il rembourse toujours son prêt garantie par l'État (PGE) contracté pendant la pandémie et élevé à 117 millions d’euros.


