Paralysie budgétaire : des améliorations attendues dans les aéroports américains
Les agents de la TSA reçoivent de nouveau leur paie, en dépit du shutdown partiel qui dure. Le gouvernement américain prévoit toutefois des perturbations pendant encore une à deux semaines dans les aéroports.
Des améliorations sont attendues ce début de semaine dans les aéroports américains, fortement perturbés depuis plusieurs semaines par la paralysie budgétaire d’un ministère, après une mesure prise par Donald Trump pour contourner ce « shutdown » partiel record.
Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) a vu son financement expirer le 14 février, faute d’accord entre démocrates et républicains au Congrès. Depuis, des milliers de fonctionnaires fédéraux sont au chômage technique, tandis que ceux aux fonctions essentielles continuent de travailler. Tous, cependant, ont vu leur paie gelée dans l’attente d’un nouveau budget. Pour cette raison, de nombreux fonctionnaires choisissent de se faire porter pâle, parfois faute de moyens pour payer l’essence et se rendre au travail, voire de démissionner plutôt que de travailler sans paie. Selon le DHS, près de 500 agents ont déjà quitté l’agence, et les taux d’absence quotidienne ont atteint 40 % ou plus dans certains aéroports ces dernières semaines.
Files d’attente de plusieurs heures
C’est le cas notamment au sein de la TSA, l’agence chargée des contrôles de sécurité. Depuis plusieurs semaines, le transport aérien se trouve ainsi fortement perturbé aux Etats-Unis. La crise tombe au plus mal, en pleine période de congés de printemps et à l’approche des fêtes de Pâques. Certains aéroports font état de files d’attente pouvant atteindre plusieurs heures. À Houston et à Atlanta, les autorités ont même recommandé aux passagers d’arriver quatre heures avant leur vol. A New York, les aéroports de LaGuardia, JFK et Newark font également face à des engorgements inhabituels.
Afin de remédier en partie à cette situation, Donald Trump a donné instruction au ministère de débloquer des fonds et de payer les agents de la TSA. L’AFGE, principal syndicat des fonctionnaires fédéraux, a rapporté ce début de semaine que les premières paies avaient été versées.
Encore une à deux semaines de perturbations
Pour soulager la TSA, l’administration Trump avait par ailleurs déployé depuis une semaine des agents de la police de l’immigration (ICE) dans certains aéroports. Tom Homan, responsable des frontières à la Maison-Blanche, a assuré dimanche sur la chaîne CBS que ces agents resteraient le temps nécessaire, « jusqu’à ce qu’ils reviennent à des opérations normales ». Le gouverneur du Maryland, Wes Moore, a tenu à préciser que ces renforts visaient uniquement à accélérer les contrôles de sécurité des passagers, et non à mener des opérations d’immigration.
Certains experts restent toutefois prudents. Caleb Harmon-Marshall, ancien agent de la TSA, estime que les perturbations pourraient perdurer encore une à deux semaines, le temps que le personnel soit convaincu qu’il ne subira pas de nouvelles périodes sans salaire.
Dimanche, le « shutdown » du DHS a atteint 44 jours. Il s’agit d’un record dans l’histoire des États-Unis, dépassant la précédente paralysie de 43 jours survenue l’automne dernier, même si généralement ces blocages concernent davantage de pans de l’État fédéral. Et la crise risque de durer : les élus du Congrès sont partis vendredi en vacances parlementaires pour deux semaines après avoir échoué à s’entendre sur une solution.
Un financement pour 60 jours
Au Sénat, les élus des deux camps ont approuvé vendredi le financement de la majeure partie du DHS, à l’exception de la police de l’immigration (ICE) et de la police aux frontières (CBP). Les démocrates demandent d’importantes réformes sur les pratiques de ces agences depuis la mort à Minneapolis en janvier de deux Américains tués par des agents fédéraux.
Mais les républicains à la Chambre des représentants ont refusé ce texte du Sénat. Ils ont réaffirmé leur soutien à l’ICE et à la CBP, avançant une proposition de loi qui financerait le DHS dans son ensemble pour 60 jours, le temps de continuer les négociations avec les démocrates.
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