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Micmac à La Mecque

Des milliers de pèlerins en provenance de France sont restés bloqués plusieurs jours à l’aéroport de Djedda, en Arabie saoudite, provoquant une belle pagaille.

Le Hajj, c’est le cinquième pilier de l’Islam. Tout bon musulman se doit de faire au moins une fois dans sa vie ce pèlerinage à La Mecque, explique Akila Boudjelal, de l’agence El Djazaïr, à Paris. Chaque année, le consulat d’Arabie saoudite en France délivre 20 000 à 23 000 visas spéciaux pour l’occasion (21 000 cette année) et des agences se sont spécialisées dans l’organisation de ce voyage religieux. Cette année, le retour de certains pèlerins a été plus que perturbé, avec des heures, voire des jours d’attente, à l’aéroport surchargé de Djedda. Les plus malchanceux sont arrivés à Roissy le 6 février au lieu du 30 janvier… Les agences françaises concernées évoquent un discrédit injuste et craignent des poursuites judiciaires.

Le 30 janvier, moins de la moitié des 1 400 personnes présentes à l’aéroport ont embarqué, confirme le Quai d’Orsay ; les pèlerins restés sur le carreau ont été bloqués entre 2 et 6 jours et le consul général est intervenu auprès des autorités saoudiennes afin de débloquer une situation confuse.

Le recours aux vols affrétés obligatoire

Tahar Hanouti, d’Oran Voyages, avait quelques centaines de clients sur place, supposés rentrer ce jour-là. Il travaille avec l’agence saoudienne Al-Attar Travel, grossiste pour les marchés européens. Celle-ci aurait affrété deux compagnies aériennes différentes, dont une seule, l’égyptienne AMC, avait une autorisation en bonne et due forme du tout-puissant ministère du Hajj. S’en est suivi un micmac aggravé par l’affluence record dans les aéroports saoudiens à cette période (2,5 millions de pèlerins…).

Considérant la rigidité des Saoudiens, il serait sans doute plus simple pour les agences de ne travailler qu’avec les seules compagnies régulières, moins susceptibles d’être soumises aux tracasseries administratives. Mais il y a pénurie, explique Akila Boudjelal. Les compagnies régulières absorbent moins de 50 % de la demande. Reste à choisir le bon partenaire. Nous préférons atterrir à Médine, et n’avons eu aucun souci avec AigleAzur, précise la spécialiste.

Par ailleurs, on ne pourra jamais empêcher des francs-tireurs de proposer des prix bradés. Quitte pour certaines à travailler avec des partenaires peu sérieux soupirent les agences, qui pointent du doigt les associations musulmanes, agréées par le consulat d’Arabie saoudite pour organiser des pèlerinages. Le marché n’échappe pas au paracommercialisme.

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