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Michaël Ruysschaert (Savoie Mont Blanc) : « Il ne faut pas oublier la contribution des locaux »

A mi-parcours, le directeur général de l’Agence Savoie Mont Blanc (ASM) dresse un premier bilan de la saison hivernale dans les Alpes. Et se montre optimiste pour les semaines à venir.

L’Echo touristique : Le pass sanitaire devient un pass vaccinal, obligatoire pour les skieurs de plus de 16 ans afin d’accéder aux remontées mécaniques. C’est une mauvaise nouvelle, à l’approche des vacances de février ?

Michaël Ruysschaert : Pour nous, les professionnels du tourisme en montagne, le pass vaccinal s’inscrit tout simplement dans la continuité du pass sanitaire. Donc non, ce n’est pas une mauvaise nouvelle, cela ne sera pas quelque chose de rebutant. La plupart des touristes qui viennent dans nos stations ont déjà recours au pass sanitaire ou vaccinal. Il est difficile de croire qu’on puisse se passer d’un pass vaccinal pour skier cette année. Il y en a besoin dans les transports, pour rentrer dans un restaurant, pour accéder aux remontées mécaniques… C’est quelque chose qui a été bien intégré par le marché. L’été dernier, l’Observatoire de l’ASM a mené une étude qui montre que seule 5% de la clientèle était prête à reporter ou annuler son séjour si le pass sanitaire devenait obligatoire. Cette étude prouve que, très tôt, le marché a intégré qu’un tel dispositif serait sans doute indispensable pour cet hiver.

Un hiver qui a commencé en demi-teinte…

Michaël Ruysschaert : Tout dépend de quels indicateurs nous tenons compte. Effectivement, les hébergements sont en retard. Le nombre de nuitées touristiques est en baisse par rapport à la même date pendant l’hiver 2018/2019. L’hiver de tous les records, il ne faut pas l’oublier… Donc, dans la mesure où nous avons vécu une crise sans précédent entre ces deux périodes, cette baisse n’est pas si représentative. Et puis, le tourisme en montagne a beaucoup évolué ces dernières années, encore plus depuis la pandémie. Au-delà des touristes français, il ne faut pas oublier la contribution des touristes locaux, les excursionnistes, ceux qui vivent à moins de 3h de route de nos stations. Ce sont eux qui, depuis le début de saison, animent nos stations.

Mais ces touristes contribuent moins puisqu’ils consomment sans hébergement ?

Michaël Ruysschaert : Ils ne consomment pas d’hébergement, certes, mais ils consomment d’autres choses. C’est ce qui permet de faire la distinction entre ce que reflète le taux d’occupation des lits et la réalité économique des stations. Le panier moyen de l’hiver sera en augmentation, et c’est grâce à eux. L’ESF, par exemple, n’a pas annulé beaucoup de cours, et ce malgré l’absence des Anglais, qui sont de grands adeptes de l’école. Mais les débutants et les primo-skieurs ont permis d’enrayer, en partie, l’absence de cette clientèle. La consommation en montagne est bien présente, et nous avons vécu de belles semaines, notamment pendant les vacances de Noël et pendant la semaine qui a suivi le Nouvel An. C’est la réalité de nos territoires, pour l’instant, pendant cette saison hivernale. Au moment de dresser le bilan définitif de la saison, il faudra intégrer ces paramètres : nombre de journée skieurs, location de matériel…

Le gouvernement assouplit les conditions d’entrée pour les voyageurs en provenance du Royaume-Uni. L’occasion d’un rattrapage de la clientèle britannique, qui a beaucoup manqué à la filière depuis le début de la saison…

Michaël Ruysschaert : Nous sommes optimistes, car le mois de janvier – et encore plus les vacances de février – sont des moments très prisés par la clientèle britannique. Comme pour les Français, leur envie de consommer la montagne est réelle. On se dit qu’un adepte de ski vient, en moyenne, une année sur deux en vacances à la montagne. Vu qu’on a été fermé l’année dernière, on peut espérer que toute leur frustration se reportera sur cette saison. Nous sommes donc très optimistes pour le mois de février. Toutefois, nous ne sommes pas au pays de Oui-Oui, et il faut être réaliste : les stations qui vivent sous la perfusion des clientèles étrangères, et notamment britanniques, comme Morzine, Méribel ou encore Val d’Isère, ne rattraperont pas le début de saison manqué. Ce démarrage loupé fait que la saison sera difficile pour ces stations. Mais il faut voir les bonnes nouvelles là où elles se trouvent. Par exemple, à date (interview réalisée le 21 janvier 2020, NDLR), le taux d’occupation de nos 112 stations, pour les vacances d’hiver, plafonne à 77%. En janvier 2020, à la même date, nous étions également à 77%. Malgré les contraintes et les doutes du marché étranger, nous sommes donc au même niveau que lors de l’année de tous les records… Et il faut ajouter, comme je le disais, la contribution des touristes locaux.

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