Les TO prennent la route des grands voyages
Avec sa « croisière routière » de l'Atlantique au Pacifique, Salaün Holidays s'essaie au voyage au long cours. Un genre que pratiquent déjà les TO d'aventure et les compagnies de croisières.
15 000 kilomètres s'ouvrent sous les roues du Royal Class de Salaün Holidays. Ce 17 mai, le luxueux bus du TO breton quitte Brest pour Vladivostok, à l'extrême est de la Russie. Un périple de 50 jours de l'Atlantique au Pacifique. Le projet s'inscrit dans la continuité des grands raids en 4 X 4 développés par le voyagiste et dont le premier, en 2010, avait justement suivi le même trajet. « Cela nous a donné l'envie de proposer à nos clients d'y participer », explique Luc Le Saos, le chargé de production qui a conçu cette odyssée en autocar.
Mais quel est vraiment l'intérêt d'un tel produit pour un TO ? « C'est d'abord une opération d'image », reconnaît Luc Le Saos. D'un point de vue strictement économique, le voyagiste atteint tout juste l'équilibre. Moyennant 13 600 E, 14 clients vont se payer le trajet intégral, tandis que dix autres n'en effectueront qu'un segment. C'est moins qu'espéré par l'autocariste, qui disposait de 34 places. Et malgré 18 mois de commercialisation, le voyage retour a finalement été annulé, faute d'inscriptions suffisantes.
La mode des longues croisières
Nombre très restreint de clients mais coût de production élevé : les TO d'aventure connaissent eux aussi les contraintes de ces voyages d'exception. Pourtant, quasiment tous en proposent, à l'image de Huwans clubaventure, qui organise tous les deux ans depuis 2010 une « grande expédition ». Celle prévue cette année s'aventurera en Patagonie à partir du 2 novembre : du Chili jusqu'en Antarctique, le TO a prévu 71 jours de marche et de navigation, pour un tarif de 23 000 E. Un périple qui sert forcément la communication de l'entreprise auprès du grand public, mais reste trop long et trop cher pour être récurrent. Les grands voyages seraient-ils donc des produits impossibles à « industrialiser » ? Sur terre, peut-être, mais pas en mer. Invoquant l'héritage des grandes traversées maritimes d'autrefois, bon nombre de compagnies de croisières proposent un programme régulier de navigations au long cours. Depuis 2012, même Costa Croisières a réactivé ses tours du monde de 100 jours, au rythme d'un ou deux par an. MSC Croisières dit y réfléchir et, en attendant, lance ses « grands voyages ». La dénomination intègre essentiellement des croisières de repositionnement existantes, mais également un itinéraire inédit entre Dubaï et l'Australie, programmé sur 33 nuits au printemps 2015 (à partir de 4 100 E). Reste désormais à savoir s'il s'agit d'une simple initiative marketing ou de l'avènement d'une véritable gamme de produits.
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