Les groupistes jouent la force tranquille
Malgré un Map Pro moins fréquenté que prévu, le tourisme de groupes ne fait pas de vague. Les spécialistes vont pourtant devoir s’adapter aux évolutions de la demande.
Pour la deuxième année consécutive, le Map Pro a fait moins bien que prévu. En deux jours, le salon n’a accueilli que 3 063 visiteurs, soit plus que les 2 500 de 2010 et moins que les 3 600 de 2009. Comme l’an dernier, les organisateurs expliquent cette contre-performance par les perturbations à la SNCF, tout en se félicitant d’un climat « 100 % business ». Preuve que le marché du groupe reste dynamique ? Sa structure est en tout cas très stable d’une année sur l’autre si l’on en croit Protourisme, qui estime toujours valables les résultats de son premier Observatoire national du tourisme de groupe, publié en 2009 et selon lequel ce marché représente 7 % des voyages personnels des Français. « Le secteur est touché, nuance toutefois Yves Guivarch, patron de Mondoramas. Une année, il est à +10 %, une autre à -10 %. Mais il ne grandit pas, donc pour croître, une entreprise doit soit piquer des clients à ses concurrents, soit les racheter. » Une croissance externe que lui a choisi en reprenant le groupement d’hôteliers Grouptour, histoire d’atteindre « une taille critique » et de générer des synergies. Mais d’une entreprise à l’autre, la situation s’avère très contrastée.
Chez Solotours, Jean-François Guieux, DG adjoint, parle d’« une année pas exceptionnelle, surtout sur le marché des autocaristes », quand au contraire Parfums du Monde évoque des perspectives excellentes, boostées par l’accord de référencement que le groupiste vient de signer avec AS Voyages. Il devrait ainsi terminer son exercice aux alentours de 18,5 ME, soit une croissance à deux chiffres par rapport à 2010. L’un des constats qui fait l’unanimité, c’est surtout la tendance à des réservations moins précoces. Même si en moyenne elles se bouclent toujours entre six et huit mois en avance, « les CE signent les contrats de plus en plus tard, ce qui nous met en difficulté car les compagnies aériennes ne jouent plus le jeu de la souplesse sur les acomptes », note Bruno Berrebi, directeur général de Time Tours. Autre tendance de cette année, sur fond de crise économique persistante et de soubresauts à l’étranger, les groupes eux-aussi ont davantage choisi la France ou les pays proches pour partir, souvent sur des week-ends et courts séjours.
Enfin, et c’est sans doute le principal enjeu des années à venir pour les groupistes, les nouveaux retraités « ont appris à voyager seuls et n’ont pas envie de partir à 50 dans un bus », explique Patricia Cesbron, responsable du service groupes de Richou. « Si on veut espérer capter cette clientèle dans quelques années, il faut notamment développer les voyages thématiques », estime Jean-François Guieux. Un effort d’adaptation auquel le secteur est contraint s’il veut rester attractif.
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