Les forfaits prennent un coût de pompe
Les TO répercutent l’augmentation des tarifs aériens, consécutive à l’envolée du prix du pétrole, sur leurs forfaits. Un vrai casse-tête pour les agences.
Les experts sont formels. Il n’y a pas de raison pour que le prix du pétrole baisse significativement dans les prochaines semaines. Désormais largement au-delà des 50 $, le baril affiche une hausse de plus de 60 % en un an ! Une envolée qui a contraint la plupart des transporteurs à répercuter, pour la troisième fois depuis le début de l’année, ce surcoût sur leurs tarifs.
C’est un nouveau coup dur pour les TO qui, sous la pression de leurs fournisseurs aériens, n’ont d’autre alternative que de suivre le mouvement, le transport représentant 30 à 40 % du prix d’un forfait. Les tarifs des forfaits à compter du 1er novembre ont été élaborés durant l’été. Et personne n’avait anticipé une si forte hausse du pétrole, remarque Bruno Gallois, PDG de Marsans/Transtours. Nos brochures sont déjà obsolètes.
Pas d’harmonisation
Depuis une semaine, les agences reçoivent les courriers des TO mentionnant les surcharges à facturer à leurs clients. En général, les hausses oscillent entre 15 et 18 E pour le moyen-courrier, et de 34 à 45 E pour le long-courrier, explique René-Marc Chikli, président de l’Association des tour-opérateurs (Ceto). Le Club Med/Jet tours fait toutefois moins que la moyenne, préférant semble-t-il rogner sur sa marge. Ces surcharges s’appliquent en général pour les nouvelles inscriptions et rétroactivement, pour les clients inscrits qui partiront après le 20 novembre (le délai légal autorise des modifications de prix jusqu’à 30 jours avant le départ).
Les TO auraient pu se mettre d’accord pour harmoniser leurs surcharges, remarquent nombre d’agences. Au risque d’être accusés d’entente, les voyagistes ne peuvent fixer de hausses collectives, se défend René-Marc Chikli. Chacun a donc estimé, en fonction de ses contrats aériens, le montant moyen des augmentations à pratiquer. Le plus juste aurait été de répercuter, au moins pour les vols réguliers, l’exacte hausse opérée par chaque compagnie. Très compliqué, déplore Bruno Gallois. Car nous avons négocié sur des prix de base. Or, les compagnies répercutent les hausses sur les taxes, déjà elles-mêmes fluctuantes, un vrai casse tête ! Sans compter le flou entourant les promotions de dernière minute.
L’hiver risque d’être pénalisé
Une complexité que les agences partagent au quotidien. Seul point positif : elles sont commissionnées sur les surcharges. C’est surtout techniquement et commercialement difficile pour les clients inscrits de longue date qu’il faut relancer, explique Dominique Brisson de Lefort Voyages/Afat Voyages à Nantes. Les autres passagers qui réservent maintenant sont, pour leur part, assez fatalistes. Il est vrai que, surinformés par les médias, ils comprennent généralement la hausse. Mais la saison d’hiver risque d’être, une fois de plus, pénalisée…
