Les 16-25 ans, voyageurs actifs et indépendants
Si les jeunes sont nombreux à voyager, beaucoup échappent aux opérateurs privés. Par souci d’indépendance et par manque d’offres adaptées.
Ils ont entre 16 et 25 ans. Les jeunes adultes sont un marché en devenir, d’après une enquête réalisée par la revue Cahier Espaces. Sur 700 millions de touristes internationaux, 140 millions sont des jeunes (20 %), selon l’Organisation mondiale du tourisme. Cette proportion pourrait atteindre 25 % en 2005. Pourtant, les opérateurs privés n’ont pas trouvé leur place sur ce marché, si ce n’est quelques tour-opérateurs sur des niches spécifiques.
En France, les jeunes voyagent plus que la moyenne (63 % contre 56 %), mais beaucoup dans l’Hexagone. Ceux qui partent à l’étranger représentent 22 % du total des Français sortis de nos frontières. Un taux plus faible que chez les Allemands ou les Britanniques. Les destinations privilégiées sont l’Espagne (25 %), la Grande-Bretagne (16 %) et l’Allemagne (6 %), selon le cabinet IPK.
Les deux tiers des jeunes privilégient les séjours actifs et choisissent leurs vacances en fonction de l’activité proposée. La communication doit s’articuler davantage autour de l’offre d’activités que sur un message jeune, considère Guy Raffour, du cabinet éponyme.
Le Club Med, avec son village Oyyo, l’a appris à ses dépens… A l’inverse de la stratégie développée avec succès par l’UCPA.
Partout chez eux en Europe
Au-delà de ce besoin d’activités, il faut différencier deux sous-catégories. Les moins de 20 ans cherchent à s’affranchir de leurs parents, à se retrouver en groupe, à vivre dangereusement et faire la fête entre potes. La demande est généralement captée par des structures associatives, des auberges de jeunesse… A l’exception des séjours linguistiques, un marché sur lequel quelques opérateurs ont réussi à se faire une place au soleil, tel Club Langues et Civilisations.
Chez les 20-25 ans, le plaisir de découvrir en couple prend peu à peu le pas sur la liberté et la gamme de produits s’élargit. Qualifiés par certains d’euro kids, ils parlent plusieurs langues et se sentent chez eux partout en Europe, ce qui les pousse à se débrouiller seuls.
Le marché des jeunes à l’étranger est d’ailleurs dominé par la réservation directe (voire l’absence de réservation). La part des voyages à forfaits est inférieure à 10 % des départs, selon IPK. L’hébergement est non marchand dans 40 % des cas et on note une forte utilisation d’Internet. Par ailleurs, les deux tiers sont des hommes et les trois quarts issus d’un milieu urbain. Enfin, les jeunes sont très sensibles aux aléas économiques. L’embellie de 1999-2000 a entraîné une forte hausse des déplacements, aujourd’hui retombée. Néanmoins, cette clientèle contribue à désaisonnaliser le tourisme. Et les récentes crises ont démontré que les jeunes étaient les derniers à renoncer au voyage et les premiers à repartir.