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L’édito de Dominique Gobert : sauver Air France ? Oui, mais à quel prix ?

Peut-être, finalement, la Covid-19 aura fait quelques heureux… ou du moins, permis de donner quelques nouvelles opportunités. A Air France par exemple, laquelle vit comme ses homologues, des heures sombres, mais pas totalement désespérées…

Bruno Le Maire l’avait dit : « L’État jouera son rôle, tout son rôle pour la compagnie Air France ». Il l’a fait, « prêtant » (donnant ?) quelque 7 milliards d’euros à notre transporteur « redevenu » ainsi de fait, compagnie nationale. Tandis que son « associée », KLM, recevait aussi de la part de la Batavie 4 milliards.

À condition, avait prévenu le ministre de Bercy, qu’Air France parvienne à trouver enfin une certaine rentabilité. En clair, voilà l’oseille, mais faut laisser la place à certaines liaisons ferroviaires domestiques, parvenir aussi à une certaine compétitivité et surtout, enfin, essayer de devenir rentable et, accessoirement, de poursuivre ses efforts en matière d’écologie.

Je traduis pour le lecteur un peu fatigué.

L’édito de Dominique Gobert : désolé, c’est encore moi !
Dominique Gobert, éditorialiste

Une première étape durant laquelle le SNPL, généralement toujours avide de diriger cette compagnie, n’aura pas soufflé mot. Pourtant un simple « merci » aurait été au moins de bon aloi… à défaut de bonne éducation.

Il faut aussi souligner qu’Air France perd une fortune sur ses liaisons intérieures et soutient une concurrence pour le moins désuète avec la SNCF sur les liaisons de moins de 2 heures 30…

Mais en même temps, (pour parler le Macron courant), face à l’agressivité des easyJet, Ryanair et autres low-cost, fallait-il pour autant laisser la place sur le champs de bataille ? Telle est la question, comme aurait pu le clamer ce bon vieil Hamlet, celui qui voulait échanger un vieux cheval contre un royaume entier…

Uncle Ben a un plan. On prend le fric, on met la low-cost plutôt « loisirs » Transavia sur une partie du réseau – tant que les liaisons intra-européennes sont plus ou moins au point mort, ça ne mange pas de pain – et on garde un semblant de Hop sur les liaisons navettes, telles Nice, Marseille et Toulouse.

Bordeaux, Montpellier, allez, on va oublier, Le Maire sera content.

Malin le Canadien, par le Grand Caribou ! C’est même assez futé, si je puis me permettre, dans la mesure où il occupe malgré tout le terrain face aux low-cost, tout en sauvant la face.

Délicat cependant, parce que le SNPL, lequel avait toujours émis des réticences, des incongruités également, face à l’utilisation de Transavia, risque fort probablement, de renâcler, pour ne pas dire autre chose.

Le syndicat surpuissant d’Air France sera-t-il assez irresponsable pour mettre des bâtons dans les ailes d’Uncle Ben ? Je n’oserais le croire… mais sait-on jamais.

D’autant qu’Uncle Ben entend bien profiter de la crise pour se livrer à ce qui aurait dû être fait depuis fort longtemps chez Air France. Non seulement réorganiser entièrement le fonctionnement de la compagnie, mais également réduire, je n’aime pas employer ces termes mais c’est inéluctable, la masse salariale.

Prudent, il semble envisager pour le moment un « plan de départs volontaires », lequel, en toute objectivité, ne sera sans doute pas suffisant.

Quant à sa « réorganisation de la direction, il semble bien que ce soit aussi dans l’air du temps.

On va sûrement jouer d’ici pas longtemps aux chaises musicales… Sauf qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, c’est d’ailleurs le but de ce jeu.

Mais on risque de voir plus d’un postérieur rester par terre !

A lire aussi : Les éditos et interviews de Dominique Gobert

4 commentaires
  1. savary dit

    bonjour monsieur

    même si je partage avec vous l’idée que la gestion de cette compagnie est depuis des années déplorable car assujétie a l aval d une catégorie de nantis : les pilotes et plus particulièrement a l aval du SNPL qui fait la pluie et le beau temps
    cette entreprise est un dinosaure resté bloqué dans les années 60 au temps de sa splendeur enfin surtout de son monopole
    elle n a jamais su se réinventé et a fini par devenir totalement ingérable … trop de chefs qui ne servent à rien et protégés
    on a d ailleurs eu bien du mal à trouver un candidat valable pour la gérer …. au final on trouve ce ben smith sorti de nulle part personne ne le connaissait et personne donc ne s en méfiait ….
    je me souviens encore de son passage dans nos locaux (ah oui j oubliais je suis un des ces petits personnels dont on va se défaire en toute impunité incessamment ) mes chers collègues le trouvent éminemment sympathique avec sa chemise ouverte, son sourire bea à serrer toutes les paluches à sa portée, il s excuse de son piètre français, il tutoie on fait comme ça en amérique ,il flatte, il encourage, il remercie hop pour son engagement et la compétence de son personnel mais un patron reste un patron !!!
    aujourd’hui je rigole de la naïveté de tous ces gens qui ont cru avoir un quelconque intérêt pour lui

    après si je partage votre point de vue je pense qu une précaution de langage serait bienvenue de la part de journalistes comme vous .. vous semblez oublier qu au bout de vos journaux et de vos déclarations assassines se trouve des agents salariés qui pour beaucoup ont besoin de ce travail pour vivre et faire manger leur famille
    tous ne sont pas pilotes SNPL !!!
    ces agents dévoués depuis des nombreuses années pour certains méritent de votre part plus de précaution ils n ont pas demandé à subir les incompétences des dirigeants de cette entreprise certains ne résisteront pas à cette crise, des familles monoparentales peut être, des femmes au l aube de la 50 aine pour qui l espoir de retrouver un travail est plus qu incertain et j en oublie
    cette crise profite à smith certes qui lui partira dans quelques mois avec un joli chèque pour atteinte des objectifs et continue à percevoir un salaire plus que dodu …
    il fait le ménage dites vous certes mais trouvez vous normal qu un ministre de l économie assurant « ne pas faire un chèque en blanc » accepte de jeter à la rue des milliers de salariés français qui subissent la double peine : le chômage et comble de l’ironie vont payer (oui payer car cette somme vient aussi de nos impôts !!! ne l oublions pas ) leur éviction.
    un ministre qui ose exiger qu air france réduise ses émissions carbone par le simple biais des fermetures de lignes nationales risible je me marre on parle de rynair et easyjet ils petent des paillettes eux !!!! et LVMH industrie plus polluante encore que l aéronautique il fait des effort pour son impact écologique????
    Des compagnies qui ne contribuent pas à l effort de guerre nationale. pire des régions vendraient père et mère pour les voir se poser sur leurs aéroports … et c est que le début car ces régions vont se trouver enclavées par la décision de ce gouvernement. la SNCF ferra le reste ???mais oui biensur elle voulait fermer des lignes transverses non rentables!!!
    on en parle du grand plan d aménagement du territoire !!! la france terre touristique aux nombreuses richesses locales ouï certes mais bien cachées les merveilles locales si personne ne peut en profiter.

    enfin smith va mettre toute son arrière garde en place pour appliquer ses méthodes de rentabilité donc les français vont payer pour sauver une entreprise gérée par des anglo-saxons la france ´ a donc aucuns talents sorti de ces grandes écoles, elle est si perdue que ça ???
    les français vont payer des mecs pour les foutre dehors empocher un maximum….
    en effet elle est bien partie la france et tout le monde trouve ça normal lemaire macron et les autres ????

    alors oui je suis da ccord avec vous sur certains point mais je vous demande à vous et vos autres confrères un peu d élégance et de prendre en considération les individus que vos propos peuvent toucher plus que vous l’imaginer
    cdlt

  2. Jean-Michel dit

    « Mon royaume pour un cheval », c’est Richard III, pas Hamlet.

  3. verwilghen dit

    Prendre exemple sur les pilotes de Lufthansa et Brussels Airlines, réduction des salaires de 45%.

  4. Laurent Virlouvet dit

    C’est vrai que nous menons grand train (!) à Air France. 8 plans de départs volontaires en 10 ans, blocages des salaires pendant 7 ans…..et j’en passe….

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