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L’édito de Dominique Gobert : durable ? On le souhaite !

La France est présidente de l’Union européenne… pour six mois. Autant dire une poignée de jours, mais c’est mieux que rien. Pour le tourisme, reconnu enfin comme digne d’intérêt, l’Europe doit devenir la première destination de tourisme… durable !

Vœu pieu ? Intention durable ? Je reste, pardonnez-moi, très dubitatif. Jean-Baptiste Lemoyne, notre ministre à nous qu’on a, lequel – c’est une digression – a remis en très petit comité la croix d’honneur du Mérite à Alix Philipon (petitpatapon, n’oublions jamais) hier soir. C’est bien.

Notre ministre, donc, a convié ses homologues de la Grande Europe (après tout, Poutine parle de la Grande Russie) à un sommet dans la capitale des Ducs de Bourgogne, Dijon.

Dans un contexte qui, pour le tourisme en Europe, n’est quand même pas particulièrement réjouissant. Si je puis me permettre, elle est trop facile mais je ne peux m’empêcher, la moutarde commence à monter au nez de la communauté européenne…

Dominique Gobert, éditorialiste

Néanmoins, le sujet à l’ordre du jour concerne essentiellement le tourisme en Europe, assorti d’une option « durable ».

Ces messieurs-dames, dans un grand élan solidaire, ont décrété qu’il fallait faire de l’Europe la première destination touristique durable ». Damned.

Durable, alors que les cosaques russes – à ne pas confondre avec les cosaques Ukrains (oui je préfère le terme, ça fait plus résistant) – tentent la durabilité dans la destruction systématique?

Durable, excusez du peu, avant de faire référence à certaines connotations écolos, ça signifie durer… dans le temps. Et, lorsque l’on assiste, par le biais de BFM qui semble éprouver une véritable délectation à publier ces explosions intolérables, j’avoue parfois être inquiet sur la durabilité de notre vieille Europe. Un sentiment que doivent très certainement éprouver les potentiels visiteurs venus d’autres continents et qu’il, à l’heure actuelle, sera difficile d’apaiser.

L’Europe de l’Ouest est sûre, certes… Je souhaite qu’elle le reste, d’autant que le Covid, laissé de côté pour cause de folie poutinesque, ne reste pas encore inactif !

Jean-Baptiste Lemoyne, président en quelque sorte des ministres européens du tourisme, joue la prudence : « restons entre Européens et rendons-nous visite les uns les autres ». En oubliant quasi volontairement la concurrence acharnée que nous nous livrons entre voisins. L’Espagne n’est-elle pas notre concurrent le plus virulent ?

Quant à cette notion de « durable », permettez-moi, une fois encore et bien contre mon gré, d’être assez sceptique, même si les ministres sont arrivés à « grand consensus », ainsi que le notait le commissaire européen Thierry Breton.

En revanche, et là il va véritablement falloir établir un véritable consensus, c’est la révision de la directive sur les voyages à forfaits, qui date de 2015 et qui devient de plus en plus obsolète. Il y a du boulot, de même que pour la mise en place, une fois pour toutes, de cette caisse de garantie des compagnies aériennes…

Et, pour finir, si tout se passe bien, il faudra aussi transposer cette directive équitablement !

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