Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Le paquebot de l’angoisse

 » Un ancien navire de croisières erre depuis un mois sans capitaine, sans lumière et sans balise dans les eaux de l'Atlantique nord. De quoi alimenter tous les fantasmes. »

C'est une histoire comme les films d'horreur en raffolent. Celle de l'épave d'un navire de croisières des années 1960 errant sur les mers, que l'équipage d'un remorqueur décide de récupérer pour la vendre à bon prix au marché de la casse.

Evidemment, le navire est hanté, l'équipage s'y retrouve coincé et tout ce petit monde se fait gentiment massacrer en n'oubliant pas, j'imagine (puisque je ne l'ai pas vu), de toujours se séparer quand il le faut, avec cette phrase pleine de bon sens lorsqu'on est traqué par des aliens : "monte voir sur le pont, je file à la cale".

Pour ceux que ce résumé aurait alléché, le chef d'oeuvre en question s'appelle "Le Vaisseau de l'angoisse", sorti sur nos écrans en 2003. Mais à ceux qui veulent vraiment se faire peur, je conseille la lecture de ce qui suit. Parce que cette fois, tout est vrai, et c'en est troublant de ressemblance…

Il se trouve que depuis un mois, se ballade dans les eaux de l'Atlantique nord un bateau que la presse s'est empressé de surnommer le paquebot fantôme. Paquebot parce que c'est un ex-navire de croisières russe, le "Lyubov Orlova", construit en 1976 et spécialisé dans les expéditions polaires. Fantôme parce qu'il n'y a (officiellement en tous cas…) personne à bord, à part des rats.

Parti de Terre-Neuve le 28 janvier

L'affaire commence en 2010, alors que le navire est placé sous séquestre dans l'archipel canadien de Terre-Neuve pour de sombres histoires d'armateur n'ayant pas payé ses dettes. Toute ressemblance avec les récents déboires de Classic International Cruises (qui ont conduit à la faillite de NDS Voyages) est évidemment fortuite…

Début 2012, après plusieurs épisodes que je vous épargne, le paquebot rouillé finit par être racheté et le 23 janvier dernier, il prend la mer, tiré par un remorqueur (tiens tiens…), direction un chantier de démolition en République dominicaine. Sauf que le remorqueur en question est lui aussi dans un état proche du délabrement. Au bout de 24h à peine, le câble de remorquage lâche. Et le "Lyubov Orlova" s'éloigne.

Depuis il dérive. Sans capitaine à la barre, sans lumière et sans balise. Le 30 janvier, alors qu'il s'approche d'une plate-forme pétrolière, un nouveau remorqueur l'accroche. Rebelote : le câble cède en quelques minutes. Et après avoir été localisé une dernière fois le 4 février, le paquebot est finalement abandonné à son sort.

Aucun Etat ne veut s'en occuper

Depuis plus de deux semaines, tout le monde avait même perdu sa trace, considérant que dans les eaux internationales, il ne revient à aucun Etat de s'en occuper. Et puis mercredi dernier, il a été à nouveau localisé, à 800 kilomètres à l'ouest de son point de départ.

En l'absence de décision internationale, il y a de fortes chances qu'il continue à dériver durant plusieurs semaines. L'Irlande se prépare déjà à le récupérer un jour ou l'autre puisque c'est vers elle que l'emmènent les courants. A condition néanmoins qu'il n'entre en collision avec aucun autre bateau, dans ces eaux où le trafic maritime est important.

En tout cas, si d'aventure il était à nouveau pris en charge par un remorqueur à l'approche des côtes européennes, je me contenterais d'adresser ce petit conseil à l'équipage : ne montez pas à bord.

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique