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Le Nord surfe sur la vague Ch’tis

Le film de Dany Boon provoque un afflux de visiteurs autour de Bergues, la ville où il a été tourné. Mais les acteurs locaux du tourisme rappellent que la région a d’autres atouts à faire-valoir.

Les gens veulent toucher les murs de La Poste de Bergues comme on touche la grotte de Lourdes. Alain-Raymond Etienne, responsable de la communication du Comité régional du tourisme (CRT) du Nord-Pas-de-Calais, ne croit pas si bien dire. Le succès du film Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon, qui a dépassé les 20 millions d’entrées en France, est un petit miracle pour la région. Et pour certains visiteurs, le voyage a tout du pèlerinage. L’effet Ch’tis reste cependant limité principalement à la Flandre française. Une étude publiée par le CRT, fin mai, révélait que la fréquentation au cours du mois de mars a explosé dans cette partie du département du Nord, à deux pas de la frontière belge. Bergues, le petit chef-lieu de canton de 4 300 habitants où le film a été tourné il y a tout juste un an, est évidemment la principale ville bénéficiaire de cet engouement.

L’enjeu du long terme

Nous avons reçu au mois de mai environ six fois plus de monde qu’au même moment l’an dernier, confirme-t-on à l’office de tourisme de la commune. Avec les ponts, l’affluence a été énorme. La ville a très vite dû s’adapter à cet afflux de visiteurs. Dès le 8 mars, dix jours seulement après la sortie nationale du film, elle lançait son premier Ch’ti tour, un circuit d’une heure trente à la découverte des lieux du tournage. Organisé quatre fois par semaine (dont samedi et dimanche), il attire des visiteurs venus de tous les coins de France. On y découvre le désormais célèbre beffroi, où le grand-oncle de Dany Boon fut carillonneur, classé au patrimoine mondial de l’Unesco avec 22 autres beffrois du Nord depuis 2005, mais aussi les canaux qui ont donné à Bergues son surnom d’autre Bruges des Flandres. Parallèlement, la ville continue aussi de proposer son traditionnel circuit des remparts, construits au IXe siècle et modernisés par Vauban au XVIIe siècle. Mais Bergues n’est plus la seule à surfer sur la vague. Armentières, où est né Dany Boon, quelques kilomètres plus au sud, prévoit à son tour de lancer un circuit touristique thématique centré sur l’enfance du réalisateur. Combien de temps le phénomène durera-t-il ? Au moins jusqu’au mois d’octobre, répond l’OT de Bergues. Nous avons même déjà des demandes pour le 31 décembre, mais que nous ne pouvons pas traiter parce que c’est trop tôt. Un léger mouvement de baisse semble cependant s’amorcer. Alors que le Ch’ti tour attirait jusqu’à récemment en moyenne 250 personnes chaque journée de week-end, elles n’étaient que 120 dimanche dernier. Du côté des réceptifs, on tient aussi à rappeler que la région a d’autres atouts. Le film a donné un coup de pouce à leurs activités, mais le tourisme dans la région était déjà sur la pente ascendante depuis quelques années. Nous ne voulons pas rester dans l’esprit du film stricto sensu, explique Jean-Luc Dufrenne, directeur de l’agence Afat Génération Voyages, installée à Lille depuis dix ans. Il faut dépasser l’aspect franchouillard et faire découvrir la richesse culturelle de la région. Nous voyons d’ailleurs que certains étrangers commencent à intégrer Lille dans leur voyage comme une ville qui mérite d’être visitée. Transformer cette frénésie passagère en tendance à long terme, c’est désormais tout l’enjeu. Les instances régionales du tourisme y réfléchissent déjà. Un séminaire sur la stratégie à mettre en place dans le futur était d’ailleurs organisé la semaine dernière. Objectif : préparer la rentrée de septembre.

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