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Le Maroc fait mieux que résister

Après une hausse du nombre de Français de 4 % en 2003, le Maroc table sur de nouvelles stations balnéaires pour attirer toujours plus de touristes dans les prochaines années.

Les attentats de Casablanca en mai 2003 n’auront eu qu’une faible incidence sur le tourisme au Maroc. Faut-il y voir la conséquence d’une communication bien maîtrisée par les autorités ou, comme le rappelait le ministre marocain du Tourisme Adil Douiri au lendemain des attentats, des forts liens qui font que le marché français est moins sensible aux chocs exogènes ? Toujours est-il que le royaume chérifien a accueilli 4,3 millions de touristes l’an dernier (+6 % par rapport à 2002), dont 916 000 Français (+4 %), la première clientèle du pays si l’on exclut les Marocains résidant à l’étranger (2,33 millions d’arrivées). Pour autant, le Maroc n’a pas atteint son objectif, certes ambitieux, d’un million de touristes français en 2003.

Venir, c’est bien, mais il faut rester !

Cette bonne résistance s’accompagne toutefois de deux contre-performances. Tout d’abord une légère baisse de 1 % du nombre de nuitées (11,17 millions), et surtout, une diminution du taux d’occu-pation des hôtels à 40,7 %, contre 43,7 % en 2002. Le défi des prochaines années sera donc d’attirer plus de visiteurs, mais aussi de les convaincre de rester plus longtemps. Deux objectifs qui seront développés lors de la quatrième édition des Assises nationales du tourisme du Maroc, qui se déroulent ce week-end à Casablanca.

Le royaume conserve son objectif de 10 millions de touristes en 2010, dont 2 millions de Français. A ce titre, les projets de construction de sept nouvelles stations balnéaires vont bon train. Le futur complexe de Saidia (27 000 lits) a été concédé au groupe espagnol Taseda, le projet d’aménagement de la station d’Essaouira (9 000 lits) à un consortium associant le groupe Accor. Celui de Larache (14 000 lits au sud de Tanger, avec une orientation thalassothérapie et bien-être) est également en bonne voie. Si le projet de Tarazoute (24 000 lits à proximité d’Agadir) a pris du retard, ces nouvelles stations devraient accueillir leurs premiers touristes fin 2006. D’autres concessions sont en cours de négociation, comme El-Jadida (5 000 lits), qui aura un profil sport. Le Maroc a aussi dans ses cartons le projet de Plage Blanche (au sud d’Agadir, en plein désert).

Pour remplir ces nouvelles stations, le royaume aura plus que jamais besoin des voyagistes. Nous devons signer des partenariats avec les TO, qui passent par l’octroi de droits aériens mais aussi des opérations conjointes de marketing, précise Adil Douiri. C’est déjà le cas avec le Club Méditerranée (qui ouvrira un nouveau village dans la Palmeraie de Marrakech en juin) et de Fram, qui prévoit d’ouvrir un second Framissima à Marrakech.

Développer des liens avec l’Europe du Nord

Mais le Maroc se doit aussi de développer des liens avec les gros TO d’Europe du Nord, moins présents que les Français. Le gouvernement vient à ce titre de signer un accord cadre avec le groupe TUI, qui concerne les marchés belges et français, en attendant un prochain accord pour le marché allemand. Il prévoit un renforcement des vols, mais aussi plusieurs projets hôteliers (sous les marques Riu et Robinson). Déjà, Corsair relie Fès et Marrakech au départ de Paris en vol régulier depuis fin 2003. Cet appui des TO, en particulier en matière de transport, est d’autant plus important que les jeunes compagnies charters marocaines Mondair et Air Atlas viennent de cesser leurs activités. A ce titre, Adil Douiri n’exclut pas à l’avenir de recourir à des compagnies low cost pour acheminer la clientèle étrangère. L’objectif est de renforcer plus particulièrement les dessertes d’Agadir, Fès et Tanger.