Dans le désert d’Atacama, coiffé par la Cordillère des Andes, même les cactus peuvent avoir soif… Cheveux longs et faciès andin, notre chauffeur Omar roule dans ce no man’s land vers sa Bolivie natale, droit devant, à 45 minutes de route. 100 kilomètres et dix guanacos plus loin, la Cordillère de sel dévoile ses formes géologiques dantesques. Le vent, la tectonique des plaques et les siècles ont sculpté des millefeuilles minéraux d’une infinie majesté. Des monolithes émergent entre les dunes, dans une immense solitude. Dans la Vallée de la Mort, nous ne croiserons que deux fun-boardeuses, prêtes à en découdre avec les pistes de sable volcanique. Nous traversons le canyon de sel, qui claque par intermittence à nos oreilles. Ses formes sont fantomatiques : ici un lama comme pétrifié, là des flèches gothiques. Des cristaux salins par milliers émergent de l’argile. A quelques encablures, nous alunissons dans une contrée qui semble attendre un vaisseau Apollo. Voici la biennommée Vallée de la Lune. Campées sur une grande dune, quelques grappes de voyageurs surveillent le crépuscule. Les appareils photos crépitent. La Nature se donne en spectacle, alors que la température chute. Au premier plan, la Terre ondule en crêtes de couleur ocre, lacérées de blanc. Au loin, le volcan Licancabur (à 5 916 m) s’empourpre, en crachotant. Les séismes sont fréquents dans le pays. Il en faut plus pour dissuader les Chiliens d’exploiter les sous-sols des environs, d’une grande richesse. Le nord du pays abrite la plus grande mine de cuivre à ciel ouvert du monde, un des piliers de l’économie. Le tourisme est devenu son autre pépite. Le village de San Pedro vit à son rythme. Ses rues pittoresques, ses hôtels en adobe (argile) et ses cybercafés en font une charmante escale. Avec à sa porte, la jolie réserve nationale de flamands roses du Salar de Atacama.
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