Prudente, Celestyal Cruises passera l’hiver en Méditerranée plutôt qu’au Moyen-Orient
Malgré l’annulation de huit semaines d’itinéraires liées à la guerre au Moyen-Orient et un impact commercial significatif, Celestyal Cruises affiche sa confiance pour la saison estivale. Elle s’apprête à annoncer de nouveaux programmes en Méditerranée pour l’hiver 2026-2027.
L’année 2026 avait pourtant démarré sous les meilleurs auspices pour Celestyal Cruises sur le marché français. « À fin février, au moment du déclenchement du conflit entre l’Iran et les États-Unis, nous étions à plus de 24% de croissance en chiffre d’affaires », souligne Christella Giorgis, responsable du marché hexagonal pour la compagnie.
Cette dynamique a toutefois été brutalement interrompue par l’immobilisation des deux navires, le Celestyal Discovery et le Celestyal Journey, dans le golfe Persique pendant plusieurs semaines. Bloqués dans les ports de Doha et de Dubaï, les deux bateaux n’ont pu rejoindre la Méditerranée comme prévu. La compagnie a ainsi été contrainte d’annuler l’ensemble de ses départs programmés en mars et en avril. Avant une reprise normale de ses rotations à compter du 1er mai.
18 itinéraires annulés
« Au total, nous avons dû supprimer huit semaines d’exploitation, soit 18 itinéraires », précise Christella Giorgis. Le coup est dur. Environ 400 passagers français ont été concernés par ces annulations en mars et en avril. Tous se sont vu proposer soit un remboursement intégral, soit un avoir pour une future croisière. « Si 60% ont demandé un remboursement, 40% ont privilégié un avoir bonifié, avec un crédit supplémentaire de 20%. Ce qui leur permet par exemple de choisir une cabine supérieure », détaille-t-elle.
« Les agences ont continué à nous suivre »
« Si les investisseurs et les banques ne nous ont pas lâchés », Christella Giorgis salue également le soutien du réseau de distribution. « Les agences n’ont pas été oppressantes. Elles ont continué à nous suivre. C’est dans ce genre de période que l’on mesure la qualité des relations construites avec ses partenaires », insiste-t-elle.
La compagnie dit avoir rapidement mobilisé son réseau pour expliquer la situation. « Nous avons contacté les agences. Elles ont très bien compris le contexte », précise-t-elle. Et de rappeler que les conditions commerciales ont été maintenues, « lorsque la croisière est reportée, les agences conservent bien entendu leur commission ».
Une performance réajustée mais résiliente
Contrainte par le conflit au Moyen-Orient, Celestyal Cruises a dû revoir ses ambitions à la baisse. « Avec les nouveaux objectifs fixés il y a quinze jours, je suis, au 21 juin, en progression de 3% sur le chiffre d’affaires, mais en recul de 5% en nombre de passagers », indique Christella Giorgis.
Cette évolution s’explique par une demande de plus en plus orientée vers des catégories de cabines supérieures, ce qui contribue à soutenir la performance économique. « J’observe une forte demande pour les balcons, les junior suites et les suites », précise la responsable du marché français.
Dans le même temps, les réservations restent marquées par une forte dynamique de dernière minute, rendant les résultats plus sensibles au rythme des ventes. Dans ce contexte, la compagnie adapte sa stratégie commerciale en lien avec son réseau d’agences. « Je mets en place des actions promotionnelles pour optimiser les réservations », illustre ainsi Christella Giorgis.
Un repositionnement stratégique en Méditerranée
Si les saisons hiver 2025-2026 et 2026-2027 devaient initialement être opérées au départ de Dubaï et d’Abou Dhabi, les deux bateaux seront finalement repositionnés en Méditerranée occidentale. Alors que les détails ne sont pas encore dévoilés, la compagnie évoque néanmoins de nouveaux parcours susceptibles d’intégrer des escales inédites.
Celestyal comptait sur le développement de ses croisières dans le Golfe pour accélérer sa croissance internationale. Pour autant, la compagnie ne remet pas en cause sa stratégie. « Nous sommes assez doués pour nous réinventer », estime Christella Giorgis. La dirigeante reste convaincue de l’attractivité durable de la Grèce auprès des voyageurs. Elle estime également que la fidélité du réseau d’agences permettra à Celestyal de retrouver rapidement sa trajectoire de croissance.
Avec près de 7 000 passagers français accueillis l’an dernier, Celestyal a enregistré une croissance de plus de 20% de son chiffre d’affaires dans l’Hexagone. Bien que la France demeure loin derrière la Grèce et l’Espagne en volume de clientèle, « elle pèse désormais entre 6 et 7% des ventes de la compagnie et confirme son potentiel de développement », déclare Cristella Giorgis.