La réactivité d’Europe Airpost sauve son activité loisirs
La compagnie charter s’active pour trouver la parade à un marché loisirs en berne, dans un environnement concurrentiel « faussé ». Pas simple, mais le transporteur a des atouts.
La morosité du marché outgoing français affecte la santé du tour-opérating hexagonal mais occasionne aussi des dégâts collatéraux chez les compagnies charter nationales. C’est le cas d’Europe Airpost qui a reconnu cette semaine lors de la présentation de ses résultats annuels avoir passé une « année 2011 chahutée », selon son directeur général Jean-François Dominiak. Et 2012 ne s’annonce pas mieux : « On espérait une reprise, notamment sur les destinations d’Afrique du Nord, mais c’est le néant total », regrette-t-il. Du coup, le transporteur prévoit de passer de 22 974 heures de vols loisir en 2011 à 18 000 en 2012 soit une baisse de 21 %. La livraison de deux avions passagers a aussi été retardée, car « on ne reçoit pas de signaux de redémarrage cette année », a insisté le DG. Le Printemps arabe n’est pas à l’origine de tous les maux du secteur. La hausse du prix du carburant, « passant de 52 à 65 centimes le litre », a joué également en la défaveur d’Europe Airpost, ainsi que la crise économique qui perdure, mais « ne freine pas l’activité incentive », remarque-t-il.
TRANSAVIA MONTRÉE DU DOIGT
Mais c’est peut-être « la concurrence française et étrangère agressive sur le marché loisirs » qui affecte peut-être le plus l’activité d’Europe Airpost. Pour la compagnie, mais aussi XL Airways, bénéficiaire cette année et Aigle Azur en difficulté, qui s’étaient toutes unies en juin 2011 pour écrire une lettre ouverte, Transavia est jugée responsable de la déstabilisation du marché : « C’est une concurrence éhontée, avec un actionnaire qui la renfloue en permanence. Ce n’est pas une concurrence saine. Nous n’avons jamais été voler le marché d’un autre grâce à un actionnaire. Transavia est un concurrent qui trouble le marché et qui avance visage masqué», a-t-il fustigé. La filiale d’Air France n’est pourtant pas le seul acteur à remettre le modèle des compagnies françaises charter en question. D’autres compagnies low cost mettent la pression sur ces transporteurs : « Avec l’installation à Paris de la compagnie tchèque Travel Service ou la lituanienne Small Planet, notre activité devient très compliquée » admet Jean-François Dominiak : « Les TO les utilisent un peu mais s’en servent surtout pour obtenir un bon prix et nous mettre la pression lors des négociations commerciales », poursuit-il. Pour autant, le prix ne fait pas tout : « Les TO apprécient notre qualité de service, notre personnel français, notre actionnariat fort et la pérennité de notre modèle qui repose aussi sur l’activité cargo. En cette période, cette solidité est sans égale ». Jusqu’à repousser l’idée de se développer sur le long-courrier, un segment qui a permis à XL Airways de dégager cette année des bénéfices. « Même si le marché se tasse, il y a aura toujours un fond de moyen-courrier à assurer et s’il ne reste qu’un opérateur en France, Europe Airpost sera celui-là. »
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