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L’Iran veut s’ouvrir au tourisme

En décembre 2010, les autorités iraniennes ont invité des journalistes français à découvrir l’ancienne Perse. Elles ont annoncé un plan de développement touristique d’envergure. Des projets qui semblent peu compatibles avec la politique extérieure de la République islamique.

Ornés des quatre croissants et de l’épée, symboles de la révolution, deux grands drapeaux de la République islamique d’Iran encadrent un message de bienvenue écrit en persan. Avec un sourire bienveillant, Esfandiar Rahim Mashaie, premier vice-président iranien également chargé du Tourisme, nous accueille dans la salle de réunion de l’hôtel Espinas, un 5 étoiles flambant neuf du quartier d’affaires Gisha, à Téhéran.

BEAUTÉS PERSES SOUS SURVEILLANCE

Poignée de main pour les hommes, petite révérence pour les femmes auxquelles il est poliment, mais fermement, rappelé de porter un foulard. Il est obligatoire pour toutes les femmes, y compris occidentales. Par décence, il n’est pas non plus permis aux hommes et aux femmes de se serrer la main. L’ambiance est solennelle. C’est la première fois qu’une délégation de journalistes étrangers est invitée par le gouvernement de Mahmoud Ahmadinejad à visiter le pays. Le voyage a été organisé sous haute surveillance pour découvrir les beautés de la Perse, Ispahan, Shiraz, Persépolis… Avec un objectif : développer le tourisme. « Le pire embargo est la mauvaise publicité que nous font les États-Unis depuis près de trente ans, lance d’emblée Esfandiar Rahim Mashaie. La guerre avec l’Irak [1980-1988, ndrl], qui a fait près d’un million de victimes et coûté plus de 6 MdsE, a anéanti tout essor du tourisme en Iran. Mais la révolution islamique a une nature culturelle. Aujourd’hui, nous souhaitons mettre en oeuvre de grands projets touristiques et améliorer la sécurité des visiteurs sur notre territoire. » Et de prendre pour exemple la Turquie, dont le tourisme est en plein essor depuis vingt ans. La République islamique a l’intention de lancer des campagnes de publicité dans les médias, tels Al Jazeera, la BBC ou Euronews. La création d’une fondation pour le tourisme est aussi en projet, ainsi que celle d’une école hôtelière pour améliorer la qualité de service dans les hôtels, dont le nombre de chambres a presque doublé en cinq ans, selon les données du gouvernement iranien. Il est aussi question de construire des aéroports, des lignes de train à grande vitesse et de créer des parcs nationaux ! Pour mettre en place ce vaste programme, le premier vice-président est conscient que l’Iran doit d’abord améliorer les relations diplomatiques avec ses voisins et le reste de la planète. Il prévoit ainsi de faciliter l’obtention des visas, excepté pour les citoyens de États-Unis et d’Israël…

UNE SITUATION POLITIQUE COMPLEXE

Ce discours, qui semble en décalage avec la diplomatie iranienne, est en revanche révélateur de la complexité de la politique intérieure du pays. Très proche de Mahmoud Ahmadinejad, Esfandiar Rahim Mashaie avait déclaré, en 2009, que l’Iran était l’ami du peuple israélien et que les Américains étaient « l’un des meilleurs peuples du monde ». Ces propos avaient soulevé un tollé dans les rangs du clan conservateur, qui avaient exigé sa démission. Ces divisions au sein du gouvernement sont un véritable casse-tête pour les diplomaties étrangères, qui ont affaire à des interlocuteurs aux points de vue parfois divergents. À l’ambassade de France à Téhéran, personne ne croit vraiment à cette ouverture du tourisme. Le site du Quai d’Orsay déconseille toujours les voyages en Iran. Les diplomates observent que la répression, qui s’exerce depuis la révolution verte du printemps 2009, n’épargne pas les Occidentaux, rappelant l’affaire Clotilde Reiss.

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