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L’idée d’une certification pour les voyagistes piétine

Exigences des critères, complexité des audits, manque d’implication de la profession… de nombreux obstacles retardent l’émergence de cette garantie.

Une dizaine de voyagistes travaillent avec l’Association de tour-opérateurs – Ceto à la définition d’une certification garantissant le caractère responsable de l’offre. Ce label doit répondre à deux objectifs : apporter une garantie aux consommateurs et impliquer davantage les professionnels dans une démarche écoresponsable. Plusieurs obstacles ralentissent cependant le processus. « Il faut trouver un équilibre sur l’exigence des critères », explique Yves Godeau, président de l’association Agir pour un tourisme responsable (ATR). Trop strictes, ils ne permettraient pas aux voyagistes d’adhérer à la démarche. Trop souples, ils la videraient de son sens. Sur les circuits, se pose par exemple la question du nombre de participants. Pour garantir les échanges avec la population locale et éviter les dégâts causés par la surfréquentation, il faudrait limiter les groupes à 15 ou 25 participants, ce qui entraînerait une hausse des coûts par voyageurs.

Autre problème, le périmètre de la certification : « il faut inclure la formation du personnel au tourisme responsable. En interne, c’est possible. Mais comment faire pour la distribution, que nous ne maîtrisons pas », s’interroge Lidia Mele, directrice qualité en charge du développement durable chez Kuoni. « Pour beaucoup de TO, certifier l’ensemble de son offre, c’est soit démagogue, soit utopique », ajoute Patrice Caradec, directeur général France de Vacances Transat. Il devrait donc être possible de n’en certifier qu’une partie. « Nous ne pourrons pas satisfaire aux exigences des audits sur les centaines d’hôtels à la carte », remarque Lidia Mele. Sous le contrôle de l’Afnor, la nouvelle certification reposerait en effet sur des audits indépendants, qui nécessitent de fournir nombre de documents et d’informations sur les prestataires.

« UN NOUVEL OUTIL DE COMMUNICATION »

Enfin, se pose la question de la pertinence de ce nouvel engagement. Certains voyagistes craignent que cela ne soit qu’un « nouvel outil de communication ». D’autant que le Syndicat national des agents de voyages réfléchit, de son côté, à une démarche similaire. Un participant aux réunions du Ceto déplore aussi le « manque de convives autour de la table ». « Pour l’instant, il n’existe que le label Agir pour un tourisme responsable, plutôt adapté au tourisme d’aventure. Nous devons au moins proposer autre chose », relativise Agnès Weill, directrice en charge du développement durable au Club Med. Une quinzaine de tour-opérateurs ont obtenu le label ATR depuis sa mise en place en 2006. Mais des voyagistes qui s’étaient engagés dans la démarche, comme Nouvelles Frontières, ne l’ont toujours pas obtenu.

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