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L’hôtellerie mise à nouveau sur le MICE

Au plus fort de la crise, les entreprises ont mis l’organisation d’événements profes-sionnels entre parenthèses. En renouant avec de meilleures performances, le MICE contribue à redynamiser le marché hôtelier. L’activité repart. Mais les temps ont changé.

En 2009, le tourisme d’affaires atteignait, sous l’effet de la crise, son plus bas niveau historique*, avec un volume de dépenses des entreprises en baisse de 7,8 %, entraînant dans sa chute les hôtels réalisant une partie de leur chiffre d’affaires grâce aux séminaires organisés dans leurs murs, ou à de l’hébergement lié à un salon, ou à un congrès. Depuis quelques mois, les différentes études publiées par les cabinets spécialisés ne cessent de souligner le rôle du tourisme et/ou des voyages d’affaires dans la reprise du marché hôtelier. Au mois d’avril, la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services a ainsi établi que « l’augmentation du nombre de nuitées passées par la clientèle d’affaires dans les hôtels (+ 4,6 %) explique à elle seule 87 % de la croissance de 2010 (et que) cela reflète la sortie de crise économique amorcée début 2010. » Parallèlement, l’Office du tourisme et des congrès de Paris faisait aussi état, début avril, de très bonnes performances sur le segment congrès l’an dernier, avec des nuitées affaires en hausse de 11,2 % par rapport à 2009, qui ont représenté 45 % des nuitées globales sur la capitale. En tout, 9 % des congrès parisiens ont été organisés au sein même des hôtels. Si la capitale s’est engagée la première sur la voie de la reprise, les autres destinations MICE de l’Hexagone semblent petit à petit lui emboîter le pas. « Cannes, qui à part pendant la saison estivale, vit essentiellement de l’événementiel, a enregistré une progression de 12 % dans les 4 et 5 étoiles pendant les quatre premiers mois de l’année, souligne en ce sens Philippe Gauguier, associé tourisme, hôtellerie et loisirs au sein du cabinet Deloitte. En avril, le score était de +25 %. Cela prouve que la clientèle MICE est revenue en masse sur cette destination. On peut aussi citer l’exemple de Lyon, qui a progressé de 18% sur les quatre premiers mois de l’année dans les hôtels 4 et 5 étoiles, illustrant également ce phénomène de très bonne santé du tourisme d’affaires. »

LES ENTREPRISES REMETTENT DES MOYENS EN PLACE

Est-ce à dire que le segment haut de gamme retrouve les faveurs des organisateurs d’événements ? Car si les entreprises se sont détournées du très haut de gamme pour des raisons évidentes de budget, elles ont aussi dû veiller, en plein marasme économique, à ne pas donner un caractère ostentatoire à leur manifestation. Au point, pour certaines entreprises, d’organiser leur événement dans un établissement affichant moins d’étoiles, parfois au prix d’une addition plus salée. « Une certaine image glamour a affecté à un moment la Côte d’Azur, et a été battue en brèche par les organisateurs de séminaires, rappelle Philippe Gauguier. En 2009, il y a eu une vraie nécessité de couper les robinets de toutes les dépenses au sein des entreprises. Depuis 2010, elles remettent des moyens en place. Elles veillent toujours à limiter les excès, mais restent sur des catégories haut de gamme, notamment pour des questions d’offre : ce sont des établissements qui possèdent généralement les équipements et capacités adéquats. » Reste que de nouvelles habitudes semblent devoir s’inscrire dans les moeurs.

DES PETITS CADEAUX QUI ARRANGENT BIEN LES AFFAIRES

« On sent bien que la crise n’est pas loin derrière nous, témoigne Pascal Visintainer, le directeur commercial du groupe Barrière, qui réalise environ 30 % de son activité sur le MICE. Nous constatons plus de prudence dans le choix des opérations, et une volonté d’être plus raisonnable sur les budgets. La partie purement festive des événements est aussi réduite, on le ressent très clairement. Les entreprises sont désormais plus soucieuses du retour sur investissement. » Les discussions commerciales se font donc plus âpres. « L’habitude a été prise de négocier les prix ou d’obtenir des petits cadeaux , relève Mark Watkins, président fondateur de Coach Omnium.

Cela peut être un surclassement, un pot d’accueil offert, une remise sur les activités périphériques… » Avec un maître mot désormais : optimiser. « Les entreprises limitent le nombre de participants et restreignent le nombre de nuitées, en faisant par exemple arriver les personnes juste avant le début du séminaire plutôt que la veille au soir », ajoute Pascal Visintainer. Un objectif de maîtrise des coûts qui impose aux hôteliers d’être plus offensifs sur le plan commercial, afin de décrocher suffisamment de contrats pour assurer leur volume d’activité. Et à l’instar du segment loisirs, la tendance à la dernière minute s’est aussi installée, obligeant souvent les hôteliers à travailler dans l’urgence. Même si la reprise leur permet de gagner un peu en visibilité.

* Baromètre annuel Bedouk/Coach Omnium 2010.

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