IndiGo : le point sur le trafic aérien en Inde, après les perturbations de la semaine passée
IndiGo, la principale compagnie aérienne du pays, a supprimé la semaine passée plusieurs milliers de vols. Où en sont les perturbations ce lundi ?
C’est l’une des pires crises connues par le transport aérien indien cette année. La semaine passée, la compagnie aérienne IndiGo, qui représente 60% du marché intérieur indien, a annulé chaque jours plusieurs centaines de vols – plus de 1 000 ce vendredi, invoquant des « difficultés opérationnelles imprévues. »
Jeudi 5 décembre, IndiGo avait admis devant les autorités de régulation aérienne des « erreurs de jugement et des lacunes dans la planification », liées à l’application de nouvelles réglementations concernant le repos des pilotes, visant à renforcer la sécurité des vols. Celles-ci prévoyaient notamment d’augmenter leur temps de repos hebdomadaires de 36 à 48 heures, et de réduire le nombre d’atterrissages nocturnes à 2.
Manque d’anticipation
IndiGo, pourtant informée de cette évolution depuis deux ans, n’a pas élaboré de plan de rotations permettant de s’y adapter. Son application « a eu un effet négatif sur nos opérations que nous ne pouvions pas anticiper », s’est justifiée la compagnie. Lors d’une réunion d’urgence avec la Direction générale de l’aviation civile indienne (DGCA) jeudi 5 décembre, IndiGo avait promis des « mesures correctives » permettant un retour à la normale d’ici au 10 février 2026.
Ainsi, face à la paralysie du trafic et à la pression politique croissante le ministre indien de l’Aviation civile, Ram Mohan Naidu, a abruptement retiré vendredi l’une de ces nouvelles règles – la restriction des vols de nuit, accordant à IndiGo une exemption temporaire. « Cette décision, qui ne compromet pas la sécurité aérienne, a été prise uniquement dans l’intérêt des passagers, notamment des personnes âgées, des étudiants, des patients et de tous ceux qui dépendent de la ponctualité des vols pour leurs besoins essentiels », a expliqué le ministère dans un communiqué, ajoutant que son ministère prévoyait un retour à la normale du trafic dès samedi. Pieter Elbers, PDG de la compagnie, a salué le retrait de la réglementation, et prédit un retour à la normale entre le 10 et 15 décembre.
Chute des actions d’IndiGo
Cette crise survient dans un contexte d’essor spectaculaire du marché aérien indien, qui a franchi pour la première fois le cap des 500 000 passagers quotidiens le mois dernier. Mais cette croissance accélérée révèle aussi les fragilités du secteur. Le chef de l’opposition, Rahul Gandhi, a notamment imputé ce fiasco au « modèle monopolistique » du gouvernement. « Une fois de plus, ce sont les Indiens ordinaires qui en paient le prix, sous forme de retards et d’annulations. L’Inde mérite une concurrence loyale dans tous les secteurs et non des monopoles truqués », a-t-il dénoncé sur X.
IndiGo fiasco is the cost of this Govt’s monopoly model.
Once again, it’s ordinary Indians who pay the price – in delays, cancellations and helplessness.
India deserves fair competition in every sector, not match-fixing monopolies. https://t.co/sRoigepFgv
— Rahul Gandhi (@RahulGandhi) December 5, 2025
La semaine dernière, 200 avions IndiGo avaient déjà été touchés par une alerte qu’avait émise Airbus pour une mise à niveau urgente de 6 000 appareils dans le monde. Cette tourmente opérationnelle s’est en tout cas reflétée sur les marchés : les actions d’IndiGo ont plongé de 16% depuis le début de la crise, effaçant environ 4 milliards de dollars de sa capitalisation boursière.
Ce lundi, plus de 300 vols étaient annulés dans l’ensemble du pays, selon la journaliste indienne Nabila Jamal. 134 vols étaient notamment annulés à Delhi, 127 vols à Bengaluru, et 32 à Mumbai. Dimanche, la compagnie a assuré viser un retour à la normale de ses opérations d’ici mercredi. Dans le même temps, l’autorité de l’aviation civile lui a accordé 24 heures pour justifier pourquoi elle ne devrait pas être sanctionnée sur le plan réglementaire.
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