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Hôtellerie-restauration : une augmentation de 16,33% sur la table

Si pour les représentants des employeurs parlent d’un “effort historique”, pour les syndicats de la branche, on est toujours “loin du compte”.

Comme prévu, la deuxième séance de négociation sur l’épineuse question des salaires dans l’hôtellerie et la restauration s’est déroulée hier. Lors de cette réunion qui a duré près de cinq heures, l’Umih, principale organisation du secteur, le GNI qui représente les indépendants, le GNC (chaînes hôtelières) et le SNRTC (restauration thématique et commerciale) ont proposé une nouvelle grille qui « se traduit par une augmentation moyenne de 16,33% par rapport à la grille actuelle », précise un communiqué commun. Un effort supplémentaire, donc, par rapport aux premiers chiffres esquissés il y a quatre semaines. « Pour les organisations professionnelles, il s’agit d’un effort historique pour la branche HCR particulièrement en cette période de crise et d’incertitudes économiques pour les entreprises du secteur. »

L’occasion d’appeler une nouvelle fois l’Etat à soutenir le secteur, confronté aux conséquences de la cinquième vague de Covid et à la menace du variant Omicron. Les organisations professionnelles GNC, GNI, SNRTC, Umih, devant l’effort consenti par la profession, demandent à l’Etat de poursuivre son soutien à la profession, notamment par l’activité partielle Covid, les exonérations des charges, l’aide « coûts fixes » simplifié, et enfin un aménagement des conditions d’amortissement du PGE s’imposent plus que jamais.

« Je pense qu’il y a des avancées substantielles qui ont été mises sur la table, j’espère que ça aboutira », a commenté sur France Inter la ministre du Travail, Elisabeth Borne. Cette grille, validée par tout le collège patronal, sera mise à la signature des organisations syndicales de salariés lundi et jusqu’au 17 janvier. Elle assure « une rémunération minimum supérieure à 5% du Smic dès le premier niveau de la grille ».

Un « calendrier social » qui fait débat

« On est bien loin du compte, l’attractivité des métiers de ce secteur exige un investissement important tant le retard accumulé en matière de rémunération est important », a pourtant déploré la CGT (1er syndicat de la branche) dans un communiqué.

« On ne peut pas donner plus dans un contexte sanitaire qui se durcit, avec des entreprises encore très fragiles, pas sorties du tunnel : il faut savoir arrêter une négociation, on a fait le maximum », a déclaré à l’AFP Thierry Grégoire, le négociateur de l’Umih.

« La grille va commencer à 11,01 euros contre 10,57 euros au 1er janvier, a déploré Nabil Azzouz, le négociateur de FO (3e organisation). Cela représente seulement 4% d’augmentation pour le 1er niveau sachant que 80% des effectifs se retrouvent dans les deux premiers niveaux ». 

Les organisations patronales affirment avoir proposé un « calendrier social pour le premier semestre 2022, afin de continuer la discussion portant sur l’attractivité de la branche ».

« Le patronat a refusé de s’engager sur son contenu, alors on a demandé au ministère d’y intégrer officiellement le 13e mois, la rémunération des coupures et la majoration du dimanche », a ajouté M. Azzouz.

« Après 15 années de dialogue social inconsistant, cette négociation est une triste parodie destinée à cautionner les milliards d’euros d’aides publiques qui tiennent le secteur sous perfusion depuis deux ans », estime encore la CGT.

De son côté, la CFDT a dénoncé dans un communiqué « un simulacre de calendrier social », estimant que le « patronat doit s’engager véritablement pour l’amélioration des conditions de travail des salariés des hôtels-cafés-restaurants qui méritent bien mieux que des annonces sans actes. »

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