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Grande Canarie

Tout un continent

Un continent en miniature, disent les brochures. Très urbanisé, pourraient-elles préciser. A peine est-on arrivé à l’aéroport de Grande Canarie, que l’on constate les dégâts. Des zones industrielles le long du littoral, des serres éventrées sous lesquelles poussaient des tomates, une autoroute bruyante qui semble lécher les coursives des premiers hôtels du sud de l’île, vers Playa del Ingles. Heureusement, Maspalomas, classée parmi 128 plages recensées, présente une jolie succession de dunes préservées sur 6 km. Pour arriver jusqu’à l’eau, il faut marcher sur le sable blond. Rien à vendre, pas de parasols alignés, une tranquillité absolue. Le tourisme, arrivé ici à la fin des années cinquante, a respecté cette merveille isolée. Alors qu’un peu plus loin, à La Melonera, les grands hôtels ne sont séparés les unes des autres que par des rues à la propreté irréprochable. Le commerce d’horlogerie et de parfums bat son plein : comme les Canariens, les touristes ne payent pas de TVA, mais simplement un impôt local. Quittant ce complexe artificiel, lisse comme des boutiques d’aéroport, on rejoint le centre du village. Entre deux bars aux noms à consonance allemande, les loueurs de voitures affichent des tarifs inférieurs de moitié à ceux du continent. Banco ! Direction la montagne. Les rochers du Roque Nublo culminent à 1 949 mètres. Dans le village d’Agüimes, aux façades jaunes et blanches joliment rénovées, les artistes locaux font honneur aux guanches, civilisation disparue qui habitait ici avant la colonisation espagnole.

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