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Google : son comparateur de vols prend clairement position

Le comparateur du géant de la recherche se positionne sur les requêtes de vols. Compagnies régulières et low cost remontent dans ses réponses.

 

Un onglet "Vols" apparaît désormais sur Google, aux côtés notamment de Maps et de Shopping. Et lorsqu’un internaute tape comme requête "vol Paris-New York", "vol Paris-Nice" ou "Paris-Bangkok", c’est le grand pavé de Google Flight Search qui se hisse soit en 3e soit 4e position, en lien sponsorisé. Le comparateur du géant de Mountain View liste des vols de compagnies régulières mais aussi de low cost. Les agences de voyages en ligne (OTAs) sont également présentes sur certains axes, d'eDreams à Bravofly en passant par Vol24.

Fabrice Dariot, dirigeant de Bourse des Vols, estime d’ailleurs que le géant américain fait preuve d’une certaine opacité vis-à-vis des OTAs. "Google France doit éclaircir les conditions d'accès à Google Flight en général, et géolocalisé en particulier, comme il le fait déjà pour le SEM. Il semblerait que certains acteurs aient droit d'y figurer et pas d'autres".

La stratégie des petits pas

C’est en 2013 que le comparateur du moteur de recherche a débarqué en France. Depuis, "Google adopte la stratégie des petits pas, discrets, avec parfois de grandes enjambées. Les compagnies accélèrent toutes le principe de leur perte en allant sur Google Flight, qui pourrait à terme leur coûter cher demain", assure Jean-Pierre Nadir. Et le patron d’Easyvoyage, dont 50% des revenus proviennent du vol sec, de regretter l’attentisme de Bruxelles, face au risque d'abus de position dominante qu'il dénonce depuis toujours. "La décision de Bruxelles interviendra trop tard. J’avais pourtant fondé beaucoup d’espoir dans la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, qui a remplacé Joaquin Almunia".

"Google pousse son moteur, mais ce n’est pas nouveau", relativise pour sa part Jonh-Lee Saez, directeur régional du comparateur Kayak (groupe Priceline) pour la France, l'Espagne et l'Autriche, tout en confirmant que les compagnies à bas coûts étaient autrefois absentes. Kayak n’observe pas de conséquences significatives sur les parts de marché des comparateurs en termes d’audience, en Europe comme aux Etats-Unis.

L’échiquier risque de changer

Faut-il du coup relativiser l’importance de Flight Search ? Carlos Da Silva, vice-président de MisterFly, n’est pas de cet avis. "Nous allons connaître une évolution de l’échiquier aérien. Google Flight va sans doute prendre une place prépondérante. Il va devenir performant, en affichant de bons tarifs et de bons vols, avec des temps de réponse qui sont déjà courts".

Pendant ce temps, le référencement payant poursuit sa spirale inflationniste. "Le coût d'acquisition d'un client atteint 40 euros en moyenne, ce qui conduit naturellement les OTAs à facturer des frais de dossier", souligne Frédéric Pilloud, directeur e-commerce de MisterFly. C’est pour toutes ces raisons que la jeune entreprise a choisi un modèle Google-indépendant, en s’associant à Vente-privee.com. "Il faut désormais s'éloigner du modèle traditionnel de l'OTA, face à des coûts devenus insupportables au regard de nos marges", conclut Carlos Da Silva.

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