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Finnair : avec la guerre en Ukraine « un vol vers Tokyo met quatre heures de plus »

Alors que Finnair avait de nombreux projets au Japon, comme l’ouverture de ligne vers Osaka ou Fukuoka, la guerre en Ukraine contraint la compagnie à revoir ses plans.

Trente ans plus tard, Finnair reprend la route du pôle pour éviter la Russie. « C’est une route que l’on utilisait dans les années 80 car l’ouverture du ciel russe n’est pas très ancienne », précise Javier Roig, directeur France et Europe du Sud de Finnair.

Mais désormais, avec la guerre en Ukraine, le ciel russe s’est de nouveau fermé. En tout cas pour les pays de l’Union européenne. « Cela nous touche beaucoup. Du fait de notre situation géographique, une demi-heure après le décollage à Helsinki, nos appareils sont au-dessus de la Russie. Pour notre compagnie c’était le moyen le plus court pour relier Séoul, la Chine ou encore Tokyo. Le survol de la Russie nous permettait d’utiliser un seul appareil, un seul équipage dans un hôtel. Et ce pour faire des allers-retours en moins de vingt-quatre heures, notre gros point fort par rapport au reste du marché. »

Finnair se bat

En moins d’une semaine, la compagnie a dû réaliser un travail énorme pour rétablir les liaisons vers la Chine, la Corée et Japon. « Désormais nous passons par le Sud. L’appareil descend par la Pologne, vers la Turquie l’Iran, puis finit sa route vers l’Asie. Au retour de Tokyo, et seulement ce vol-là, nos avions passent donc par le pôle Nord. »

Ce qui entraîne quatre heures de vol de plus pour les trajets vers Tokyo. Un coup dur pour la compagnie qui ne peut plus utiliser un seul appareil pour garantir ses vols quotidiens. « Avec le prix actuel du pétrole ce n’est pas facile », reconnaît le directeur France et Europe du Sud de Finnair.

Ce rallongement du temps de vol a aussi fait beaucoup de mal, par ricochet, à la Nouvelle-Calédonie. « Finnair est la deuxième option vers cette destination depuis la France. Avec nos quatre heures de plus sur les vols, la connexion n’est plus permise à l’aéroport de Tokyo Narita. Qui par ailleurs a longuement rallongé toutes les procédures de transit avec la Covid. »

Les Etats-Unis comme solution ?

Il faut savoir qu’actuellement, le Japon ne permet l’arrivée que de 7000 passagers aériens (toutes compagnies confondues) par jour. « Cela vient de changer. Auparavant c’était 5000. Et d’ici quelques temps, cela devrait être 10000. Mais en attendant, nous ne pouvons transporter que 50 passagers dans nos appareils. Vous devez vous demander pourquoi avoir continué d’opérer vers Tokyo ? C’est pour le fret, qui nous aide énormément à maintenir la profitabilité de la route. »

Tous ces bouleversements ont obligé Finnair à regarder beaucoup plus vers les Etats-Unis. Finnair a toujours desservi New York, Chicago, Miami, Los Angeles. Cette année, la compagnie innove avec Dallas et Seattle. La compagnie nordique va également ajouter des vols vers l’Inde, avec l’ouverture de Bombay en plus de Delhi.

Enfin, pour la première fois, Finnair a décidé d’ouvrir un deuxième hub en dehors de Finlande, à Stockholm. « Nous y avons placé quelques A350. On s’est dit qu’il fallait se réinventer ou mourir. De Suède nous volerons vers les Etats-Unis et la Thaïlande. »

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