Pour faire redémarrer la machine, ils sont de plus en plus nombreux à militer pour la mise en place d’un chèque tourisme. Une douzaine de députés et d’élus locaux viennent en ce sens d’adresser un courrier au Premier ministre, pour demander le déploiement d’un titre de paiement dédié abondé par l’Etat, par les Collectivités locales volontaires, et éventuellement par les comités d’entreprise. Le courrier est notamment signé par deux présidents de Région - Nouvelle Aquitaine et Occitanie, et cinq présidents de département (Ardèche, Aude, Landes, Gers, Meurthe et Moselle). Pour les signataires de cette lettre, la crise du coronavirus menace deux millions d’emplois - directs ou indirects - dans le secteur ; 210.000 cafés et restaurants, 20.000 hôtels sont en sursis, précisent-ils.
Inciter à une reprise de consommation rapide
“Au-delà du nécessaire traitement de l'urgence, il nous paraît impératif d'accompagner durablement un secteur économique et touristique majeur dans l’animation et la richesse de nos territoires, écrivent ainsi les signataires de cette lettre. Pour que la relance soit prompte, efficace et durable, il est nécessaire de cibler en priorité les publics et les secteurs les plus fragilisés par la crise. En l'occurrence, soutenir le secteur touristique, de l'hôtellerie et de la restauration, en même temps que les personnes précaires et peu favorisées qui vont subir les effets de la crise sociale qui s'annonce.” “En accordant à ces titres une durée de vie limitée à six mois, (ces chèques tourisme) inciteraient à une reprise de la consommation rapide”, ajoutent-ils. Cette aide permettrait de régler les repas, les nuitées ou le transport, et pourrait être réservée aux 50% de Français en-dessous du revenu média, soit un peu au-delà des 40% de Français qui ne partent habituellement pas en vacances, estiment les signataires de la lettre. A leurs yeux, le dispositif est d’autant plus efficace qu’il produit un effet multiplicateur, “constaté de manière systématique”. “Un montant alloué génère dans les faits une dépense supérieure auprès des commerçants par le complément que le bénéficiaire apporte lors de l’achat. Ainsi, l’enveloppe d’aide décidée par la collectivité se traduira par un apport d’affaires supérieur chez les commerçants”, prévoient-ils.
