Advertisement
Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Comment le voyagiste Exotismes prépare la reprise

Alors que la France est toujours confinée, comment préparer la sortie de crise ? Nous avons interrogé Gilbert Cisneros, le patron du voyagiste marseillais.

Les restrictions de voyages qui découlent de la pandémie de Covid-19 ont obligé Exotismes comme tous ses confrères TO à prendre des mesures d’urgence. « Après avoir rapatrié nos 4 000 clients, nous avons dû recourir au dispositif de chômage partiel pour près de 90% de nos salariés », raconte Gilbert Cisneros, fondateur et président du voyagiste.

Un prêt garanti par l’Etat de 10M€

« Nous nous sommes aussi structurés sur le plan financier. Nous avons obtenu un prêt garanti par l’Etat, à hauteur de 10 millions d’euros. C’est un outil qui va nous permettre de traverser l’été sereinement et ce, même si nous disposons d’un bon matelas de trésorerie ». Car Exotismes repose sur de solides bases financières. En croissance continue depuis plus de cinq ans, le TO spécialisé dans les îles lointaines a bouclé un exercice 2019 record, notamment aidé par la cessation d’activités de plusieurs concurrents (Jet tours, Empreinte, Crystal TO). « Nous avons enregistré un chiffre d’affaires de 142 millions d’euros, pour un Ebitda de 4% (supérieur à 5 millions d’euros). Ce sont d’excellents résultats, prolongés par une très bonne saison hivernale, et notamment les deux premiers mois de l’année 2020, où nous étions à +35%. Tous les voyants étaient au vert… comme quoi, il faut toujours rester prudent ! », analyse Gilbert Cisneros.

Déjà 7 budgets différents en 2020

Même si le dirigeant entrevoit les mois à venir avec sérénité. « Jusqu’ici, notre entreprise est prospère. Nous avons également la chance d’opérer principalement en hiver. Quand la crise a éclaté, nous avions quasiment bouclé notre saison. Tout ce qui a été encaissé nous a permis de payer ce que nous devions payer pour les mois à venir. Nous espérons donc finir l’exercice à l’équilibre. Mais, même si elle est inédite, nous avons déjà traversé plusieurs crises, et nous devons rester prudents. Par exemple, nous avons déjà recalculé notre budget prévisionnel sept fois pour l’année 2020… ».

Après avoir mis l’entreprise à l’abri, le temps que passe la tempête, Gilbert Cisneros envisage désormais la reprise. « On travaille à la relance, même si on ne connaît pas encore sa date ». Fin de l’été, vacances de la Toussaint, ou même fin de l’année civile ? Exotismes a encore quelques mois avant que sa haute saison d’activité ne commence. « Et je pense que nos destinations historiques (Guadeloupe, Martinique, Réunion, …) seront demandées ».

Un flux de réservations ralenti, mais pas arrêté

« Evidemment, nous programmerons toutes nos destinations, et nous n’abandonnerons aucun partenaire », assure Gilbert Cisneros. « Mais je pense que le marché va se diriger vers ces destinations, lointaines certes, mais rassurantes. Ça peut être une chance pour nous, étant donné notre implantation dans ces destinations. Nous restons optimistes, et c’est important de l’être. D’ailleurs, depuis le 15 mars, le flux de réservations s’est largement ralenti, mais il ne s’est jamais arrêté. Des clients réservent pour la fin 2020, pour 2021, et nous ne constatons pas de révolution dans leurs comportements sur notre site Internet. Les reports fonctionnent bien auprès de nos clients 2020, puisque 25% d’entre eux ont déjà accepté de voyager avec nous en 2021 ». Selon Gilbert Cisneros, le durcissement des normes sanitaires, et notamment dans le transport aérien, va également participer au retour des voyageurs en les rassurant. « Et nous espérons bien sûr que ce virus finira par disparaître. Notre métier, c’est de faire en sorte que nos clients reviennent avec des souvenirs mémorables de leurs séjours. Et, pour cela, leur sécurité doit être maximale ».

Solide grâce à une gestion saine et efficace, Exotismes se prépare donc à la reprise, « à défaut de pouvoir agir ». Le voyagiste marseillais espère pouvoir reprendre sa marche en avant dès que possible et relancer le développement d’outils technologiques (SIA) basés sur l’intelligence artificielle censés lui donner une longueur d’avance sur la concurrence.

A lire aussi :

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique