Ce nom de « Bethlehem » lui va bien, au fond. Car Belem exhale l’atmosphère d’un Noël permanent, avec les sucreries de ses craquantes tartelettes (pasteis) saupoudrées de cannelle, l’arbre de Noël de la tour – dont le délire de ciselure fait oublier que ce fortin devait canonner les bateaux forçant l’entrée du Tage -, la procession des santons sur le monument aux Découvreurs. Et enfin, cette crèche tarabiscotée, le couvent des Hiéronymites, où les foules tête nue honorent, tel un Jésus dans sa mangeoire, le navigateur Vasco de Gama. Parrainée donc par les Rois Mages, Belem était bien la partie la plus exotique de Lisbonne, où débarquaient la myrrhe et l’encens des trésors d’outre-mer. Elle reste aujourd’hui l’une des plus prisée des touristes. On y visite le très riche musée de la marine, régal des enfants, et celui de l’Orient, qui montre coffrets indiens, marionnettes indonésiennes, soieries chinoises, en provenance des anciennes colonies de Goa, Malacca, Macao… Les docks, où on déballait tout, sont convertis à l’électro et aux cocktails brésiliens. Face au fleuve, c’est là qu’il faut oublier sa nostalgie.
Ne pas manquer : dans la Factory LX, proche de Belem, créateurs et start-up sans le sou tentent leur chance dans des locaux d’une ex-usine, convertis en boutiques tandis qu’un repas angolais ou bien lisboète (deux plats au choix, pain cuit sur place) attend les gourmands à la Cantina, qui squatte l’atelier de mécanique.