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APST : les 12 réponses d’Alix Philipon aux questions des adhérents

Alix Philipon a répondu à des questions des professionnels du voyage lors de la visioconférence des Entreprises du Voyage le 19 janvier.

C’est Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage (EdV) qui a posé plusieurs questions à Alix Philipon, présidente de l’APST, lors d’une visioconférence avec 500 participants. Au nom de ses adhérents, agences de voyages et autres TO ou réceptifs. Nous restituons les réponses de la patronne de la caisse de garantie.

  1. Les cotisations 2020 ont-elles été majorées de 30%, pour faire face au sinistre Thomas Cook ?

Alix Philipon : Oui, je ne vais pas vous dire l’inverse. Au moment de la défaillance de Thomas Cook, l’APST avait besoin de trésorerie, pour pouvoir rapatrier les clients et les faire partir en service. Les cotisations 2020 ont été majorées de 30%. Et ce, suite à un vote du conseil d’administration du 6 novembre 2019. J’aimerais rappeler deux points. D’une part, le montant minimum de la cotisation, fixé à 2158 euros l’année dernière, concerne 50% de nos adhérents agents de voyages. D’autre part – tout le monde l’a oublié – les cotisations avaient baissé chaque année depuis 2015. Donc, la cotisation minimum avait diminué de 900 euros en quatre ans, soit 36%. En fixant le montant minimum de cotisation à 2158 euros en 2020, nous revenions en fait à la cotisation de 2016.

2. Les cotisations 2021 seront-elles indexées sur le volume d’affaires ou le chiffre d’affaires 2020 des agences de voyages ?

Alix Philipon : La décision pour les cotisations 2021 n’est pas définitive. Les pouvoirs publics nous ont demandé de bien vouloir retravailler le montant des cotisations, notamment pour les grands comptes, en tenant compte des risques et en procédant à une tarification la plus juste possible. Nous devons en discuter avec la DGE et la DG Trésor. Le montant des cotisations sera ensuite validé par le conseil d’administration. Il est vraisemblable que nous tiendrons compte de différentes choses : le volume d’affaires de 2020, les avoirs émis que l’APST garantit. Nous demanderons aux adhérents une attestation de leur expert-comptable sur le montant des avoirs et des engagements émis l’année dernière.

3. Pourra-t-on étaler le paiement des cotisations ?

Alix Philipon : De facto, le paiement est déjà étalé puisque nous appelons en janvier le paiement d’un acompte de seulement 30%.

4. Question d’une agence qui travaille uniquement en B2B : « pourquoi ma cotisation est-elle aussi élevée » ?

Alix Philipon : Si vous travaillez en B2B, vous payez la cotisation minimum qui était de 2158 euros l’année dernière, soit environ 180 euros par mois. C’est peut-être moins cher ailleurs, à vous de me le dire.

5. Les agences réceptives qui ne reçoivent plus de clients étrangers vont-elles bénéficier d’une baisse des cotisations ?

Alix Philipon : Tout dépendra du volume d’affaires de 2020 et de l’attestation de l’expert-comptable. Dans une majeure partie des cas, on peut estimer que les réceptifs paieront une cotisation minimum en 2021.

6. Pourquoi la cotisation n’est-elle pas proportionnelle au risque que fait courir l’adhérent et non pas au volume d’affaires ?

Alix Philipon : La cotisation est proportionnelle. Elle est basée sur deux choses : d’une part la cotisation fixe, d’autre part la variable. La cotisation fixe était de 700 euros en 2020. Quant à la cotisation variable, elle tient compte du volume d’affaires, un certain pourcentage (variable, Ndlr) est appliqué selon l’activité de l’agence. On ne peut pas dire que la cotisation n’est pas proportionnelle. Elle est proportionnelle.

7. En résumé, il n’y aura pas de baisse (globale) des cotisations ?

Alix Philipon : Je ne pense pas qu’il y aura une baisse.

8. L’APST refuse-elle les nouvelles demandes d’adhésion, celles des nouveaux entrants dans le secteur ?

Alix Philipon : Dans l’immédiat, les pouvoirs publics nous l’ont demandé (…), il n’y aura pas de nouvel adhérent. C’est un sujet très important dont nous allons parler avec eux dans les prochains mois.

9. Combien le sinistre Thomas Cook va-t-il coûter à l’APST ?

Alix Philipon : 42 millions d’euros, payés avec la trésorerie que nous avions et la vente de l’immeuble (à Paris, Ndlr).

10. En 2020, y-a-t-il eu plus de sinistre qu’en 2019 ?

Alix Philipon : En 2020, il y a eu 117 défaillances sur tout le secteur. Parmi elles, 29 étaient à l’APST, dont 15 impactent le fonds de garantie. Le montant connu à ce jour est de 4,1 millions d’euros, et non pas de 12 millions comme j’ai pu le lire – ce qui est totalement inexact. Mais tous les dossiers ne sont pas forclos, vous savez qu’il y a un délai de trois mois. Nous irons peut-être à 5 millions d’euros. Je voudrais préciser également qu’en 2020, sans faire défaillance, 130 entreprises ont cessé leur activité.

11. Le gouvernement a demandé à l’APST de surveiller les contre-garanties et même de les réviser. Est-ce plutôt pour les gros risques, les gros acteurs, et non les petites agences adhérentes ?

Alix Philipon : C’est effectivement ce qui m’a été demandé dans le courrier : revoir les contre-garanties, notamment pour les grands comptes.

12. La problématique des avoirs va-t-elle accentuer la fragilisation de l’APST ?

Alix Philipon : Bien sûr, cela va fragiliser l’APST comme tous les garants. C’est la raison pour laquelle, avec la DGE et le CIRI (Comité Interministériel de Restructuration Industrielle, Ndlr), nous allons travailler et nous aider du mandataire ad hoc dans cette démarche. La nomination d’un mandataire ad hoc et la saisine du CIRI étaient, dans le courrier que m’ont adressé le 6 janvier dernier, un préalable à toute aide éventuelle que l’Etat pourrait apporter à l’APST. L’engagement d’une procédure amiable et la saisine du CIRI sont une bonne chose. Il faut voir les choses de façon positive. Nous allons travailler ensemble pour bâtir un avenir et trouver des solutions pour l’APST et tous ses adhérents. Je reste positive, je pense qu’il faut rester positif même si la situation n’est pas évidente tous les jours.

Lors de la visioconférence réunissant 500 acteurs du voyage, Alix Philipon a aussi reconnu que l’APST traversait une période très difficile à cause de la défaillance de Thomas Cook, représentant un sinistre de 42M€, et de la crise sanitaire. « Grâce aux décisions que prennent rapidement les membres du bureau et du conseil d’administration, nous avons évité l’année dernière à de nombreux TO de grandes difficultés de trésorerie », a-t-elle ajouté.

Autre information à retenir : la vente de l’immeuble au 15 avenue Carnot à Paris et la trésorerie antérieure à la faillite permettent de solder le sinistre Thomas Cook. Par ailleurs, le récent Comité des risques s’est réuni une dizaine de fois, pour étudier les risques importants qu’a l’APST, soit « les gros comptes ». Et enfin, avec humour, la présidente a rappelé un point essentiel : « Tous les élus sont bénévoles. Je suis moi-même une présidente bénévole et non rémunérée. Donc je ne vois pas -comme certains ont pu le suggérer – comment je pourrais baisser mon salaire. »

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