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Air France-KLM effectue le premier vol long-courrier à l’huile de cuisson

Voilà une étape symbolique sur le long chemin du transport aérien décarboné. Air France a réalisé son premier vol long courrier avec du carburant durable.

Air France-KLM, Total, Groupe ADP et Airbus « ont joint leurs efforts pour réaliser le premier vol long-courrier avec du carburant aérien durable, ou SAF (« Sustainable Aviation Fuel »), produit en France » se sont enorgueillies les quatre entreprises. Le vol Air France 342 a décollé mardi à 15h40 du terminal 2E de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle à destination de Montréal, en emportant pour la première fois dans ses réservoirs du carburant aérien durable produit par Total dans ses usines françaises.

Ces biocarburants peuvent être incorporés sans qu’aucune modification ne soit apportée ni aux infrastructures logistiques de stockage et de distribution, ni aux avions, ni aux moteurs. Leur utilisation progressive à l’échelle mondiale doit permettre de diminuer de façon significative les émissions de CO2 du transport aérien, en lien avec les objectifs de développement durable des Nations Unies.

Le biocarburant utilisé pour ce vol est issu de déchets et de résidus provenant de l’économie circulaire. Il a été produit par Total à partir d’huiles de cuisson usagées grâce à sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) et à son usine d’Oudalle (Seine-Maritime), sans avoir recours à aucune huile vierge d’origine végétale.

5 euros en plus par billet Air France

Mais attention, réduire l’empreinte carbone du transport aérien renchérira le prix des billets, a prévenu le patron du groupe pétrolier Total. « Il ne faut pas rêver : croire que l’on fera cette transition énergétique et écologique sans impact, que cette énergie sera au même coût, c’est un Graal, on en est loin », a lancé Patrick Pouyanné lors d’une conférence de presse à l’aéroport de Roissy, aux côtés des dirigeants d’Air France, du gestionnaire ADP et du ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. Le SAF de Total coûte quatre fois plus cher à produire que le kérosène d’origine fossile. Il subit un traitement spécifique pour supporter les températures très basses en altitude.

La France va rendre obligatoire l’incorporation de 1% de SAF dans tous les vols au départ du pays en 2022, un taux qui montera à 2% en 2025 et 5% en 2030, encore bien en deçà des 50% que peuvent accepter les moteurs d’avions de dernière génération, tandis qu’Airbus travaille sur un taux de 100%.

Or, 1% de SAF « représente en gros 100 millions d’euros de charges en plus pour les compagnies aériennes opérant sur le territoire français », selon le dirigeant de Total. Répercuté sur un Paris-Montréal, cela signifierait « cinq dollars de plus par prix de billet d’avion ». « Il faudra bien que la transition énergétique et écologique soit financée pas seulement par les compagnies aériennes ou les énergéticiens, mais aussi par l’ensemble de la chaîne, y compris les clients », a insisté le patron de Total.

Une réponse aux « sceptiques » pour Djebbari

L’entreprise, qui lors de la démonstration de lundi avait aussi mobilisé un camion-citerne fonctionnant à l’électricité, vise une production de 200 000 tonnes de SAF par an à horizon 2025, contre 20 000 tonnes actuellement.

« A tous les réticents, à tous les sceptiques, à tous ceux qui pensent que le seul moyen pour l’aviation de ne plus polluer serait de ne plus exister, nous sommes en train de montrer qu’il existe une autre voie », a plaidé Jean-Baptiste Djebbari, promettant l’aide du gouvernement pour « massifier la production » de SAF, et développer des carburants durables de deuxième génération, élaborés à partir de CO2 et d’hydrogène dit « vert ».

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