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ADP : après l’année de la fondation, celle de la transition

Aéroports de Paris (ADP) achève l’exercice 2025 avec un bénéfice net en progression de 11,7 %, validant ses objectifs financiers malgré un contexte fiscal et monétaire complexe.

« J’ai pris la tête du groupe ADP avec une conviction assez forte : rester dans la compétition mondiale – aussi bien à Paris qu’au niveau du groupe », a affirmé Philippe Pascal, Président-directeur général, lors de la présentation des résultats annuels du groupe, ce jeudi 19 février. Cette ambition de « changer de cap » pour s’adapter à un environnement global mouvant a ainsi guidé l’exercice 2025 d’ADP. Une année « fondation », selon le gestionnaire aéroportuaire.

Sur le plan comptable, le groupe ADP affiche une santé robuste. Le chiffre d’affaires consolidé grimpe à 6,7 milliards d’euros, en hausse de 8,9% sur un an. Cette croissance est portée par la reprise vigoureuse du trafic, qui a atteint 379 millions de passagers à l’échelle mondiale (+4,2% sur un an). À Paris, les plateformes de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly ont accueilli 107 millions de passagers, retrouvant 99% de leur niveau de fréquentation de 2019.

« Pourquoi pas 100% ? » – à cela, Philippe Pascal répond que la reprise du trafic domestique, encore à la peine depuis la pandémie de Covid-19, pèse sur le résultat. Mais promet de dépasser les chiffres de 2019 d’ici la fin de l’année 2026.

Charges exogènes 

L’EBITDA (résultats avant intérêts, impôts, dépréciations et investissements) courant s’établit à 2 322 millions d’euros, en progression de 12,3% sur l’année précédente. Toutefois, le résultat net part du groupe, bien qu’en hausse de 11,7% pour atteindre 382 millions d’euros, a été freiné par des facteurs exogènes significatifs. Le groupe a dû absorber un impact négatif de 130 millions d’euros lié aux variations de change (Turquie et Inde) et une charge fiscale de 92 millions d’euros au titre de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France, lesquels, selon ses dirigeants, le bénéfice net aurait atteint 494 millions d’euros.

À l’international, les actifs stratégiques confirment leur rôle de relais de croissance. TAV Airports voit ses revenus progresser de 9,8%, tandis que l’aéroport de Delhi (GMR Airports) s’impose comme la plus grande plateforme du portefeuille avec 100 millions de passagers de capacité.

Compétitivité

Au-delà des chiffres, la direction, représentée ce jeudi par Philippe Pascal donc, mais également Justine Coutard (directrice générale déléguée) et Christelle de Robillard (directrice générale adjointe, en charge des finances), insiste sur une transformation profonde de sa méthode. « L’objectif est d’être une entreprise qui ne se conçoit pas comme un monopole parisien, mais comme en compétition avec un certain nombre de grands autres aéroports mondiaux », soutient le directeur général. Une vision qui se traduit ainsi pour le groupe par une gestion rigoureuse de l’endettement, dont le ratio s’améliore, à 3,7x contre 4,2x fin 2024.

2025 a également été une année de réforme pour le modèle social d’ADP. Un accord sur la structure de rémunération, visant à favoriser le mérite et la flexibilité, a été signé avec les organisations syndicales. En parallèle, l’opération d’actionnariat salarié « Abelia » a rencontré un franc succès, avec un taux de participation de 73%, portant la part des salariés à 1,8% du capital.

Vers le Contrat de Régulation Économique

Le groupe ADP prépare l’avenir avec un plan d’investissement massif de 8,4 milliards d’euros en Île-de-France pour la période 2027-2034, dans le cadre de son nouveau Contrat de Régulation Economique (CRE), présenté fin décembre. Un montant « loin d’être anecdotique », rappelle Justine Coutard, et qui représente sans nul doute « l’un des plus gros chantiers des prochaines années ». Le projet industriel repose sur la rénovation de l’existant plutôt que sur la construction de nouveaux terminaux.

Après l’année de « fondation » viendra celle de la « transition ». 2026 sera abordée par le groupe comme un passage, avant l’entrée en vigueur du prochain Contrat de Régulation Économique (CRE) en 2027. Malgré le refus d’homologation des tarifs 2026 par l’Autorité de régulation des transports (ART), entraînant un gel des redevances, le groupe maintient ses objectifs d’EBITDA courant à plus de 2 350 millions d’euros.

La direction reste déterminée à mener son projet industriel à terme pour garantir la juste rémunération de ses actifs et la qualité de service. Pour Philippe Pascal, la trajectoire est irréversible : « Le train est lancé à pleine vitesse… et on sait qu’à la fin, l’État va reprendre ses droits et faire prévaloir la raison et l’intérêt général ».

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