Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Colonies de vacances : les Français les apprécient mais les boudent

Une enquête de l’Ifop révèle un paradoxe : les colonies de vacances et autres séjours collectifs sont vus d’un bon œil par les Français, mais leur fréquentation recule.

Quel avenir pour les séjours collectifs (colonies de vacances, classe verte, séjours éducatifs…) ? C’est la question qu’a posé l’Ifop au cours d’une enquête*, et au moment où la France s’apprête à célébrer les 90 ans des congés payés et les 150 ans des colonies de vacances.

Et ses résultats sont paradoxaux. En effet, 75% des Français interrogés déclarent avoir une bonne image des séjours collectifs. Ce chiffre monte même à 89% chez les anciens participants. Les Français reconnaissent les apports de ces séjours, souvent théâtre de « premières fois ». 91% estiment qu’ils permettent de découvrir des activités nouvelles et variées, et qu’ils développent la capacité à vivre ensemble. 89% y voient un vecteur de sociabilité. 87% considèrent qu’ils favorisent l’autonomie et la tolérance. 84% pensent qu’ils favorisent la déconnexion des écrans.

Le budget comme frein principal

Pourtant, la fréquentation des colonies de vacances ne cesse de baisser. Entre 2018-2019 et 2024-2025, le nombre de départs en accueils collectifs de mineurs avec hébergement a chuté de 9%, soit 132 000 départs en moins. Sur la seule dernière année observée, le recul atteint 4%, soit 50 000 départs supplémentaires perdus.

Parallèlement, 34% des 5-19 ans ne sont pas partis en vacances en 2025, soit 4,2 millions d’enfants et de jeunes. Le manque de ressources financières reste le premier obstacle. 52% des parents d’enfants de 5 à 19 ans le citent comme raison principale de non-départ. 81% des Français estiment d’ailleurs qu’il faudrait accorder davantage de place aux séjours collectifs dans les politiques en faveur de l’enfance et de la jeunesse.

La désaffection des pouvoirs publics pour la question constitue même un sujet structurel pour les acteurs du tourisme social. Et d’autres freins émergent : le refus des enfants eux-mêmes de partir en séjour collectif, les inquiétudes parentales sur la sécurité… Encore paradoxal : s’ils les plébiscitent, 40% des Français estiment que les séjours collectifs ne correspondent pas aux envies des enfants d’aujourd’hui.

14 leviers pour inverser la tendance

Le sondage a été commandé par un collectif de sept organisations créé à l’automne 2025 à l’initiative de Jeunesse au Plein Air (JPA). Sa naissance répondait aux menaces budgétaires pesant sur les dispositifs d’aide au départ en vacances, notamment la suppression du programme « colos apprenantes » en février 2026. Plus de 80 organisations avaient alors signé une lettre ouverte adressée au gouvernement.

Le collectif regroupe ainsi l’UNAT, JPA, Hexopée, l’UNOSEL, l’ONGSL, ResoColo et les Scouts et Guides de France, bref, que des spécialiste de la question. Il suggère 14 leviers d’action articulés autour de six priorités : réduire les inégalités d’accès, consolider le modèle économique des structures, revaloriser les métiers de l’animation, rassurer les parents, promouvoir les apports éducatifs, et inscrire les séjours dans une stratégie nationale de santé publique et de citoyenneté.

*Sondage Ifop réalisé du 6 au 7 mai 2026 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Données sur les départs : DJEPVA, bilan des ACM 2025 ; Crédoc/Ovlej, enquête barométrique 2026.

À lire aussi :

- Publicité -

Laisser votre commentaire (qui sera publié après modération)

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Dans la même rubrique
Eventiz from Travelsoft