Voyage : 6 cas d’usage très concrets, repérés au Future Of
Devis, recherche, réservation… Jusqu’où pourra aller l’intégration de l’intelligence artificielle dans le parcours client ? La conférence Future of Travel Distribution, organisée ce matin à Paris, ouvre le champ des possibles.
« Plus de 100 milliards de dollars ont été investis dans l’IA au cours des quatre dernières années », a expliqué Julien Lechat, Client Partner Travel de Meta. Sans atteindre de tels montants, les acteurs de la Travel Tech affectent des budgets colossaux à l’intelligence artificielle. Tour d’horizon des cas d’usage les plus concrets qui émergent, partagés lors de la conférence Future of Travel Distribution, organisée par Eventiz, ce matin à Paris.
1) La recherche en langage naturel
Oubliez la recherche digitale à l’ancienne, avec des moteurs de recherche, des dates et une destination à renseigner. Avec l’intelligence artificielle, les voyageurs pourront s’exprimer en langage naturel, ont expliqué différents conférenciers lors de l’événement. Les clients pourront ainsi demander : « Je cherche une destination où il fait 20 à 25 degrés, kid-friendly, dans un hôtel avec piscine, à 7 heures de Paris ». Un vieux Graal, déjà formulé par Amadeus et d’autres opérateurs. Mais dans l’absolu, l’idée est bel et bien d’aller de l’inspiration à la réservation, en s’aidant de l’IA. D’ailleurs, Theta Travel Tech lance bientôt la recherche de voyages en langage naturel, sur le site d’un réseau de distribution. « L’IA va aider les agents de voyages à être plus efficaces », assure Cyril Guiraud, PDG de Theta Travel Tech. La recherche en langage naturel est aussi déjà déployée, en B2C comme en B2B, par Travel Compositor, en Espagne. « Le client saisit une phrase, et ensuite, la plateforme propose seulement trois offres », indique Charles Tandonnet, VP Growth program de Travelsoft.
2) L’assistant de voyage
Le groupe Expedia a partagé un cas d’usage intéressant. Vous êtes un groupe de sept amis, habitant cinq villes différentes, et vous souhaitez partir en vacances ensemble. Les échanges dans un groupe WhatsApp commun permettent d’identifier les différents profils. « Il est possible d’intégrer notre assistant de voyage Romie alimenté par l’IA, qui effectuera une synthèse des échanges puis proposera des voyages adapté à chaque participant », assure Antoine Walter, directeur France d’Expedia. Accessible uniquement aux Etats-Unis, « Romie est un agent de voyages, un concierge et un assistant personnel en cas de perturbations », ajoute Antoine Walter. L’assistant de voyage sera aussi celui qui, en cas de grève, pourra réserver un nouveau vol, abonde Cédric Lefort, Head of corporate travel France de Sabre.
3) L’agent virtuel
Lors du salon ITB Berlin 2025, Travel Compositor (Travelsoft) a présenté Dora, son distributeur automatique de voyages. Ce distributeur, sans doute exposé au prochain salon VivaTech en France, est une « cabine insonorisée » qui trouvera sa place, par exemple, dans une agence de voyages. Dans cette cabine, un client pourra interagir avec un agent de voyages virtuel sur grand écran, chercher un séjour, voire réserver des produits simples. Dora, commercialisée au mois de juin, peut aussi servir de « salle d’attente », pour occuper utilement un consommateur. Gadget ou solution d’avenir ? En tout cas, le principe de l’agent virtuel est amené à se développer, dans tous les secteurs. Et ce, pour laisser le véritable expert se concentrer sur les demandes à forte valeur ajoutée.
4) La lutte contre la fraude
Antoine Walter, directeur France d’Expedia, est formel. « Nous avons développé des algorithmes de machine learning pour bloquer les transactions frauduleuses avant qu’elles ne se produisent ». L’an passé, le groupe américain a ainsi évité deux milliards de dollars de fraudes. Et Amex GBT a d’ailleurs décidé de déployer sa solution, sur tous ses canaux. La cybersécurité est devenue un enjeu majeur pour les grands groupes de e-commerce, notamment en raison des vols de cartes bancaires. Et depuis plusieurs années déjà, la première génération de l’IA aide à minimiser les manques à gagner liés à la fraude.
5) La critérisation automatisée
Travelsoft parie beaucoup aussi sur la critérisation automatique. Comprenez, en interne, l’art de consulter des pages produits (textes et images) pour les transformer en données compréhensibles par la machine. C’est un enjeu majeur de traitement de la data, pour gagner en productivité et libérer l’humain de tâches fastidieuses. L’IA crée ensuite de la donnée structurée (avec le moins d’hallucinations possibles), intégrée dans les outils technologiques du secteur.
6) La commande vocale de voyages
Science-fiction ? Moncef Khanfir, directeur général de WonderMiles, a proposé une démo intéressante d’une solution qu’il compte déployer dès le mois de juin. Notamment dans le voyage d’affaires.
Le client dialogue avec une solution s’appuyant sur ChatGPT, comme s’il parlait à un humain, pour préparer des voyages simples, comme un voyage à Londres. La « machine » débarrasse ainsi les vendeurs des demandes à faible valeur ajoutée. « Il faut que les agents de voyages deviennent des experts et des data analystes pour construire de meilleures offres », a complété Moncef Khanfir.