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Valérie Boned : « Ce que j’admire, c’est l’entreprenariat »

Petite par la taille, grande par l’esprit. Valérie Boned, secrétaire générale du syndicat patronal des Entreprises du Voyage, connaît le secteur mieux que personne. Discrète, elle prend uniquement la parole lorsqu’on l’interroge. Pourtant, elle est très connue dans les ministères et se bat souvent pied à pied pour défendre une profession qui lui doit beaucoup.
Elle craignait cet entretien. Elle a cependant fort bien joué le jeu !

L’Echo touristique : Ma première question Madame Boned : qui êtes-vous ?

Valérie Boned : Valérie Boned, voilà ! Depuis 20 ans quasiment, je travaille au sein du Syndicat des Entreprises du Voyage. Ça fait plus en fait, 22 ans. Je n’ose même pas le dire… Je suis rentrée ici un peu par hasard, par la porte juridique. A l’époque, au Snav, on cherchait quelqu’un pour gérer les litiges. Il n’y avait pas une grande culture de la gestion des litiges de façon juridique, de façon experte disons. C’était plus les services commerciaux des agences et des tour-opérateurs qui géraient ça : des petits services pas très importants parce que le client n’était pas au cœur. Le président était alors César Balderacchi. Après mes études de droit, j’avais travaillé deux ans dans le droit des affaires et j’avais ensuite arrêté de travailler dix ans pour élever mes enfants. Moi, j’avais une casquette juridique, je revenais dans la vie professionnelle… J’ai envie de dire un tout petit peu à mon corps défendant, mais il fallait bien. Peut être qu’on n’a pas cette impression en me voyant, mais j’étais très bien sans travailler.

Qui je suis professionnellement ? Au Syndicat, j’ai fait ce que je pensais devoir être nécessaire et finalement le sujet est devenu de plus en plus important pour les entreprises. J’ai un tout petit peu mis les trucs à ma façon. Il n’y avait pas d’organisation, c’était comme ça. J’ai un peu ouvert, je pense, sans avoir une réflexion particulière là-dessus, le service aux adhérents. J’ai une formation juridique, pas du tout tourisme, mais je n’ai quasiment travaillé que dans ce secteur-là, et en plus dans une seule institution ; le Snav et EDV maintenant. Ça m’a fait m’interroger parfois en me disant qu’il faudrait que je bouge. Mais finalement, je pense qu’on est arrivé à quelque chose qui me va vraiment bien aujourd’hui, d’expertise et d’action.

Qui je suis aujourd’hui personnellement ? J’ai 56 ans, je suis mariée, j’ai deux enfants, une fille et un garçon.

Le voyage c’est vraiment le hasard ?

Valérie Boned : Un voyage c’est un contrat donc c’était du droit des contrats.

A l’époque où vous êtes rentrée, cette profession était gérée, dirigée, dictatorialisée par des hommes et on les connaît… Comment une femme, très jeune à l’époque, arrive-t-elle non seulement à faire son trou, à imposer, à changer les lignes dans un bazar ambiant ?

Valérie Boned : Franchement, parce qu’on est là pour être franc, je ne me suis jamais posé la question de cette façon-là. Je n’ai pas une carrière où je me suis heurtée à des hommes et à un plafond de verre… En plus j’étais jeune donc je n’avais pas beaucoup travaillé avant. Ma vie personnelle, la façon dont j’ai été élevée, ne m’a pas du tout alertée sur « le monde des hommes ». Maintenant quand je regarde un peu mon parcours, je ne me suis pas posé la question de savoir si c’était un problème, vraiment. Après j’ai été effectivement recrutée par des hommes, il y a très peu de femmes, même encore aujourd’hui.

Hier quand j’étais au conseil interministériel, c’est une des premières questions que m’a posé Jean-Pierre Mas (président des EdV, ndDG) : « Combien vous étiez de femmes ? » … On était très peu. Évidemment, maintenant, je suis membre des Femmes du Tourisme donc j’ai un regard là-dessus. Puis j’ai une fille donc, ce sont des choses qui m’interrogent évidemment. Honnêtement pour répondre à la question, je ne dis pas que je suis un modèle mais j’ai toujours travaillé et considéré que ce que j’avais comme opportunité – j’ai été d’ailleurs assez patiente dans mon parcours – comme de la reconnaissance du travail. Je n’ai pas considéré le fait qu’il y ait des hommes comme quelque chose qui m’empêche de dire ce que j’avais à dire ou de proposer des choses. J’ai eu la chance de travailler avec des présidents. A chaque fois que j’ai eu des propositions à faire, honnêtement, à un homme ou à une femme, ça ne m’a pas posé de questions, je ne me suis même pas interrogée là-dessus.

Ce que j’aime, professionnellement, c’est aller au bout des choses.

Il a fallu quand même se battre pour imposer ces propositions ?

Valérie Boned : Se battre voudrait dire que j’aurais eu à convaincre de façon extrêmement forte. Non (ce n’est pas le cas). En revanche, en amont, proposer des choses très structurées, très compètes, très réfléchies : oui. C’est-à-dire que je mets les chances de mon côté avant d’y aller. Par nature, j’aime l’action donc j’aime faire les choses. Et vraiment ce que j’aime, professionnellement, c’est aller au bout des choses.

Vous êtes comme le président, vous y allez mais uniquement pour gagner et êtes sûre de gagner.

Valérie Boned : Il a dit ça dans son interview ? Il est comme ça, clairement. Quand il s’est présenté, surtout la première fois (les deux autres fois c’était « plus facile » parce que c’était des renouvellements de mandats), en tout cas… Les combats perdus d’avance, ce n’est pas pour moi. Cependant j’aime me battre effectivement, j’aime bien évaluer les atouts qu’on a. Je crois être ni têtue ni obtuse, mais je suis assez volontaire. Quand je pense qu’on a quelque chose à gagner dans tous les domaines, je vais au bout. Je m’avoue vaincue quand on a été sur toutes les pistes possibles. Là encore récemment, sur la question de l’activité partielle, sur la prolongation des avoirs… J’ai beaucoup de chefs d’entreprise qui m’ont appelée pour dire : « à ton avis ? ». Je sentais un peu que c’était possible mais franchement ce n’était pas gagné. Mais tant qu’on n’est pas allé au bout, on ne lâche pas l’affaire.

Vous avez dit tout à l’heure : « dans ma carrière j’ai été patiente », ça veut dire que les opportunités, il fallait les saisir, il n’y avait pas d’envie d’aller plus loin tout de suite ?

Valérie Boned : En fait, ce n’est pas quelque chose de conscient. Je suis assez impatiente dans ma vie personnelle, ce que j’aménage dans ma vie professionnelle puisque ça me paraît normal. Il y a peut-être des gens qui sont pareils des deux côtés. Moi ce n’est pas mon cas. Dans la vie professionnelle je suis assez patiente. Je m’accommode. Je pense que suis assez adaptable et effectivement je suis là depuis longtemps. C’est vrai que j’ai plutôt tendance à attendre qu’on vienne me chercher donc je n’ai pas été demandée. C’est une vraie interrogation sur ma façon d’être, j’ai l’air volontaire ce qui est assez vrai, mais je ne me suis pas battue pour avoir quelque chose. Peut-être que je sentais que ça ne le ferait pas…

Il y a eu des moments où vous vous êtes dit « ça ne le fera pas, ce n’est pas la peine d’y aller » ?

Valérie Boned : Oui… Je me suis dit « si on ne me propose pas c’est qu’on n’a pas vraiment envie que j’y aille ». En même temps, je n’étais pas dans un trou à pleurer puisque ce que je faisais me plaisait. Ça c’est vraiment le moteur de ma vie en général. J’ai la chance de faire quelque chose qui me plaît vraiment depuis toujours. Toute cette évolution me convenait. Après il y a la façon de le faire, on peut avoir un regard sur comment les choses sont faites par quelqu’un d’autre. Le dernier poste que j’occupe c’est Jean-Pierre Mas qui me l’a proposé, je n’ai pas demandé. Dans ma façon de fonctionner, ça participe au fait que ça se passe bien parce que je sais qu’on a eu envie de travailler avec moi.

Quel effet ça fait, vous qui êtes dans cette maison depuis 20 ans, et depuis maintenant quelques années une figure de ce syndicat, d’être à votre place ?

Valérie Boned : Très sincèrement, j’y pensais en venant à cette interview qui n’est pas l’exercice le plus facile pour moi. Je crois vraiment pouvoir dire que je n’ai pas complétement conscience de ce que je peux représenter. Je ne cherche pas à aller parler dans la presse, ce n’est jamais moi qui dis que je veux prendre le micro… Je vois beaucoup de gens qui parlent beaucoup, moi je réponds quand on m’interroge. Mais franchement je ne suis pas particulièrement demandeuse. Il y a beaucoup de réactions quand il y a des interventions, des prises de paroles de gens qui me disent que c’est intéressant, que c’est bien donc ça fait plaisir, vraiment. Je sais bien que je suis connue mais franchement je n’ai pas conscience de ce que ça fait. C’est pour ça que je ne me pose pas plus de questions. Je me vois comme une personne importante dans ce que je fais pour la profession, mais je n’ai pas l’envers du décor. C’est pareil quand je prends la parole dans les médias. Moi j’aime parler, j’aime expliquer, c’est vraiment quelque chose que j’aime donc je le fais naturellement sans me dire que tous les yeux sont tournés sur moi. Je ne me mets pas de pression là-dessus. D’où mon interrogation sur le fait qu’on ait cet exercice aujourd’hui. J’ai un peu regardé les personnes que vous avez interrogées avant c’est vrai qu’il y a des personnalités. Je sais que je suis un élément de « l’écosystème » important mais je ne me rends pas vraiment compte.

Mes enfants croyaient que je travaillais dans une agence de voyages.

Justement quel regard portez-vous sur cet écosystème, quand même chez nous étrange, du moins atypique ?

Valérie Boned : Je ne sais pas ce que ça veut dire étrange ou atypique. En tout cas l’intermédiaire en voyage, l’agence de voyages, le tour-opérateur, quand on est dans la vie profane, c’est à dire personnelle, quand on parle de ce que vous faîtes, c’est un peu compliqué d’expliquer… Mes enfants ont dit plusieurs fois que je travaillais dans une agence de voyages quand ils étaient petits et après ils ne savaient même plus… L’intérêt de l’agence de voyages, du tour-operating en général, les gens ne voient pas à quoi ça sert. On a l’impression qu’on est sur un combat, qu’on porte un secteur qui a toujours une suspicion sur lui de « est-ce que c’est utile ou pas ? ». Mon avis c’est effectivement qu’on peut se poser la question, je suis convaincue qu’il y a une vraie pertinence, sinon je ne serais pas là. La question est toujours la valorisation. L’étrangeté de l’écosystème, est-ce la façon dont on fonctionne ? C’est un pied dans l’ancien, un pied dans le nouveau ? Moi j’adore ça ! Moi ça me va très bien de voir ce qu’on peut apporter, ce qu’on peut tirer de « l’ancien modèle » parce que vraiment, ce n’est pas de la flagornerie, y a une vraie réactivité, une vraie adaptabilité, une débrouillardise incroyable par rapport à de grosses structures. Chez nous, au syndicat, il n’y a pas d’énormes structures. Des grosses structures, il y a plus de temps aux prises de décisions, plus d’espaces entre les personnes qui travaillent. On voit bien que les gens sont un peu plus perdus parfois dans les grosses entreprises. Je me fais un vrai plaisir d’aller tout le temps chercher de nouveaux acteurs, d’essayer de les intégrer. A chaque fois que je croise des gens, des chefs d’entreprises qui m’intéressent, j’ai envie qu’ils s’intègrent en temps qu’adhérents, qu’ils donnent du temps. Ça fait avancer la machine. C’est ça que j’aime.

Un syndicat patronal noyé dans la masse des grandes entreprises, des grandes industries, est-ce que ça a encore une utilité, une valeur ?

Valérie Boned : D’abord, il y a le service et l’industrie. On est dans le service. Cette question « à quoi sert le Snav? » par exemple, on l’a entendu… Moi de l’intérieur, je sais qu’on est utile. On le sait parce qu’on est tout le temps pris avec les chefs d’entreprise qui en ont besoin. Je parle hors crise là. On a un intérêt, on fait avancer des choses d’un temps long, et ça, c’est compliqué parfois de le comprendre. Cette après-midi, je suis en négo avec les syndicats sur les accords APLD, les conventions collectives, un tas de choses… Ces sujets durent parfois deux ou trois ans. C’est du temps long, c’est compliqué pour les chefs d’entreprise de savoir et d’attendre, pour les équipes de dire « on attend les choses ». C’est compliqué parce que ce n’est pas forcément valorisant pour l’organisation, à tous les niveaux. Quelque part, on n’est pas une entreprise donc c’est vrai qu’il n’y a pas d’objectifs chiffrés, en tout cas pas pour tout. Il faut savoir mettre de la vie à l’intérieur de ce temps long. Là où je suis, il y a un retour sur investissement en général et donc un sentiment d’être utile. De toutes façons, politiquement, clairement, notre secteur agent de voyages, tour-opérateur, c’est un combat incessant pour exister. Le tourisme dans le reste de l’économie avant la crise c’était un combat. C’est clair que cette crise a parmi de vraiment montrer l’utilité d’une organisation professionnelle. Et franchement, ça n’a jamais été aussi utile, visible et reconnu. Quelque part, nous, on est vraiment sur une séquence de haute utilité. Cela a du sens de se regrouper avec d’autres pour avoir une parole commune, je pense au Seto bien sûr, pour moi on est dans la consanguinité. Dans le tourisme, la CAT (Confédération des Acteurs du Tourisme, NDLR) a du sens sur certain messages. Hier, quand nous étions face au ministre, on était le tourisme en général. Franchement, ils ne font pas vraiment de distinction, à part qu’on est sur la France et sur l’étranger. Nous on est plus en outgoing, donc on a encore plus à montrer qu’il faut nous aider parce que ce n’est pas un retour sur investissement forcément visible. Mais je pense qu’on a vraiment une utilité plus que jamais et surtout on vient de créer des liens en direct, très proches, très rapides avec les cabinets des ministres. C’est assez incroyable. Ils ont des gens qui sont très opérationnels parce qu’on est dans l’opérationnalité, ça permet de travailler au mieux et j’espère jeter des jalons pour après. J’espère qu’il y aura un après.

Il y a des choses à revoir et à moderniser.

Parlons de l’après. Vous êtes arrivée à la direction du syndicat maintenant, est-ce que cette crise c’est une façon pour vous de réagir et d’aller encore plus loin ou est-ce que vous vous dites : « Merde, je n’ai pas eu de pot ! » ?

Valérie Boned : Je ne me dis pas « merde je n’ai pas eu de pot », d’ailleurs ce n’est jamais ma façon de voir les choses. Je me dis que c’est l’occasion de montrer ce qu’on sait faire, d’être dans le combat et d’obtenir des choses. Après il y a la survie et ce qu’on fait. Ça c’est vraiment ce que j’aime : on est dans l’opérationnel, on prend des décisions vite, on est dans un temps beaucoup plus rapide, on parle aux chefs d’entreprises, on essaie d’avoir des idées et on évalue le besoin vraiment, on va chercher les choses. C’est pour ça que je me trouve bien dans ce genre d’institution, j’aime être dans la technique et être dans la réflexion et là on a vraiment un volet avec Jean-Pierre Mas et d’autres chefs d’entreprise avec lesquels on réfléchit sur l’après.

Qu’est-ce qui se passe après ? Comment on retombe sur nos pattes ? Quel modèle ? On est poussés à ça parce qu’on nous aide aujourd’hui, on est quand même dans une situation extrêmement alarmante. Mais on nous dit « demain il faut que ça change quand même » et on le sait bien. Les choses sont toutefois très différentes en fonction des entreprises, on reste précurseurs sur plein de domaines. Mais malgré tout, il y a quand même des choses à revoir et à moderniser. Le plan de relance France et ces enveloppes-là qui ne sont pas dédiées tourisme, pour moi il y a tout à faire avec ça. On est en train de travailler à l’après en réflexion et en action. On a vu la Bpifrance, on veut qu’elle s’investisse, on veut vraiment avoir un soutien sur comment on se projette dans demain. On est, j’en suis convaincue, sur un secteur qui est porteur, il faut qu’on ait vraiment une place demain. Cela veut dire aussi revoir les modèles, ça veut dire malheureusement qu’il y aura certaines entreprises qui ne seront pas là après. Comment on met tout ça un peu en ordre pour après ? A la limite, c’est horrible, mais j’ai de la chance d’être dans le cœur du système aujourd’hui.

Pour l’avenir, il subsiste un énorme problème qui a été soulevé, et qui perdure : les délais de paiement ?

Valérie Boned : Je ne botte pas en touche, (mais) les délais de paiement sont un sujet soulevé par le Seto. C’est un sujet sur lequel Jean-Pierre Mas a dit : « on est prêts à discuter ». Sa position c’est de dire, on n’est pas fermés à toute discussion. Je pense que depuis ce moment-là, on est rentrés dans un tunnel, plutôt une machine à laver. Moi honnêtement je ne me suis pas emparé de ce sujet pour le moment. Je n’ai pas de réponse particulière, on n’a pas investigué plus que ça la question. Je dirige le syndicat, mais il est présidé.

La majorité de toutes vos entreprises ont fait appel au PGE et celles qui ne l’ont pas fait sont encouragées par le président, ce qui pose la question du remboursement. Seriez-vous prêts à vous battre pour que les fonds empruntés soient transformés en fonds propres ?

Valérie Boned : On se bat déjà là-dessus. Ce sont des choses qu’on a mis sur la table avec la DGE, Bpifrance et les ministres. Moi je continue à dire aux agences de continuer à demander des PGE. Bien sûr qu’il faut rembourser mais il faut être là pour rembourser. Ce sujet est déjà sur la table dans nos discussions.

Mon avant-dernière question : Valérie Boned, comment gère-t-on la direction d’une grosse entreprise et sa vie personnelle tous les jours ?

Valérie Boned : Je peux parler un peu de moi parce que c’est vrai -pour le coup-, je n’ai pas trop abordé le sujet (Rires). En fait, je n’ai pas eu de plan de carrière donc j’ai fait au fur et à mesure. Finalement j’ai trouvé un point d’équilibre qui me va très bien : les dix premières années de ma vie, je les ai vraiment consacrées à ma famille, à mes enfants que j’ai élevés, que j’ai vu grandir, ce qui est le plus important de ma vie en fait, ma famille. Je suis d’une famille d’artistes, mon père était musicien, ma mère dans la création, je suis la seule personne qui ne soit pas créative dans la famille. J’adore les artistes. Barbizon et l’action que j’ai pu avoir en tant qu’élue à Barbizon, mettre en lumière tout ce qui est artistique, c’est vraiment quelque chose que j’adore. Je concilie très bien travail et vie privée parce que le hasard -ou pas- a fait que j’ai fait les choses que j’avais envie de faire à chaque fois. Aujourd’hui mes enfants sont grands, j’ai toujours ma maison, une vie de famille et je concilie très bien les deux. J’adore Barbizon, j’adore l’endroit où je vis. Ma vie correspond exactement à ce que je pouvais espérer qu’elle soit.

Epanouie de tous côtés ?

Valérie Boned : Oui parce que je fais des choses et j’ai le temps de réfléchir et je côtoie des chefs d’entreprises. C’est vraiment un point important. Ce que j’admire c’est l’entreprenariat. C’est quelque chose que je n’ai jamais fait, qui n’est pas dans ma culture, ni dans la culture de ma famille. Mais c’est toujours quelque chose que j’ai admiré à différents niveaux. C’est ce qui m’intéresse intellectuellement.

Si vous aviez quelque chose à refaire ou à changer ?

Valérie Boned : Non. Franchement non. Je ne changerais rien. Je ne sais pas si ça parait « sûre de soi » mais honnêtement j’ai un peu l’impression – pour être très dans la confidence – que je n’ai jamais fait de plan ni professionnel ni personnel d’avancée. Je sais que jeune, quand j’étais étudiante, j’avais vraiment envie d’avoir une vie de famille très construite et le hasard a fait que ça s’est déroulé comme je pouvais. J’ai arrêté le travail et j’ai repris, ce sont les vrais deux choix que j’ai faits. Quand je regarde maintenant, je pense que c’est exactement ce qu’il me fallait. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de doutes et qu’il n’y a pas d’efforts mais je ne changerais rien du tout.

Si on vous proposait la présidence du syndicat, vous la prendriez ?

Valérie Boned : C’est un chef d’entreprise qui doit l’avoir. Par nature, ce n’est pas possible puisque je ne suis pas cheffe d’entreprise, à mon grand regret, j’aurais adoré être entrepreneure. Peut-être que ce n’est pas terminé mais je me suis plusieurs fois posé la question de m’installer, d’être conseil. Et en fait je n’ai pas cette fibre-là. Je suis plus une accompagnante ou en tout cas, une direction, mais j’aime bien travailler en binôme en fait.

2 commentaires
  1. AUTIER Régine dit

    Bravo Valérie, tu es présentée telle que je te connais, discrète et présente à la fois, toujours efficace et ne cherchant pas à être mise en avant pour un quelconque ego.
    Dans cette période tourmentée, tu te bats à nos côtés et pour nous et je t’en remercie et t’assure de toute ma loyauté et mon amitié.

  2. FIAT dit

    Parfaitement honnête ! C’est si rare ! cette femme ne recherche pas les « mercis » ni les louanges. Son investissement est vrai ! Elle n’a pas de rancœur. Rare aussi. Certainement discrète ; j’avoue ne pas la connaître, normal ayant été côté hôteliers et conseils. Bravo Madame, vous donnez envie de vous rencontrer.

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