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Top of Travel : « Nous sommes dans les starting-blocks, mais les ventes sont au point mort »

Helmut Stückelschweiger s’inquiète pour le printemps 2021. Le PDG de Top of Travel a dû procéder à des licenciements pour réduire ses coûts, comme nombre de ses confrères. En attendant des jours meilleurs.

L’Echo touristique : Top of Travel a été l’un des premiers, si ce n’est le premier, à faire l’impasse sur l’année 2020 (été comme hiver), pour mieux se projeter sur 2021. Mais la situation reste incertaine… Comment anticipez-vous la prochaine saison ?

Helmut Stückelschweiger : J’ai des craintes sur la période avril-mai-juin. J’avais dit au mois de septembre que « Sans vaccin, le marché resterait perturbé ». Je crois toujours au vaccin, même si la France a un problème d’organisation. Même si l’Europe n’est toujours pas unie sur les vaccins, les tests, les fermetures de frontières. Pour l’instant, chez Top of Travel, tout est en place pour notre production sur l’été 2021. Il est possible de réserver. Mais il pourrait y avoir des réflexions importantes si cela continue ainsi. Il faut que les destinations d’Europe redémarrent.

« Nous avons un matelas de réservations de groupes, il nous manque le sommier. »

Quel est votre niveau d’engagements et de capacités en 2021 ?

Helmut Stückelschweiger : Nous avons prévu moins de capacités qu’en 2019, bien sûr. Nous avons bien travaillé avec les réseaux de distribution et les partenaires au cours des derniers mois. Nous avons ainsi sécurisé, entre les groupes et les individuels, 60% de reports en B2B. Autrement dit, 60% des voyages annulés en 2020 ont été reportés en 2021. Nous avons ainsi 25 000 clients déjà enregistrés – la question étant maintenant de savoir s’il l’on peut partir… C’est un matelas plutôt bon, mais il faut qu’on ajoute le sommier à ce matelas (rires). Le sommier, ce sont de nouveaux clients.

Combien de clubs avez-vous programmés cet été ?

Helmut Stückelschweiger : Une vingtaine de clubs en Europe, mais aussi au Cap-Vert et en Egypte.

Vous aviez l’an passé des ambitions sur le long-courrier. Qu’en est-il ?

Helmut Stückelschweiger : 2020 devait être notre première année sur le long-courrier. C’est une production complémentaire avec des ambitions moindres. Nous voulions notamment réussir sur l’Egypte en circuit, avec des départs multiples depuis la province. Malheureusement, notre élan a été stoppé le 15 mars 2020. Nous avons d’ailleurs des nouveaux groupes en 2021 sur l’Egypte, en plus de la Croatie, Malte ou Madère.

Aujourd’hui, la septaine est imposée aux voyageurs revenant d’un pays situé en dehors de l’Union européenne. Vous avez bon espoir que cette obligation soit levée avant l’été ?

Helmut Stückelschweiger : (soupir) Oui, nous voulons y croire.

Vous aviez décidé de lancer la Jordanie. La destination est maintenue ?

Helmut Stückelschweiger : La Jordanie est en machine. Mais nous sommes dans l’attente de la levée des restrictions, comme tous nos confrères.

Avec les nouvelles annonces (septaines et voyages internationaux déconseillés), les clients réservent-ils ?

Helmut Stückelschweiger : Nos ventes n’ont jamais réellement commencé (en dehors des reports passés, Ndlr). Nous avons eu de nouvelles ventes groupes, mais de très faibles ventes individuelles. Avec les contraintes actuelles, personne ne réserve en ce moment. Nous sommes prêts, dans les starting-blocks, mais les ventes sont au point mort sur l’été. Tout est en machine, les plans de vol et les destinations sont ouverts. Nous avons, depuis l’an passé, des bloc-sièges et des charters sur l’Espagne, le Portugal, la Croatie, le Monténégro, Malte… La trésorerie, c’est le nerf de la guerre.

Le passeport vaccinal est une solution pour sortir plus vite de la crise.

Quel est votre chiffre d’affaires prévisionnel ?

Helmut Stückelschweiger : C’est difficile de prévoir. En septembre 2020, je tablais sur une baisse de -30% par rapport à 2019, soit 50 millions d’euros. Je n’y crois plus. Je dois travailler sur un budget à -40% ou -50%. En 2019, nous avions enregistré un chiffre d’affaires de 70 millions d’euros.

Pour vous, le vaccin est une clé du redémarrage de l’activité, disiez-vous dès l’automne dernier…

Helmut Stückelschweiger : La bonne nouvelle, c’est que de plus en plus de Français sont favorables aux vaccins. La confiance envers le vaccin doit s’installer. Ensuite, le passeport vaccinal doit se développer. La France n’y est pas favorable, mais elle s’y mettra quand elle verra que d’autres pays l’adoptent. Le passeport vaccinal est une solution pour sortir plus vite de la crise. Mais il ne sert à rien pour cet été : les personnes qui veulent voyager ne seront pas forcément vaccinées à temps. Si déjà l’Union européenne pouvait décider que des tests antigéniques généralisées soient acceptés quand les frontières rouvrent, ce serait un pas en avant.

Des licenciements ont eu lieu fin 2020, d’autre sont en cours, ils concernent aujourd’hui moins de dix postes.

Quelles sont les conséquences sociales de la pandémie sur les équipes ?

Helmut Stückelschweiger : Je mentirais si je disais que je n’ai pas procédé ou que je ne vais pas procéder à des licenciements. J’ai attendu très longtemps avant de m’y résoudre. J’étais encore tellement optimiste à l’automne dernier… Mes espoirs ont diminué. Des licenciements ont eu lieu fin 2020, d’autre sont en cours, ils concernent aujourd’hui moins de dix postes. Nous n’avons pas mis en place de PSE, nous avons eu des départs volontaires. Top of Travel comptait 45 personnes, nous serons environ 35. Les salariés sont en grande majorité au chômage partiel.

Avez-vous contracté un Prêt garanti par l’Etat (PGE) ?

Helmut Stückelschweiger : Oui, un prêt de quelques millions d’euros, afin de garder de la trésorerie. Il faudra trouver un rythme de croisière pour rembourser. Le gouvernement nous aide, ce qui donne à un entrepreneur comme moi de l’énergie pour se battre. Hervé Tilmont, Jürgen Bachmann, René-Marc Chikli, Jean-François Rial se sont battus pour nous, avec les Entreprises du Voyage. Cette solidarité entre les deux syndicats a été extraordinaire. C’est grâce à leurs efforts conjoints que nous sommes dans la catégorie S1. Nous avons le soutien du gouvernement. Notre problème, c’est le lent redémarrage. Quand un restaurant dit qu’il est ouvert, il a immédiatement des clients. Pas nous, il faudra du temps. Nous, les bureaux sont fermés depuis le 15 mars, avec des équipes en télétravail. Mes loyers continuent de courir, leur prise en charge me paraît nécessaire, pour la profession. Il faut trouver des solutions pour réduire nos coûts fixes.

Revenons à votre production. Où en est le package dynamique ?

Helmut Stückelschweiger : Oui, le package dynamique est en place sur la plupart des destinations. C’est le dernier maillon qu’il nous manquait pour couvrir tous les canaux de distribution. C’est un levier supplémentaire pour limiter les risques, notamment au départ des villes de départ. C’est un tremplin vers une production plus agile et flexible. Nous avons aussi travaillé pendant cette période de crise sanitaire sur la valeur de nos clubs, pour qu’ils soient le plus en phase avec les désirs des vacanciers. Nous irons plus loin dans la personnalisation des séjours en club, sans pour autant lancer une nouvelle marque. Nous savons faire, dans les thèmes, c’est notre ADN. « Le TO qui thème » était d’ailleurs notre slogan à nos débuts, il y a 22 ans.

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