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Tribune sur l’APST : « Arrêtons de tirer sur l’ambulance »

Pour Thierry Speitel Gotz, propriétaire du groupiste TS Loisirs, notre profession manque toujours d’unité, comme en témoignent les critiques formulées à l’égard de l’APST. Nous publions la tribune qu’il nous a adressé.

Depuis quelque temps, je lis un certain nombre de commentaires injustifiés, indignes sur les réseaux sociaux et dans la presse, par rapport au gouvernement, EDV, l’APST. Et, dernièrement, en particulier vis-à-vis de la présidente de la caisse de garantie, Alix Philipon.

Même si je peux comprendre l’inquiétude, voir le stress qu’apporte cette situation sanitaire dans nos entreprises qui sont pratiquement à l’arrêt depuis mars 2020, rien ne justifie une telle attitude.

J’ai pu constater durant cette période que notre profession a une grande faiblesse : elle manque d’unité, contrairement au secteur de l’hôtellerie-restauration qui est bien plus solidaire que nous. Il suffit de constater le nombre d’agences qui ne sont même pas adhérentes aux Entreprises du Voyage (EDV) ou à un autre syndicat professionnel, trop radin pour payer une cotisation. Par contre toujours présentes pour partager les aides reçues et obtenues par les bénévoles qui œuvrent tous les jours pour la profession… Et quand on regarde sur les réseaux sociaux, c’est bien ceux-là qui râlent et qui donnent des leçons aux autres.

Je nomme ces personnes – adeptes du « yaka-faukon » mais en incapacité totale de proposer des solutions constructives – les toxiques du métier.

Je suis partisan de plus de rigueur au niveau de l’APST.

Mais fort heureusement, la profession du tourisme compte énormément de responsables d’agences de voyages passionnés, bons gestionnaires et en mode positif et constructif. Ces derniers profitent de cette période pour se remettre en cause, moderniser leurs outils, leur production et préparer la reprise qui sera, j’en suis sûr, forte et dynamique.

Depuis longtemps, je suis partisan de plus de rigueur au niveau de l’APST. La gestion du fonds de solidarité qui garantit notre activité doit être ferme, sans passe-droit, et juste.

Nous avons la chance d’avoir une présidente, Alix Philipon, courageuse, rigoureuse, professionnelle qui n’est pas responsable de la situation actuelle. Par contre, elle se bat tous les jours avec le soutien de son conseil d’administration pour sauver l’APST.

Car oui, il va falloir se retrousser les manches et sortir du « Yaka-Faukon », pour que demain nous ayons à nouveau une structure économiquement solide. L’APST est et doit rester un partenaire fort dans notre métier.

Je partage l’inquiétude des adhérents, ceux qui sont honnêtes, consciencieux et qui ont toujours géré leur entreprise en bon père de famille. Ceux qui n’ont pas mélangé l’argent de leurs clients avec le leur sans se soucier du lendemain. Tous ces chefs d’entreprise, dont je fais partie, sont d’accord pour être solidaires mais pas pour payer demain les légèretés des malveillants ou filous.

Il est donc normal que la présidente et son conseil d’administration aient pris un certain nombre de décisions pour sauvegarder notre association.

La mise en place d’un comité des risques est essentielle pour éviter les conflits d’intérêts, les passe-droits. Cela devra nous permettre d’éviter des catastrophes comme Thomas Cook et à l’avenir une gestion des grands comptes avec plus de rigueur. Ce comité a une obligation de résultat et permettra de mieux protéger tous les plus petits adhérents.

L’APST devra aussi être plus vigilante avec toutes les structures qui sont en difficulté. Les mauvaises notations de la Banque de France doivent déjà être une alerte. Toutes ces sociétés ne devront plus avoir un renouvellement annuel d’office, mais il faudra au contraire prendre des mesures complémentaires en termes de garantie, après analyse de leurs bilans, pour éviter en cas de cessation de paiement, que les membres de l’APST, soient mis à contribution.

Personne n’est obligé de rester à l’APST, chacun est libre de choisir son fond de garantie.

Cela nous obligera, tous, à avoir une gestion rigoureuse de nos sociétés et évitera une certaine dérive commerciale que certains peuvent pratiquer, surtout chez les groupistes, en période difficile pour juste faire de la trésorerie. A méditer.

Avoir une structure qui garantisse les fonds de nos clients est obligatoire. Payer une cotisation pour la faire fonctionner est nécessaire. Alors que dire des personnes qui râlent car ils ont dû verser 2158 euros pour l’année soit 180 euros par mois ? Et cela concerne 50% des adhérents agents de voyages. Il ne faut pas oublier que, depuis 2015, la cotisation minimum avait diminué de 900 € en 4 ans, alors pourquoi se plaindre ?

J’invite tous les mécontents à trouver mieux ailleurs, personne n’est obligé de rester à l’APST, chacun est libre de choisir son fond de garantie.

Pour la cotisation future, il est normal que la DGE et la DG Trésor nous demandent la mise en place d’une cotisation la plus juste possible en tenant compte des risques. Les nombreux avoirs et engagements émis suite au Covid doivent être garantis, faute de quoi l’APST se trouvera dans quelque temps dans une nouvelle situation financière difficile.

Mais il est normal aussi, que si nous voulons obtenir de l’aide de l’Etat, nous travaillions ensemble avec leurs services afin de bâtir un avenir satisfaisant pour l’ensemble des adhérents de l’APST. J’ai une totale confiance envers Alix Philipon et en son équipe pour remettre l’APST dans le sens de la marche positive et constructive pour nos membres.

J’aimerais aussi rappeler que, dans aucun autre pays européen, l’Etat n’accompagne autant les acteurs du tourisme. Grâce au travail exceptionnel mené par Valérie Boned et Jean-Pierre Mas des EDV auprès des différents ministères et services de l’Etat, notre profession est soutenue. L’Etat a fait un effort remarquable pour notre profession et sans le travail et l’opiniâtreté de nos élus nous serions pour la plupart peut-être déjà plu en mesure d’exercer.

Cette crise doit être une opportunité pour l’ensemble des acteurs du tourisme. Elle doit nous permettre de nous remettre en cause, de réfléchir à l’avenir de notre profession, des virages qu’il faudra prendre, des évolutions positives qui vont se présenter, car chaque crise apporte toujours de nouvelles opportunités.

Et quand on est chef d’entreprise, on connaît la difficulté de faire tourner sa structure, alors ne soyons pas des pleurnichards mais des guerriers. J’ai appris durant ma vie que, quand on a l’occasion de prendre deux routes, il faut toujours emprunter la plus dure car la plus facile est un cul de sac.

Alors chers amis du tourisme, soyons exemplaires, unis, constructifs et accompagnons toutes les personnes qui œuvrent pour notre profession et qui font tout pour que demain soit un jour d’espoir. Nous sortirons de cette crise plus forts demain.

Thierry Speitel Gotz, propriétaire de TS Loisirs (spécialiste des groupes en Europe)

Administrateur des Agents de Voyages du Grand Est

A lire aussiL’édito de Dominique Gobert : APST, courage, ne fuyons pas

4 commentaires
  1. Charles Gomes dit

    Bonjour Thierry, un article qui donne un éclairage optimiste. Ca manque en ce moment 🙂

  2. THIERRY SPEITEL GOTZ dit

    Merci soyons positif et nous y arriverons ! Ensemble nous sortirons plus fort de cette crise.

  3. SIADOU Marie dit

    Donc, il n’y a rien a reprocher à l’APST, d’ailleurs les dirigeants sont toujours en place après la faillite THOMAS COOK, c’était la faute à pas de chance.. il ne faut surtout pas critiquer la gestion de l’APST et celui qui n’est pas content qu’il parte ailleurs.. Monsieur Speitel Gotz, vous avez tous les atouts pour être candidat à la prochaine présidence de l’APST, si l’APST existe toujours, vous osez dire que « Personne n’est obligé de rester à l’APST, chacun est libre de choisir son fond de garantie. » parce que vous savez que les agents de voyage ( les yakafokon ) n’ont pas le choix et que les actuels garants ( y compris l’APST) ont décidés de ne plus prendre de nouveaux adhérents.
    Je ne cotise pas à EDV, non pas par radinerie, mais parce que EDV s’emploie à défendre l’APST au lieu de s’employer à trouver d’autres garants pour les 3500 agents qui risquent de se trouver au dépourvu quand l’APST tombera.
    Une activité ou on interdit aux nouveaux et jeunes entrepreneurs d’y accéder (pas de garants) est destinée à mourir! … Marie

  4. Franck Pothe dit

    Un grand merci pour votre réflexion critique et constructive. Je partage votre analyse et m’efforce de ne pas tomber dans cette attitude de « Yaka-Faukon ». Battons nous ensemble pour sortir de cette crise exceptionnelle.

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