Tensions au Venezuela : qui vole, qui ne vole pas ?
Le Venezuela est quasiment privé de liaisons aériennes avec l’extérieur après la suspension des vols par plusieurs compagnies aériennes étrangères pour des motifs de sécurité.
Qui ne vole plus ?
Boliviana de Aviacion et Satena, deux compagnies colombiennes, ont annulé jeudi leurs vols vers Caracas (Venezuela). Copa Airlines, une compagnie panaméenne, a prolongé jusqu’au 12 décembre une interruption de ses opérations. Toutes ont invoqué des raisons de sûreté.
Iberia, TAP, Avianca, GOL, Latam, Air Europa, Turkish Airlines et Plus Ultra avaient déjà suspendu leurs activités. Le Venezuela a accusé ces compagnies de « se joindre aux actions de terrorisme d’État » de Washington et a révoqué leurs permis d’exploitation.
L’exode avait commencé après un premier avertissement émis par le régulateur aéronautique américain. La FAA avait exhorté les pilotes à « faire preuve d’une extrême prudence » en raison de « l’aggravation de la situation sécuritaire et de l’augmentation de l’activité militaire au Venezuela et dans ses environs ».
Le président Donald Trump a assorti cet avertissement d’un message sans équivoque sur son réseau social : « A toutes les compagnies aériennes, pilotes, narcotrafiquants et trafiquants d’êtres humains, veuillez considérer que l’espace aérien au-dessus et autour du Venezuela est entièrement fermé ».
L’annonce de Donald Trump n’est pas une interdiction formelle de voler. Mais l’espace aérien « est fermé dans la pratique », explique Oscar Palma, expert en sécurité et professeur à l’Université du Rosario en Colombie.
Qui vole ?
L’aéroport de Maiquetia de Caracas avait prévu quatre départs et trois arrivées jeudi dans son terminal international: Curaçao, La Havane et Bogota, opérés par des compagnies aériennes nationales vénézuéliennes.
Curieusement, la fermeture évoquée par M. Trump ne concerne pas les vols transportant des migrants expulsés par les Etats-Unis vers le Venezuela. L’un d’eux est arrivé mercredi, un autre est attendu vendredi.
Ce n’est pas le premier exode des compagnies aériennes. En 2013, avec l’aggravation de la crise économique, les compagnies avaient cessé leurs opérations en raison des dettes de l’Etat vénézuélien à leur égard, qui atteignaient environ 3,8 milliards de dollars.
L’activité dans le terminal des vols intérieurs reste normale, avec des centaines de passagers et environ 80 vols jeudi. Sur le site internet de suivi des vols Flightradar, peu d’avions apparaissent au-dessus du territoire vénézuélien, contrastant avec l’activité au-dessus des pays voisins.
« C’est une question de précaution et de responsabilité », déclare un expert en sécurité vénézuélien qui préfère garder l’anonymat. Principe de précaution, pression des bailleurs des aéronefs utilisés par les compagnies aériennes, des assureurs et même des syndicats de pilotes et de personnel navigant : il est difficile selon lui pour les compagnies de voler quand un avis de ce type est émis.
L’expert Oscar Palma écarte l’idée que les compagnies, qui ont des logiques commerciales, aient annulé leur vols de manière partisane comme le leur reproche Caracas. « Comprenant qu’il y a un risque dans la zone, ils disent qu’il vaut mieux éviter les problèmes« , dit-il.
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